Les commémorations du bicentenaire de Waterloo sont doucement en train de s’achever. Les « reconstitueurs » (sic) s’en seront donnés à cœur joie (pour beaucoup des étrangers qui apprécient plus l’empereur que nos chers compatriotes). Les politiques y seront allés de leur petit commentaire, et la plupart des titres de presse auront réécrit la période, grâce à Wikipédia, meublant ainsi un mois de juin bien morne.
Le discours politico-historique qui a transpiré dans les médias est toujours égal à lui-même. Un paradoxe alors que le bonapartisme (Napoléon III tirant conséquence des échecs de Napoléon Ier) est censé être le courant politique majoritaire en France (vus les résultats des républicains aux dernières élections). Waterloo toutefois ne saurait être que le final d’une période clé de l’Histoire pour la construction de la Nation.
Waterloo, ultime victoire, sur l’ennemi héréditaire
Honni soit celui qui affirme que Waterloo n’est pas une défaite française. Pour preuve, l’armée française s’est retirée puis ensuite débandée. Mais qui nous parlera de ce fameux ordre de retraite donné vers 17 h par le Duc de WELLINGTON voyant la bataille lui échapper ? Celui-là même qui provoqua un vent de panique à Bruxelles de tous les notables se voyant obligés de fuir pour Londres en vitesse. Sauf qu’au moment de partir, ouf, voilà les Prussiens qui arrivent…
Waterloo, la défaite des opportunistes
La bataille de Waterloo est une succession d’échecs collectifs, particulièrement de ceux des maréchaux d’un Napoléon souffrant. Le maréchal BERTHIER décédé, il a fallu le remplacer à l’état-major des armées par SOULT qui ne s’est pas montré très vif. MURAT par sa trahison en 1814, ne fut pas appelé au combat à la tête de la cavalerie, que NEY a du coup massacré croyant pouvoir tout balayer au début de la bataille. Enfin, GROUCHY cherchait les Prussiens, à trente kilomètres de Waterloo…
Waterloo, l’épuisement d’une génération
Si pendant la Révolution française, l’armée française a tenu tête à une coalition de 14 pays, c’est parce qu’elle était composée de jeunes gens dynamiques croyant, pour les généraux, dans les idéaux de la Révolution. En 1815, la jeunesse française a été décimée dans les combats de 1813 et 1814. Mais surtout elle ne croit plus dans l’Empire. Pour preuve, Napoléon qui s’étonne que ses grognards ne crient plus « Vive l’empereur »…
Waterloo, la fin des divisions européennes
En 1791, la France était presque vaincue. Mais les armées autrichiennes et prussiennes avaient dû se retirer pour aller mater l’insurrection de Pologne, permettant aux Français d’enfoncer les lignes adverses affaiblies et de repartir à l’attaque. En 1815, toute l’Europe est unie contre Napoléon et chaque jour renforce la Coalition qui n’est pas vraiment démobilisée depuis 1814 et déterminée à se débarrasser de l’ogre corse. Toute victoire à Waterloo n’aurait que retarder une future défaite d’une France hagarde.
Napoléon, ce salaud imaginaire
Napoléon ne s’étudie guère plus aujourd’hui à l’école qu’un peu en CM2 et en 4ème, s’il reste du temps en fin d’années. Il est le sanguinaire, responsable du sacrifice d’une génération de jeunes européens (en vingt ans, la moitié des pertes de la Grande guerre), qui a rétabli l’esclavage dans les Antilles (sûrement parce qu’il était raciste). Un dictateur orgueilleux et assassin… C’est en tout cas comme cela qu’il est enseigné.
Les frontières de la France
Le traité de Paris de 1815 est une catastrophe par rapport aux conditions de paix négociées en 1814 par TALLEYRAND. Au lieu de garder les frontières françaises de 1792, la France retrouve celles de 1790 et par là, perd les territoires qui serviront de bases à toutes les futures invasions allemandes. En plus de la Savoie perdue en 1814, la France perd une partie de la Rhénanie : Landau, Sarrebruck, Sarrelouis, Bouillon, Philippeville et Mariembourg.
Napoléon va être à l’origine de la France contemporaine mais ses successeurs n’arriveront jamais à son niveau, et il faudra attendre DE GAULLE pour retrouver autant de vision et d’ambition pour le pays. L’Empire ne tenait que par la personnalité de son empereur, et sa fin était annoncée dans le petit milieu opportuno-affairiste qui le gangrénait. Une situation qui n’est pas sans rappeler ce que nous pouvons vivre aujourd’hui.

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