Je m’étonne que nos médias s’intéressent plus aux primaires américaines (le mythe de la personnalité la plus puissante du monde) qu’aux primaires françaises. En même temps, vu l’atlantisme de Bruxelles, ce n’est pas forcément si étonnant. Mais de là à ce que les Français prennent fait et cause pour les candidats américains…
Vue de loin, la démocratie en Amérique reste cet idéal décrit par TOCQUEVILLE. Sauf qu’en y regardant de plus près, elle semble rencontrer plus de difficultés qu’en France. Or, beaucoup de Français semblent lassés de la Ve République dénaturée par tant de révisions constitutionnelles et paradoxalement réclamer un régime plus présidentiel.
Sur le régime présidentiel
Mis à part Jean-Luc MÉLENCHON qui prétend que s’il était élu, il convoquerait une Assemblée constituante, ferait voter une nouvelle Constitution pour une nouvelle République, puis jetterait les clés de l’Élysée à la Seine et partirait en retraite tel CINCINNATUS, les Français veulent un Roi-président. Or, ce régime fonctionne quand l’homme élu est bon mais pas autrement…
Les médias écrivent pour ce qui intéresse les gens
En France, personne n’imagine qu’il y ait une primaire à gauche, et que ce sera VALLS si HOLLANDE ne veut pas y aller. À droite, on veut bien savoir de combien JUPPÉ va atomiser SARKOZY et quel sera le score de LE MAIRE mais pas plus. Bref, les primaires en France n’intéressent que les encartés alors que les primaires américaines ont du punch et du suspens.
Un système incompréhensible en France
Le système des délégués et des super délégués ou les caucus et primaires semi-ouvertes semble fédérer les électeurs. Nous avons tous en tête les pancartes « I vote for » dans les jardins. Mais concrètement, à peine un peu plus des électeurs états-uniens se déplacent aux présidentielles et pas la moitié aux autres élections… L’admiration collective est irrationnelle !
L’intelligentsia vote CLINTON ( démocrate)
Parce qu’elle apparait comme la plus crédible, mais aussi la plus favorable à ce que le système géopolitique mondial se perpétue, Hillary CLINTON est le choix de cœur des bienpensants. À ce jour, seule une de ses nombreuses casseroles pourrait la freiner (conférences rémunérées, conflits d’intérêts, Bill…) : des pratiques qui ne choquent absolument pas les électeurs !
La gauche vote SANDERS
Au pays de Wall street, Bernie incarne l’anti-système, le « socialisme américain« . Pourtant, à y regarder de près, son programme ressemble pas mal à ceux de nos souverainistes français qui ont une méfiance socio-historique pour la Finance internationale. La gauche s’identifie donc à un homme qui incarne des valeurs de gauche mais aussi qui peut éviter Hillary présidente.
La droite soutient TRUMP
Parce qu’il semble inconcevable qu’un autre candidat ne l’emporte, et que les autres ne sont pas beaucoup plus crédibles, la droite crie son admiration pour TRUMP. Or, ce n’est pas tant le populisme de l’homme (qui fait des jaloux en France où la démagogie est plus critiquée) que sa fraicheur dans son combat politique qui séduit nos avides politiques.
La politique américaine nous apparait en France comme un spectacle de téléréalité à coup de spots TV à plusieurs centaines de milliers d’euros et de débats qui vont chercher bas (l’adultère de l’un ou la taille du sexe de l’autre). Irions-nous plus voter pour nos politiques s’ils étaient ainsi ? Je ne le pense pas. N’en aurions-nous pas plus honte ? Difficile de faire pire qu’actuellement. Finalement, notre envie tient au regard distancé qui existe outre-Atlantique.

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