Je viens écrire quelques mots d’hommage pour Jeanne-Marie, qui nous abandonne ce dimanche 18 janvier 2026, à l’âge de 86 ans.
Ses obsèques auront lieu le mercredi 28 janvier 2026 à 15 heures 15 en l’église sainte-Thérèse de Savigny-sur-Orge. Je pense bien à Denis, à leurs trois enfants, à leurs petits-enfants.
Je garde en mémoire son dernier message qui se concluait par les mots suivants : « Tiens bon ». Alors oui, on tiendra bon, mais on sait aussi que ce sera plus dur, parce qu’on sera désormais un peu plus seul.
Jeanne-Marie, c’était pour moi une oreille attentive pour écouter mes malheurs, personnels et surtout ecclésiaux, une épaule sur laquelle s’appuyer, une grand-mère de substitution comme tant d’autres paroissiennes de Savigny de sa génération.
Quand j’ai dû quitter Savigny pendant trois mois en 2023, j’ai pu voir qui étaient mes vrais amis, sur qui je pouvais compter. Elle en était.
Je repense à tous les apéritifs, et repas, chez elle, ou chez Danielle, notamment après le départ d’Henri, au coin du feu crépitant de la cheminée. Souvent bien arrosés, il n’était pas rare de ne nous quitter qu’à 3 ou 4 heures du matin, après avoir refait l’Église et le monde.
Jeanne-Marie était une épicurienne. Elle aimait la culture et les arts. Elle peignait et elle chantait. Elle aimait l’intelligence.
Elle ne comprenait pas qu’après avoir connu la libération de Vatican II, des gens cherchent à revenir au rite tridentin.
Elle s’interrogeait beaucoup sur la raison qu’alors qu’elle et son mari étaient très épanouis dans leur foi, leurs enfants n’aient pas suivi le même chemin.
Elle s’inquiétait souvent pour ses petits-enfants, tant pour leur avenir professionnel que spirituel.
Elle avait cette sollicitude et ce souci de l’autre, ancré en elle.
Je l’avais rencontrée dans les formations bibliques de Danielle ; elle faisait aussi partie du groupe qui participait activement aux retraites spirituelles à l’abbaye de La Pierre qui vire.
Ces derniers temps, elle ne participait plus qu’aux rencontres de Cinéma et spiritualité, assez malheureuse de voir ce que devenaient nos messes.
On ne pouvait que remarquer ce couple : lui, très grand et très imposant, et elle plutôt petite à côté.
Vadrouillant entre Clair-Village et le Pays Basque (Argelès), elle m’avait d’ailleurs invité la-bas pour m’y changer les idées.
Il n’était pas rare non plus que je la croise à Carrefour market à Morangis.
Elle et son mari Denis partagaient la vision d’une Église conciliaire, fraternelle et charitable.
Denis avait même rencontré l’évêque pour lui demander plus de transparence financière.
Elle osait dire, prendre la parole, dénoncer ce qui ne lui plaisait pas, y compris parfois avec un langage fleuri.
Je me rappelle ce qu’elle disait du maire par rapport à la censure de ma tribune dans le magazine municipal.
Elle réagissait souvent à mes interpellations de la paroisse ; et je trouvais appréciable de me sentir ainsi soutenu.
À Dieu mon amie, partie retrouver Henri, et les autres.
Nous allons poursuivre les combats.
Puisses-tu de là-haut me guider et m’aiguiller.

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