Après une énième sortie, le patriarche frontiste Jean-Marie LE PEN est mis au ban de la famille par la fille arriviste et opportuniste. Le problème de la famille est que si « le vieux » n’a jamais voulu accéder au pouvoir, sa fille cadette y tient plus que tout. Quitte à y perdre son âme ainsi que son parti. Car si LE PEN représente l’extrême-droite, Marine (Marion-Anne Perrine pour l’état civil) est plutôt du côté de l’extrême-gauche.
5 décembre 1998. Bruno MÉGRET, dont le seul désavantage est de n’être pas directement lié à la famille LE PEN par un mariage avec une des filles de la famille, tente de prendre le pouvoir lors d’un Congrès national. Il fait mettre LE PEN en minorité qui feint alors de se sentir mal, comme MITTERRAND avant lui en semblable occasion, pour mieux faire évacuer la salle de la maison de chimie afin de garder le contrôle du parti. Le dernier cerveau frontiste quitte le jeu.
Une affaire de famille
Le FN n’est que le jouet d’une famille qui aime plus que tout perturber la petite vie politique française. À l’origine, en 1972, il y a Jean-Marie qui rassemble les nostalgiques de l’Algérie française, les nostalgiques du pétainisme, les catholiques intégristes qui refusent Vatican II, bref, toute la petite extrême-droite française, xénophobe et réactionnaire.
LE PEN commence à préparer sa succession dans les années 1990 et il va former celle qui est alors sa fille préférée : Marie-Caroline (la femme de Philippe OLIVIER qui est le candidat de Debout-la-France à Draveil où le couple vit). Mais en 1998, les époux vont suivre Bruno MÉGRET, le cohérent qui réfléchit plutôt que LE PEN qui surfe sur le rejet des partis institutionnels.
Le patriarche est alors obligé de former sa benjamine Marine, puisque sa deuxième fille (la mère de Marion MARÉCHAL) n’a jamais trouvée grâce à ses yeux. (En même temps, avoir un enfant hors-mariage, bah !!!). Et en 2011, lorsque « le vieux » atteint ses 83 ans, il laisse la place à sa fille, qui va révolutionner l’institution bâtie par son père.
LE PEN et l’extrême-droite
Concrètement, le FN des années 1980 est un parti libéral très inspiré par les thèses reagano-thatchéristes et l’école de Chicago. Il ressemble alors pour beaucoup de choses au parti républicain américain notamment dans sa conception de l’État et des libertés publiques. Ce à quoi il faut ajouter une obsession sécuritaire et anti-immigrationniste.
Paradoxalement à aujourd’hui, l’extrême-droite le conteste et présente régulièrement des candidats face à lui à diverses élections. LE PEN qui profite beaucoup des anti-systèmes, récupère alors les voix de la droite républicaine que MITTERRAND divise et des communistes (qui sont des extrémistes) qui commencent à changer de perception révolutionnaire.
C’est encore dans les années 1980 que LE PEN creuse son électorat notamment chez les musulmans et d’autres minorités ethniques et religieuses, à qui il promet la protection s’ils acceptent de s’intégrer. Un pseudo-message de tolérance et de mérite…qui passe pourtant. Ce qui ne l’empêche pas de rappeler régulièrement sa conception du Français blanc et catholique.
Marine et l’extrême-gauche
Puis arrive Marine qui veut faire un peu plus que le seuil des 18 % atteint par son père et qui va commencer à aller ratisser plus loin et plus en profondeur. D’autant que l’extrême-gauche se réduit de plus en plus et qu’il est alors difficile de faire transiter de nouveaux militants par ce biais comme jusque-là. Commence alors une nouvelle récupération qui choque « le vieux ».
Car Marine s’entoure de tout ce que le père déteste : des juifs (il y avait même une liste FN dans le Marais pour les municipales), des homosexuels, des énarques, des politiques passés par des partis qui crachaient autrefois sur LE PEN (ceux de DE VILLIERS ou de CHEVÈNEMENT) et des personnalités en manque de visibilité qui se montrent dans le « Rassemblement bleu-Marine ».
À partir de là, le FN commence à développer des thèses qui relèvent souvent de l’extrême-gauche et préparent la scission avec LE PEN : l’économie dirigiste sur un modèle social-démocrate, la retraite à 60 ans que proposait MITTERRAND en 1981, le vote de larges quotas d’immigration pour l’Europe, l’absence de « condamnation » du mariage pour tous…
Dans les faits et à court terme, cette division ne changera rien. Car le FN bénéficie d’une telle publicité que tous les anti-systèmes s’y retrouveront pour les prochaines élections jusqu’à 2017 compris. Mais à long terme, les électeurs du FN veulent de la sécurité et la lutte contre l’immigration illégale, donc iront voir ailleurs si un jour une autre extrême-droite reprend les thèmes qui furent ceux de LE PEN et sont toujours la préoccupation majoritaire de ces gens.

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