L’Église catholique organise aussi aujourd’hui sa Journée mondiale annuelle de prière pour les vocations. Alors même si, depuis Vatican II, les vocations ne se résument plus au sacerdoce et aux engagements monacaux, le Peuple de Dieu refuse encore trop souvent de vivre sa vocation missionnaire qu’elle soit laïque, associative, politique, familiale, artistique. Une réalité que je constate bien au-delà de la sphère confessionnelle.
Combien de chrétiens me reprochent mon engagement en politique comme si les choses spirituelles ne pouvaient pas trouver d’application concrète dans les choses matérielles ? Charles PÉGUY avait une phrase très juste pour parler de certains prêtres : « Parce qu’ils n’ont pas le courage d’être du monde, ils croient qu’ils sont de Dieu« . Moi, chrétien, vit ma vocation missionnaire dans mes différents engagements qu’ils soient politiques, journalistiques…
Un recul de l’engagement ; une montée des égoïsmes
2 heures 27 par jour devant la télé. Même si une grande partie de ce temps peut-être amorti par le repas ou d’autres activités, il n’empêche que c’est tant de temps de loisirs que chacun pourrait donner. Or, dans la plupart de mes engagements, il n’y a plus que des séniors car les jeunes ou pire, ceux qui arrivent aujourd’hui à l’âge de la retraite, ne s’intéressent plus aux autres. Je pense que c’est en fait le résultat de la culture soixante-huitarde…
Vers une Église sans prêtres avec moins de fidèles
L’Église catholique n’échappe pas à la réalité de la déchristianisation. La plupart des jeunes n’y vont plus que pour les sacrements quand d’autres vont au supermarché. Proportionnellement et logiquement, c’est dans ces fidèles qu’il n’y a plus qu’on ne trouve plus non plus les prêtres. Ainsi, certains séminaires français de province n’ont pas vu de « novices » depuis plus de quinze ans. Et quand bien même, 15 entrent en discernement, seulement 1 ou 2 ressortiront.
Les secours de court terme
Dans le milieu associatif, lorsque ça ne va plus, j’ai souvent vu qu’on allait débaucher quelqu’un ailleurs, sinon qu’on laissait tout de suite beaucoup de place à une personne nouvellement arrivé. Dans l’Église européenne, on fait venir des prêtres d’Afrique (En Essonne, soit des étudiants soit des malades qui viennent se faire soigner) qui pour beaucoup sont malheureux loin de chez eux, quand la plupart n’aspirent qu’à rester en Europe. Et les chrétiens autochtones ne sont souvent pas plus heureux, à commencer par toutes les personnes âgés qui ne les comprennent pas.
La question de l’ouverture
Autre réflexion qui arrive lorsque les effectifs s’effondrent : il faut se moderniser. Beaucoup de journaux font cela et perdent souvent encore plus de lecteurs. dans l’Église, certains chrétiens disent qu’il faut pouvoir ordonner les femmes. Regardons juste comment cela se passe chez les protestants : il n’y a pas plus de femmes volontaires que d’hommes désireux de devenir prêtres aujourd’hui en 2016. Le problème est plus profond mais on refuse de le regarder en face, en prétextant qu’il y a moins de chrétiens donc moins de besoins… Argument à la con…
Quand l’Église catholique oublie ses origines primitives
Les premiers chrétiens n’avaient pas de prêtres et ne vivaient pas plus mal. Mais la profusion de prêtres (qu’on envoyait même en mission d’évangélisation dans les colonies quand on en avait trop…) a fait que l’on s’est habitué à des paroisses calqué sur les villes. Chez moi, à Savigny, en 1955, il y avait 9 prêtres pour 7 messes quand il y en a aujourd’hui en âge d’être ministre 2 pour 3 messes. Or, depuis la déchristianisation, on ne cherche pas à donner plus de places aux laïcs pour préserver le monopole du « pouvoir » des prêtres et on continue de fonctionner comme s’il ne se passait rien. Pire, on étouffe les propositions de modernisation comme celles de Mgr HERBULOT en 1983 résumés dans Le Courage de l’avenir.
Ajoutez à l’Église catholique les problèmes de pédophilie et de mariage pour tous, et vous avez des chrétiens plus préoccupés de leur paraître que de ce qu’ils sont et de ce qu’ils peuvent faire. C’est le même problème dans la société. Les gens s’imaginent avoir certains besoins qui sont en somme principalement égoïstes et l’idée d’ouverture aux autres disparait.
J’y vois personnellement le manque de place de la chose religieuse dans la société qui en répondant aux questions métaphysiques existentielles (comme pourquoi suis-je sur Terre ?) nous rappelle notre sociabilité et notre co-implication avec le tout que forme l’humanité. Cette prise de conscience peut revenir sous un autre prisme que celui de la religion. Mais quand ?

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