Il aura fallu la photo d’un enfant de 3 ans mort noyé sur une plage pour que la communauté internationale fasse semblant de découvrir cinq ans après le début du conflit syrien qu’une guerre civile contraint sa population à l’exil. Comme par hasard, la semaine où les Russes annoncent construire une base militaire à Lattaquié (Syrie).
Dans le même temps, l’Europe du Sud (Grèce, Serbie, Hongrie) commence clairement à faire savoir qu’elle n’en peut plus de l’afflux de migrants qui impactent son économie et la paix sociale à l’intérieur de ses États. Et elle demande aux autres pays, à défaut de résoudre la crise en Syrie, d’absorber avec elle ces nouvelles populations.
Les questions polémiques et provocantes à se poser
- Comment peut-on se payer un passeur à 6000 US$ par personne lorsque le revenu moyen en Syrie s’élève à 218 US$ par mois ? Sans rien dépenser de son salaire, il faudrait 27 mois soit 2 ans et 3 mois pour pouvoir partir.
- Pourquoi y a-t-il autant de personnes de couleur noire qui arrivent de Syrie où la population est blanche, à ma connaissance ?
- Les instances internationales promettent des fonds et répartissent les réfugiés par quota. Mais concrètement, que propose-t-on aux migrants ? De les parquer en camps ? De les répartir aux bons soins des communes à raison d’une ou plusieurs familles par village et ville ?
- Pourquoi les départs ont-ils lieu maintenant alors que la guerre a commencé en 2010 ?
- Comment se fait-il qu’on refuse toujours d’intervenir militairement alors que des actes pires que ceux commis par les régimes totalitaires du XXe siècle sont en train de se produire ? Pourquoi l’ONU n’intervient-elle pas plus fortement contre Daesh (et non DASH qui est de la lessive, ce qu’il faudrait dire au président…)
L’Occident se refuse à la paix en Syrie
La situation est de toute façon bloquée en Syrie par le fait qu’idéologiquement l’Occident réclame le départ de Bachar AL-ASSAD, qui est aujourd’hui LE SEUL à pouvoir maintenir un semblant d’État, dans son pays en voie de libanisation. À partir de là, on comprend qu’on se refuse à toute intervention car aucun pays alentour qui ont trop souffert des guerres du Golfe ou des conflits régionaux ne veut servir de base pour la guerre.
Une hypermédiatisation pour se dédouanner de l’indifférence
À part le Monde, la presse française a concentré son attention du jeudi 3 septembre sur la crise des agriculteurs. En réalité, il ne s’agit que de la loi du mort/kilomètre. La Syrie est à 4000 km de Paris donc on s’en fout. Nous avons suivi en direct le massacre de Kobané et nous suivons désormais celui de Palmyre dans une indifférence générale. Les premières frappes de la communauté internationale ont d’abord visé les puits de pétrole avant de cibler Daesh.
Les Français ne voudraient pas accueillir de migrants ; HOLLANDE en veut plus
Selon différents sondages, 55-56 % des Français ne veulent pas que la France accueille de migrants syriens (heureusement que ces personnes ne savent pas que nous en recevons chaque année 60 000 en moyenne). Donc le président de la République propose son aide en disant que la France veut accueillir parce qu’elle est le pays des Droits de l’Homme. Pourtant, le quai d’Orsay le dit en off : « un bateau de migrants qui arrive, c’est un bateau de voix pour LE PEN« .
La solution de vols de reconnaissance
La France a déjà investi plus d’un million d’euros pour contribuer à tirer un peu plus de deux cents missiles qui ont eu un résultat assez faible. Il faut dire que Daesh sait se servir des armements occidentaux que l’on avait donné à l’armée irakienne qui s’est débandée aux premiers combats. Une guerre en Syrie se gagnera sur terre. Mais sans base, et comme les forces kurdes représentent un danger pour la Turquie, alors on les limite volontairement.
Une guerre qui ne dérange pas plus que cela
Donc à part la situation des migrants qu’on relativise assez facilement en rappelant que l’Europe n’accueille que 0,4 % de sa population en migrants chaque année (sans regarder si ceux qui arrivent depuis 40 ans sont assimilés), comme on trouve ailleurs les matières premières nécessaires à nos économies (le pétrole revient d’Iran puisqu’on se réconcilie avec eux), on se fout de créer un no man’s land. La route de la soie n’est plus QUE terrestre.
L’Allemagne, bon élève qui devrait nous faire culpabiliser
Quelqu’un me disait que la solution serait que les Français arrêtent de faire des enfants pour accueillir comme l’Allemagne. Sauf qu’en France, il y a un salaire minimum, il y a un système de santé et de sécurité sociale que le monde nous envie mais que personne ne copie. Il y a de la croissance et de l’emploi. Ce n’est pas le cas en France et tant mieux pour ceux qui veulent accueillir (que j’admire), mais moi je n’en suis pas capable personnellement.
Alors moralement, l’Union européenne, prix Nobel de la paix, cherche à intervenir, mais ne permet pas de solutionner le problème en se contenant d’éponger les conséquences du conflit. Et si on se mettait enfin à écouter les Européens pour trouver des solutions consensuelles ?
Pour mieux comprendre le conflit syrien, lire mon article de juillet 2015.

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