Michel LEPRÊTRE est communiste. Un pur, un vrai, un stalinien. Il connaît tout MARX et refuse tout travail y compris celui d’élu et de président de l’EPT 12, car trop aliénant. En bon totalitaire, il refuse aussi l’accès au registre de ses décisions. En bon gauchiste, il prétend rapprocher les citoyens des centres de décisions mais ne fait rien pour. La Métropole du Grand Paris l’ennuie profondément, la démocratie certainement aussi.
Acte I : Situation du personnage : Michel bavarde entre amis
Il est 09 h 11, ce vendredi 24 juin 2016. Michel est arrivé en retard et n’a pas eu le temps de saluer tous ses camarades pendant le café. Du coup, il commence la tournée des popotes des rangs du Front de gauche. Il n’est pas à sa place de vice-président, alors qu’il préside le plus grand établissement public territorial après Paris. Il n’écoute donc pas les discussions.
Acte II : Élément perturbateur : le président indique qu’il faut voter
En pleine discussion, Michel est brutalement interrompu par le président Patrick qui en fait appelle un autre Michel (HERBILLON). Il tourne la tête, et soudain OLLIER ouvre un vote. Michel sait qu’il n’est pas à sa place ; il ne doit pas non plus savoir ce qui se vote. Quelles solutions s’offrent à lui : sécher le vote, mais ce ne serait pas sérieux ; ou se dépêcher d’aller voter ?
Acte III : La recherche de solutions : Michel court à sa place
Michel peut encore arriver à temps pour voter mais il peut aussi s’abstenir. Alors il s’élance, pas trop vite pour ne pas donner l’impression de courir, mais il fonce avec force et vigueur à sa place. D’un geste ferme et viril, il va saisir sa carte. Les secondes passent, le président Patrick demande s’il y en a qui veulent encore voter, alors que Michel n’a même pas commencé !
Acte IV : L’action se noue définitivement : Michel prend sa carte
Michel est assis à son rang, la carte à la main. Il ne peut plus faire autrement que de voter, si toutefois il arrive à se servir de la machine. Le président Patrick donne encore un peu de temps aux retardataires dont Michel ; c’est le premier scrutin et il durera 38 secondes. Michel ne peut plus échapper à son destin : il va introduire cette carte qu’il a en main et voter.
Acte V : Dénouement : Michel vote mais la démocratie est atteinte
Juste à temps, Michel appuie sur le bouton. Son honneur est sauf mais l’image d’élu sincèrement intéressé par son mandat qui existe dans le cœur du garçon de 24 ans qu’est votre serviteur est définitivement morte. Michel se fout de la MGP qui l’ennuie profondément, mais comme ça paye, il ne va pas renoncer à ce mandat, ni aux autres. Et puis, il y a les copains.
Ils sont terribles ces élus qui n’en ont rien à foutre de leur mandat. Ils vivent de la politique, et malgré cela, ils trouvent le moyen de ne pas s’y intéresser ; preuve qu’ils ne sont pas nécessaires à la démocratie. Finalement, à quoi bon une métropole alors que par le jeu politique, les résultats sont globalement connus à l’avance. À quoi bon ces débats hypocrites qui ne convainquent personne ? Peut-être à occuper pour justifier les indemnités ?










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