Les Français sont sans cesse en train de critiquer les partis politiques dans les différentes enquêtes d’opinion. Or, malgré cela, ils continuent très largement de voter pour eux aux différentes élections. Alors outre le phénomène d’attirance pour les grandes marques sécurisantes, les Français agissent surtout par réflexe démocratique.
Dans l’esprit des citoyens, le parti politique, dans la mesure où il n’est pas unique, incarne la démocratie et représente le choix. Supprimer les partis et/ou en réduire les rôles, reviendraient à s’acheminer vers la dictature. Cependant, les partis politiques actuels, par leurs décisions de vote, ne semblent plus représenter le Peuple souverain.
Les partis politiques ne jouent plus leurs rôles constitutionnels
L’article 4 de la Constitution définit ainsi le rôle des partis politiques. Toutefois, les candidats des partis se font élire sur des programmes qu’ils ne respectent plus une fois élus, allant même jusqu’à voter, sous influence, des décisions qui s’inscrivent contre la volonté des Français comme la Constitution européenne. L’expression du suffrage est alors trahie !
« Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. (…) La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. »
À l’origine des partis en France
Si les partis politiques ne sont réellement apparus organisés que sous la IIIe République, les différents parlementaires depuis 1789 se sont toujours organisés en groupes préfigurant les futurs partis. Toutefois, ils ne peuvent représenter la totalité du Peuple que depuis 1945 (1972 avec les militaires) lorsque tous, hommes et femmes, ont pu voter pour eux.
La rupture de 1958
Après la Libération, le général DE GAULLE voulait un régime parlementaire ; il assistera impuissant à la création d’un régime d’assemblées dans lequel les partis dominent l’exécutif. Or, le multipartisme empêche la formation de majorité stables et durables à partir du moment où il y a plus de deux partis et que l’un ne peut pas forcément atteindre 50 % et une voix.
L’inévitable bipartisme
La Ve République s’est constituée autour de la personne de son fondateur. La droite l’a naturellement soutenu quand la gauche s’en est instinctivement méfié. Tant qu’il n’y aura que deux personnes présentes au second tour d’une élection présidentielle de la Ve, alors la France sera bipartisane car l’exécutif continue de dominer l’Assemblée.
De la cohérence des électeurs à l’Assemblée
Un régime sans partis politiques institutionnels se définit par rapport à la politique de son Gouvernement, parfois soutenue par un parti unique. En France, le Président peut présider sans être soutenu par l’Assemblée comme en situation de cohabitation. Le problème vient cependant de l’incohérence des Français qui ne donnent pas une majorité à leur président !
Du rejet des candidatures non partisanes
Mis à part pour des personnalités connues qui n’ont pas besoin de soutiens, les candidatures non partisanes échouent trop parce qu’elles n’ont pas les moyens, notamment médiatiques et financiers, des partis politiques, entretenus par la République depuis 1990. Or, les candidats indépendants ont tous contre eux la méfiance des citoyens et le système des partis.
Des anomalies politiques françaises
Pourquoi agrandit-on toujours les circonscriptions électorales comme les cantons qui ont doublé de population ? Pourquoi ne rembourse-t-on pas les candidats qui ont obtenu moins de 5 % ? Pourquoi est-ce l’État qui subventionne les partis politiques reconnus réalisant déjà des scores importants, et pas les autres ? Tant d’anomalies qui écartent les non-partisans.
Des intérêts divers
Il est toujours plus facile de corrompre un seul homme qu’un groupe mais il est autant plus difficile de démasquer un groupe qui est corrompu. Si l’intérêt des citoyens était réellement pris en compte, les parlementaires quelque soient leurs partis voteraient en fonction de ce qui est juste, et l’exécutif composé de la majorité parlementaire ne serait jamais mis en défaut…
Vers un nouveau système démocratique
Désormais, les candidats partisans tendent à ne plus présenter de programme mais à faire valoir la personne en se positionnant par rapport à la politique existante (on continue ou on change). Or, l’émergence du FN bouscule le clivage gauche-droite en étant des deux côtés et en reprenant le rôle de marais, le rôle perdu par le centre de celui qui fait la majorité.
Les Français soutiennent donc le « régime exclusif des partis » en espérant retrouver un sauveur qu’il soit DE GAULLE ou MITTERRAND. Ce faisant, ils oublient que les partis qui les ont soutenus se sont créés autour d’eux.
Ainsi le « salut » de la France ne viendra pas d’une personnalité partisane qui brille dans un parti constitué mais d’une personnalité autour de laquelle se constituera dans un élan naturel un nouveau parti.
C’est tout le problème des « partis personnels » (il y en a beaucoup chez les souverainistes), figés autour d’une personnalité comme par exemple Debout-la-France. Nicolas DUPONT-AIGNAN oublie ainsi qu’il y avait DE GAULLE avant le gaullisme et il fait son parti avant son destin.

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