Qui se souvient d’Éric MEHLHORN, le samedi 17 janvier 2015, lorsqu’il présenta ses vœux aux Saviniens ? Dix jours après les attentats de janvier, il vomissait des mots comme « liberté« , « éducation« , « République » ou « vivre-ensemble« . Mais il n’y croyait pas puisque ce sont ces mêmes valeurs que le maire de Savigny-sur-Orge vient d’enfoncer un peu plus.
À partir du 20 août 2015 et jusqu’au 20 août 2016, le centre de vacances de la Savinière, propriété de la Ville depuis 1932 (83 ans), situé à La-Tranche-sur-Mer (Vendée) sera loué à la commune de La-Tranche-sur-Mer pour la modique somme de 50 000 € pour l’année. C’est donc la fin de la colonie savinienne et de nombreuses conséquences à redouter.
Une victoire mehlhornienne ?
Les partisans mehlhorniens ne manqueront pas de le féliciter : il préserve le centre de vacances qui appartient toujours à la Ville. Il le fait entretenir sur place. Au lieu que cela coûte 1 000 000 € de déficit à la Ville, voilà qu’elle va s’enrichir de 50 000 €. M. MEHLHORN fait donc économiser 1 050 000 € à Savigny, mais à côté, ce sont les Saviniens qui vont devoir dépenser pour ce service.
Un répit dû à la faible valeur du terrain
L’Inspection nationale des Domaines a évalué en juin 2015 le coût du terrain à 700 000 € environ. La faute à la tempête Xynthia et aux nouvelles lois beaucoup plus sévères qui ont encadré la construction et l’aménagement si près de la mer. Dès lors, il n’était pas intéressant pour MEHLHORN de vendre, mais cela a-t-il été son intention ? Il le peut toujours.
La fin d’une belle histoire
Ce sont donc 83 ans de vie savinienne qui s’arrête net. En quelques mois, le fossoyeur MEHLHORN a liquidé les dernières structures qui rendaient cette ville agréable et lui offrait une reconnaissance vis-à-vis d’autres communes. Savigny s’endort et se marginalise. Ceux qui ont les moyens en sortent par choix, ceux qui en ont moins y restent par contrainte.
Quelles conséquences à court terme ?
1. Savigny va donc devoir reclasser les 22 personnels qui vivaient sur place. Sauf que si on leur propose un emploi en Essonne, il leur faudra revenir avec toute leur famille qui est installée en Vendée.
2. 2000 Saviniens environ, qui profitaient chaque année des services de la Savinière soit en tant que colonie soit en tant que classe de mer, n’auront plus le même service. Fatalement, cela ne pourra que coûter plus cher au CCAS sinon aux familles qui devront payer plus.
3. Les conventions d’échange avec les Mélèzes, la colonie alto-savoyarde de Paray-Vieille-Poste, pour des classes de neige, c’est fini aussi. Savigny ne peut plus rien proposer à échanger puisqu’elle loue son patrimoine.
Quelles conséquences à long terme ?
1. Connaissez-vous à Savigny un lieu éducatif qui permette mieux le vivre-ensemble, dans la liberté de l’éloignement des parents, que la Savinière ? Il n’y en a pas. Et qui ne pourra plus connaître de tels lieux de l’éducation populaire, les plus pauvres.
2. En allant ailleurs, ceux qui peuvent se le permettre enrichissent une autre ville ou un autre organisme qui sait gérer ses biens, ce qui n’est pas le cas de Savigny. Pour preuve, la Ville ne sait pas détailler ce que lui coûte la Savinière…
3. Lorsqu’on regarde le parcours de radicalisation de certains jeunes, on s’aperçoit de l’aspect social qui a manqué à leur accompagnement. Les économies d’aujourd’hui sont des dépenses qui seront multipliées demain. (Mais MEHLHORN s’en fout, il n’y sera plus)
Éric MEHLHORN, ce n’est qu’une succession de discours creux qui se contredisent dans les actes. Abandonner la Savinière, même temporairement, est une solution lâche qui force moins à réfléchir que de se demander comment la rendre rentable. Espérons malgré tout qu’elle puisse rouvrir dans un an, ce qui serait possible si la municipalité se mettait un peu à réfléchir, ce dont après quinze mois d’exercice du pouvoir, je doute qu’elle soit capable…



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