C’est spontanément que je me pose cette question au vu de l’appel téléphonique que j’ai reçu de la présidente de l’Harmonie municipale de Savigny-sur-Orge. Celle-ci craignant une « instrumentalisation politique » de son association, faisait pression sur notre rédaction pour que nous retirions un article concernant son association.
Seulement l’Harmonie municipale ne s’appelle pas l’Harmonie de Savigny-sur-Orge. Puisqu’elle reçoit une subvention publique de 19 000 € cette année, alors toute sa comptabilité est publique et je peux demain aller les voir en leur demandant leur budget. Or, si des salariés de l’association ne sont pas rémunérés, cela impactera le budget savinien tôt ou tard.
Le droit de réponse reçu demandant la suppression de l’article
« Monsieur,
Suite à notre échange téléphonique, je vous serai gré de ne pas publier le courriel reçu par les membres de l’harmonie municipale ni de citer le nom de notre directeur musical et de faire retirer votre article de votre site https://oliviervagneux.wordpress.com/
Je ne vous ai donné aucunes autorisations pour une telle publication.
Ce mail vous a été transféré à l’insu de l’association et était une discussion privée.
De plus, vous dites que les prestations de l’harmonie vont se réduite au minimum, ce qui est faux et a une tendance inverse.
Merci de faire le nécessaire au plus vite et de me tenir informée.
Claire NORRE
Présidente de l’association«
De la soumission face à l’autorité
Comme à l’école où le bon élève cherche à avoir un bon point, les associations saviniennes s’imaginent que c’est en entretenant les meilleures relations possibles avec la municipalité qu’elles en tireront le plus de bénéfices. Voilà une logique rationnelle facilement balayable dans la mesure où les coupes budgétaires municipales ne sont elles-mêmes pas raisonnées.
De la liberté d’expression et d’information
Depuis quand la presse a-t-elle besoin d’autorisation pour publier ? Pardon, c’est vrai qu’il faut maintenant des permissions avec la directive sur le secret des affaires. « SVP, est-ce que je peux dénoncer ce scandale, si cela ne vous dérange pas bien évidemment ? » J’ai reçu des informations qui concernent Savigny, d’une source que je ne trahirai pas et je m’en sers.
D’un journalisme qui dérange
N’est-ce pas George Orwell qui disait : « Le journalisme consiste à publier ce que d’autres ne voudraient pas voir publié : tout le reste n’est que relations publiques ? » Le monde associatif, parce qu’il relève du droit privé, pense que son activité est privée. Pourtant, à compter du moment où l’activité a un impact public, on ne peut pas empêcher le public de s’y intéresser.
Quand préserver ses intérêts personnels affaiblit l’intérêt général
Dans la conversation que nous avons eu, nous avons reconnu que la mutualisation des équipements culturels par l’agglomération se faisait au détriment des Saviniens. Pourtant, les critiques lors du transfert de compétence au 1er janvier 2015 ont été minimes. Alors chacun se tait, espérant être sauvé, et tout le monde coule car personne n’a dénoncé la voie d’eau.
Garder à tout prix de bons liens avec la mairie
Y a-t-il eu intervention de la mairie pour dénoncer mon article ? Sinon comment aurait-on pu se rendre compte de sa publication. Pourtant, si tout va bien, pourquoi l’absence de la plupart des professeurs habituels à la répétition du 1er septembre, selon une deuxième source ? Nous aurions tort de croire que seul le directeur musical n’est pas payé à Savigny…
D’une vision de la culture élargie
La présidente me disait qu’il y a beaucoup d’instruments inutilisés. C’est donc qu’ils ne sont pas loués. Probablement parce que certains parents n’ont pas les moyens. Sinon que ceux qui font actuellement des activités culturelles ne donnent pas envie aux autres de les imiter. La privatisation de la culture est dommageable en République. Elle fabrique les désocialisés.
Je trouve dommage que les associations saviniennes passent plus de temps à se soumettre à l’autorité qu’à faire respecter leurs prérogatives naturelles. Elles participent au contrat social de la France et mériteraient meilleur traitement au nom du vivre-ensemble.

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