À la suite des attentats terroristes islamistes qui ont touché la France, le Gouvernement a encore ressorti ses vieilles formules, qui là aussi ne restent que des mots. Toujours est-il que l’État se dit prêt à investir des millions (une soixantaine) pour organiser l’islam de France (1). Pour le coup, j’y vois là une rupture de la laïcité telle que définie en 1905 : la séparation des cultes et de l’État (2). Ah oui, mais là, ce serait pour empêcher le terrorisme et couper les flux de financements étrangers (3).
(1) Qu’est-ce que l’islam de France ?
L’islam est une religion nouvelle en France qui a pris son essor dans les années 1960-1970. Pourtant, il n’est qu’un modèle importé dans la République depuis des régimes monarchistes ou impérialistes à tendance dictatoriale. L’islam est-il donc compatible avec la République ? En réalité, cela fait trop peu de temps qu’il est là et il n’a pas connu les crises qu’ont pu connaître le judaïsme et le christianisme donc n’a pas eu à s’adapter à la République.
L’islam de France doit donc être un islam qui renonce à certaines de ses caractéristiques, comme l’ont fait en leur temps le judaïsme et le christianise, faute de quoi, une lecture intégriste des textes saints ne peut effectivement que conduire à une radicalisation.
(1) Les terroristes islamistes reconnaissent-ils l’islam de France ?
Bien sur que non puisque leur premier prisme d’identification est celui de l’État islamique. De fait, de mon point de vue, ce n’est pas en aidant l’islam de France (et là, il y a une hypocrisie car on accepte les flux de travailleurs mais on rejette ceux de l’argent) qu’on va régler le problème des terroristes. En effet, un islam tolérant et compatible avec la République, est justement jugé trop mou, et c’est une virilité que recherchent les terroristes dans l’extrémisme.
(2) Un problème de laïcité ?
Je vais être vulgaire pour marquer les esprits. Qui est-ce qui emmerde les autres actuellement avec le halal ou le burkini ou le terrorisme (pour le cas de la France) ? C’est l’islam et ce ne sont pas les autres religions monothéistes. Donc employons les bons termes : la France ne connaît pas de problème de laïcité mais deux autres problèmes : un avec un islam radical et un autre avec un État régalien trop faible qui s’aplatit face aux communautarismes religieux.
(2) De l’intérêt du vote musulman
Est-ce que c’est vrai, je pense que c’est probable : 87 % des musulmans de France auraient voté HOLLANDE en 2012 au deuxième tour de la présidentielle. De la même manière, le bide du PS aux municipales de 2014 dans les villes à forte proportion de musulmans est aussi la conséquence d’un rejet de la politique économique et sociétale de gauche. Bref, une telle annonce de soixante millions € pour l’islam n’est qu’une annonce électoraliste.
(3) Empêcher le terrorisme
Donner de l’argent à l’islam empêchera-t-il le terrorisme, qui comme la délinquance, est soit dû à un problème psychiatrique, soit à un problème de pauvreté économique et sociale des personnes ? La radicalisation de 2016 se produirait-elle si les terroristes avaient vécu dans des familles stables avec du travail à la maison, sans avoir eu à passer à un moment par la case prison, en ayant profité des joies de la société capitaliste, au détriment d’un bonheur religieux ?
(3) Sur les flux de financements étrangers
L’État va-t-il désormais financer le terrorisme (mais ne le fait-on pas déjà en vendant nos armes à l’extérieur ?) Concernant les flux de financements pour le terrorisme (par exemple pour acheter des armes manifestement en libre circulation sur le territoire), ils continueront. Quant aux autres transferts, pour quel raison s’arrêteraient-ils quand ils permettent, outre la construction de lieux de culte, la solidarité islamique ? Il y aura donc juste plus de mosquées, qui ne sont évidemment pas fréquentées par les extrémistes car trop molles.
Avec tout cela, le ressentiment à l’égard de l’islam et des musulmans ne fait que s’exacerber. La seule solution reste que les musulmans se prennent eux-mêmes en mains et se fixent eux-même leur organisation, quitte à ce qu’ils arrêtent de se considérer comme une religion unique, mais comme les chrétiens divisés (catholiques, protestants, orthodoxes), qu’il y ait un islam marocain de France, un islam algérien de France, un islam turc de France, un islam chiite de France etc, qui puissent se regrouper pour aussi parler d’une seule voix.

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