Le bulletin municipal de Savigny-sur-Orge d’avril 2016 était trop bien rédigé pour qu’il s’agisse de l’œuvre des services municipaux saviniens. En réalité, il est certainement le travail du cabinet Michel-Klopfer, venu expliquer la situation financière de la commune aux habitants lors de la réunion publique du vendredi 25 mars 2016. Maintenant, il reste à savoir combien cette petite blague nous a coûté.
Puisque l’auditeur de KLOPFER était là, j’en ai profité pour lui demander personnellement commet pouvait-on lui faire confiance alors que dans l’audit « Point étape analyse financière Savigny-sur-Orge » de 2010, non seulement il minimisait le problème des emprunts toxiques mais qu’en plus il donnait des marges de manœuvre dont s’était servi comme argument Laurence SPICHER-BERNIER. Vu sa réponse, ma question ne lui a pas plu.
Un texte manipulable à souhait
Un audit est généralement composé d’une partie analyse et d’une partie prospective pour tendre à améliorer la situation financière. Selon sa responsabilité passée, soit on rejette tout ce qui est mal sur l’ancienne équipe et on développe quelques mesures prospectives (mais volontairement pas toutes) pour dire que ça va aller mieux. Soit on s’attribue le fait que les mesures prospectives ont été permises par la bonne situation analysée…
De l’intérêt d’un audit
Si comme M. MEHLHORN, on est élu depuis 1995, alors on est censé savoir ce qui se passe dans sa commune au niveau financier. Donc la partie Analyse est inutile, au contraire de la partie Prospective qui peut donner des pistes précises qu’on ignore. Réaliser un audit, c’est aussi permettre de se dégager de la responsabilité de ses décisions, en affirmant qu’elles sont contraintes sur les conseils d’un grand cabinet d’audit spécialisé.
Une réponse à ma question par l’absurde
Yann-Florent FOUGÈRES, qui a été l’auditeur des comptes de Savigny-sur-Orge en 2010, a commencé par dire que si les rapports KLOPFER étaient mauvais, ils n’auraient plus de clients. Je n’ai jamais parlé de l’ensemble des rapports KLOPFER mais bien de celui de Savigny en 2010. Ensuite, il peut se défendre dans ses conclusions mais ne peut pas taire le chapitre 5.5 « Quelles marges de manœuvre pour tenir financièrement jusqu’en 2014/2015 ? » (pages 31 à 33).
Pas de défense sur les emprunts toxiques
J’ai la faiblesse de penser que la situation économique et financière est quand même salement atteinte par les emprunts toxiques (votés tous les trois par MEHLHORN). Je constate que le sujet n’a absolument pas été évoqué hier alors que la Ville est contrainte pour faire face à ces emprunts. Je redis qu’ils étaient minimisés dans le texte de 2010 et qu’il n’est pas normal que nous n’en ayons pas parlé dans une réunion d’orientations budgétaires…
Une présentation politisée
M. FOUGÈRES s’est défendu de faire de la politique. Il n’en reste pas moins qu’il a émis une opinion politique dans la troisième partie de sa présentation lorsqu’il s’est positionné par rapport à l’intercommunalité. Notons justement, alors que la loi rendant les intercommunalités obligatoires en 2010, que le cabinet KLOPFER a également laissé de côté l’hypothèse intercommunale qui aurait pu redonner du souffle à Savigny, si on l’avait bien saisie.
2010 en mémoire
Je lis en page 21 de l’audit de 2010 dans la partie « Conclusions sur l’analyse rétrospective » la phrase suivante qui a justifié la politique fiscale de SPICHER : « Sans l’augmentation de taux décidée en 2010, la commune aurait pu se retrouver en déséquilibre budgétaire« . Je lis ensuite dix pages plus tard que jouer encore plus avec la fiscalité permettrait des marges de manœuvres. KLOPFER fournit bien dans ces quelques lignes un argumentaire politique au maire.
Je terminerai en rappelant que l’audit réalisé sur les finances du Département de l’Essonne, qui préconisait une hausse d’imposition de 6 % n’a pas été suivi, puisque les Conseillers départementaux dont M. MEHLHORN ont voté une hausse à 29 %. C’est encore la preuve qu’on peut finalement faire ce qu’on veut avec ou sans audit, et qu’il est parfois plus politique de commander un audit que pragmatique au regard de la dépense engendrée.

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