Voilà l’avis pour l’instant temporaire, à défaut que j’ai des éléments à y rajouter, que j’ai fait valoir hier auprès du commissaire enquêteur. Je constate qu’aucun élu n’a rien déposé dans le registre ce qui signifie qu’ils n’ont pour l’instant rien à dire. Or, cela me fatigue car j’ai la désagréable impression d’être le seul à bosser, plus que la majorité et que l’opposition, et à la fin, ce n’est même pas moi qui gagnerait…
Savigny-sur-Orge, le 09 février 2016
Olivier VAGNEUX
75, rue du Bicentenaire de la Révolution française
91600 Savigny-sur-Orge
olivier@vagneux.fr
06-51-82-18-70
Monsieur le Commissaire enquêteur,
J’ai l’honneur de vous faire connaître mon avis défavorable au projet du Plan local d’urbanisme de Savigny-sur-Orge soumis à enquête publique sous votre surveillance.
Sur la forme, ce projet est inachevé. Beaucoup de données ne sont pas ou plus à jour (les chiffres de l’INSEE datent de 2011-2012, les cartes font apparaître des équipements disparus, les informations relatives aux réseaux de transports ne tiennent pas compte des évolutions récentes…). L’intégration à l’Établissement public territorial, compétent sur les domaines de l’Urbanisme, et à la Métropole du Grand Paris, n’est pas précisée. En attendant, le maire s’est dépêché de transférer la compétence d’élaboration du PLU à l’EPT, sans même consulter son Conseil municipal ; un empressement suspect à se débarrasser d’un projet aussi capital pour la Ville.
Beaucoup d’hypothèses relèvent du fantasme : rien ne dit que les actuels propriétaires des zones classées en OAP sont décidés à vendre. La plupart sont donc fictives. Ce PLU n’est pas un projet de territoire car il ne tient pas compte des territoires voisins et qu’il ne se projette pas dans l’avenir. En effet, le PLU ne contient aucune piste à vocation extraterritoriale. La question des entrées de ville est juste posée. Il n’est nulle part questions des projets aménagements des collectivités voisines pouvant avoir une influence sur Savigny. La modernisation de l’aéroport d’Orly et les nuisances aériennes qui pourraient y être associées sont éludées.
Sur le fond, ce PLU ne développe pas de projet urbain digne en 2016 de la 195e ville la plus peuplée de France. Il liste une suite de bons principes consensuels : préservation du pavillonnaire, développement localisé de l’habitat social sur trois axes (boulevard Aristide-Briand, quartier Champagne et de la gare) et renforcement de l’activité économique, sans indiquer comment il va réussir à les respecter. Le rapport de présentation du PLU ne répond ainsi pas aux objectifs du PADD. Ce projet est malhonnête car il exagère les atouts et minimise les contraintes tout en niant certaines réalités. Savigny ne possède pas d’identité réelle étant la superposition de quartiers successifs. Elle est une ville de jeunes dont la moyenne d’âge est de 43 ans. Savigny est une ville dortoir aux infrastructures vieillissantes, à la qualité de vie se dégradant, de plus en plus sale avec la présence répétés de rats, manquant sérieusement d’infrastructures et d’équipements par rapport aux besoins de sa population et en comparaison avec les villes voisines, de commerces et de zones d’activités économiques qui ferment progressivement. En témoigne les revenus de la taxe professionnelle qui fondent chaque année…
C’est ce manque d’ambitions, cette trop faible part donnée aux études réalistes et aux enjeux d’accès au logement, d’amélioration des déplacements et du stationnement et de développement économique, que le représentant de l’État a aussi sanctionné en rendant un avis défavorable au projet. Parce que la Ville ne se donne pas les moyens de respecter les objectifs du SDRIF en terme de demande de construction de logements. Mais aussi et surtout parce que sont passés sous silence les thèmes de la santé, des transports en commun, des économies d’énergies, de la rénovation du bâti, des évolutions besoins en eau, en énergie, de l’enlèvement des ordures ménagères, en consommation d’équipements et de la relance concrète des activités commerciales.
Le rejet de ce PLU permettrait la mise en place d’un urbanisme participatif basé sur des expériences citoyennes de terrain, organisées par exemple en comités de quartier ou en commissions extra-municipales. Il sensibiliserait plus les Saviniens qui ne s’intéressent pas au projet sur lequel la mairie a très peu communiqué (9 lignes dans le bulletin municipal sept mois après une réunion au cours de laquelle le cabinet CODRA expliquait aux Saviniens quel est le Savigny qu’ils veulent. Car les citoyens de Savigny-sur-Orge ont été tenus à l’écart de ce projet municipal, immobilisé en 2012 afin que la précédente maire ne s’engage pas à construire des logements sociaux. Le projet a été repris en 2014 mais trop tard pour y raccrocher les gens.
LOGEMENT – HABITAT
Savigny connaît peu de mixité sociale dans son bâti. Le projet recherche la paix sociale par la densification de zones et d’axes déjà saturés. Ce faisant, il ne s’engage pas à respecter les objectifs du SDRIF, les quotas de logements sociaux de la loi DUFLOT et les engagements municipaux pris dans la délibération 09/058 du 10 juin 2014 qui prévoit la construction de 361 logements sur la période 2014/2016 (objectif qui ne sera pas atteint), pour atteindre 1500 logements sociaux supplémentaires en 2025.
Les prévisions d’augmentation de la population sont donc peu claires car la Ville semble se fixer un objectif 40 000 habitants quand l’État en souhaiterait 44 000 à l’horizon 2030. Or, malgré la construction de logements, la croissance de la population a connu ne récession de 0,2 % de sa croissance depuis 2009 soit 500 habitants en moins… Le projet actuel n’empêche pas l’étalement urbain donc risque de rendre plus difficile le respect des quota de la loi Duflot.
Ce projet ne mentionne pas l’application du style Île-de-France alors que les déclarations préalables de travaux ont été rendues obligatoires pour veiller à cela. Il manque de contrainte pour l’imposition d’une esthétique au niveau de l’alignement.
Le PLU ne traite pas de la questions des équipements actuellement insuffisants comme les écoles, les crèches (1 place pour 11,27 enfants) et les infrastructures sportives et culturelles, mal réparties sur le territoire.
Il élude complètement la rénovation de Grand-Vaux qui représente 1/6e de la population.
Il diminue la valeurs de nombreux terrains par un classement imposé en EVP.
Il n’indique pas comment Savigny va satisfaire à la réglementation en matière d’accueil des gens du voyage et créer une aire de stationnement de 20 places. La question est esquivée et renvoyée sur l’intercommunalité.
==> Se prononcer clairement et juridiquement sur un refus de l’application de la loi Duflot. Prouver la recherche de dérogations par rapport aux objectifs du SDRIF.
==> Arrêt du développement du logement social au Sud de la voie ferrée et de l’autoroute A6.
==> Négocier plutôt que d’imposer les classements en EVP dans les zones pavillonnaires.
==> Améliorer la desserte des équipements culturels et sportifs à tous les quartiers
DÉPLACEMENTS et STATIONNEMENT
Le PLU manque d’une référence à un plan local de circulation et de stationnement. Il ne favorise pas le PDUIF (Plan de déplacements urbains d’Île-de-France). Il indique un accroissement de la population mais ne propose aucune solution quand la traversée de la Ville de long en large peut actuellement mettre jusqu’à 30 minutes aux heures de pointe avec des axes routiers régulièrement saturés. Ce point est d’ailleurs absent du constat… Pareillement, le PLU n’indique pas de renforcement conséquent des services de transport en commun. Les projections relatives au TTME ne sont pas fondées dans la mesure où l’avenir de l’interconnexion du Tram avec le RER C ou le maintien de l’axe C8 du RER C reliant Juvisy à Versailles Chantiers ne sont pas garantis. Il contient peu d’ambitions précises autour du développement des trames vertes et bleues. Quelques lieux sont trop souvent fermés et de fait inaccessibles comme le parc de l’hôtel du Golf qui n’est pas relié au COSOM, ou d’autres parcs qui ferment tôt. Aucun schéma de piste cyclable n’est proposé.
==> Élaborer un véritable plan de circulation et de stationnement, en concertation avec la population, avec une attention plus particulière autour des pôles structurants.
==> Étudier les capacités de création de lieux de stationnement souterrains.
==> Que le maire réunisse les acteurs des transports en commun sur la Ville et fasse des propositions d’augmentation des services ou de révision des dessertes.
==> Proposer des zones de pistes cyclables
DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
Le PLU développe une vision économique restrictive visant à revitaliser la Ville en commerces autour de trois pôles : ZAC des Gâtines, boulevard Aristide-Briand et Grande-rue. Cette réponse qui ne repose sur aucune étude sérieuse menée conjointement avec la CCI ne réglera pas la question du manque de commerce et de services de proximité. Le développement d’une économie primaire et secondaire est un non-sens au vu de la tertiarisation de l’économie en banlieue.
==> Préciser le développement du haut-débit-internet pour permettre le développement d’une économie de services
==> Qualifier des zones UE au sein des zones UH afin de bloquer des parcelles réservées précisément à du commerce et à des services de proximité.
==> Préserver la ZAC des Gâtines, en réalité menacée par les choix de la commission municipale d’administration générale, qui depuis 2011 espère la couler pour y construire une partie du logement social manquant.
Enfin, je déplore :
- l’absence de mention du règlement local de publicité
- l’absence de traitement de la question de la dépollution des sols
- la non-évocation du problème des canalisations sous-dimensionnées se traduisant presque tous les ans par des inondations dans le secteur du Plateau.
- la non-évocation des questions d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite
- la non-évocation des questions des réseaux d’énergie
- toute absence de référence au SCOT (Schéma de cohérence territoriale)
- l’oubli de la mention des produits radioactifs qui traversent Savigny dans des wagons. Le PLU donne à ce niveau une indication incompréhensible de « 12000/jour » quantité de matières dangereuses.
- que la propreté urbaine ne soit pas évoquée alors qu’elle est de nature à affecter l’urbanisme de Savigny.
- que ce projet ne soit pas assez rigoureux concernant l’urbanisation des zones limitrophes aux rivières saviniennes et le respect des PPRI.
- que la question de Grand-Vaux ne soit pas traitée !
En conclusion, ce PLU est mauvais car il ne peut que renforcer les inégalités existantes à Savigny en ne développant pas l’attractivité du territoire et en renforçant l’aspect de ville dortoir. Il ne fait qu’urbaniser plus des pôles de centralité qui sont déjà souffrants.
Restant à votre disposition, je vous prie de croire, Monsieur le Commissaire enquêteur, en l’expression de ma considération distinguée.
Olivier VAGNEUX

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