Savigny-sur-Orge expérimentait ces 23 et 24 janvier 2016 son premier salon du livre d’Histoire. Voilà quelques réflexions que je me suis faite, à la lumière de ma licence d’Histoire (Paris I Panthéon Sorbonne) en visitant ce lieu et en écoutant le public. Une deuxième édition est d’ores et déjà annoncée par la municipalité qui y a vu plus qu’un succès d’estime, et s’est félicitée de l’organisation.
Mais qu’est-ce que le livre d’Histoire ? (avec un H minuscule ou majuscule ?) Un codex qui raconte une histoire de guerres et de coucheries ? Ou un ouvrage scientifique qui dresse un état des lieux de la recherche historique. Je commencerai par déplorer qu’ait été mis à égalité, sur un même plan, tant dans la présentation que dans la disposition des locaux, des livres et des auteurs travaux d’historiens professionnels ou de passionnés amateurs.
De l’intérêt de l’Histoire
Connaître le passé pour comprendre le présent et appréhender le futur, voilà l’Histoire en tant que science humaine. Ce salon présentait 2/3 de romans dans lesquels l’Histoire sert de cadre fictionnel de référence, contre 1/3 environ d’ouvrages de références. Et si ces derniers peuvent avoir un intérêt intellectuel certain, les autres restent de l’ordre du divertissement et ne nous disent rien de notre aujourd’hui. Il a manqué une explication pour le public.
De Stéphane BERN à Jean TULARD
Parmi les auteurs les plus présents en termes d’ouvrages, il y avait les meilleurs ventes actuelles, en l’occurrence celles dont font partie les écrits de Stéphane BERN, qui malgré ce que beaucoup peuvent en croire n’est pas historien mais juste journaliste. Et à côté de cela, un parrain très absent alors que beaucoup ne venaient que pour lui, l’universitaire et pour le coup historien Jean TULARD, dont les travaux sur la révolution et l’Empire font référence.
Un public plutôt âgé : l’Histoire est-elle réservée aux vieux ?
À part les quelques enfants qui rêvent de retourner vivre dans des périodes sans Internet avec des valeurs que nos sociétés ont oublié (l’honneur, le courage, la bravoure…) et quelques étudiants, le public était plutôt âgé. D’autant que les jeunes n’apprennent plus l’Histoire par le livre mais par l’audiovisuel. Leur cerveau ne tourne plus de pages, il pose son doigt pour faire descendre le texte sur la liseuse. Pourquoi n’avoir pas fait un salon de l’Histoire ?

Bouillon de culture
C’est ainsi que se retrouvaient mélangés conférences d’Histoire de l’art (où le public était trop absent) et un atelier films d’animations… Exposition de cartes postales locales et survivance de la médiathèque à laquelle peu vont encore depuis qu’elle est passé sous contrôle intercommunal. Jeu concours et dédicaces par des auteurs n’ayant rien d’autre en commun qu’une passion pour l’Histoire, vécue plus ou moins fortement, sur des périodes très distantes.

Ce fut donc un salon pour historiens du dimanche qui aurait gagné à s’appuyer sur la ressource d’historiens véritables (plus que sur l’accord de principe du parrain) et de spécialistes de l’Histoire locale de Savigny. Car l’Histoire de notre commune fut finalement fort peu traitée malgré le travail de présentation du service Archives de la Ville. Voilà donc quelques suggestions d’amélioration pour la deuxième édition.
P.-S. : Ce sera toujours mieux que de faire semblant de s’intéresser à l’Histoire la semaine précédant le salon (cf le compte Twitter de la commune).



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