Les obsèques de Pierre auront lieu mercredi prochain (22 octobre) à 10 heures 00 en l’église sainte-Thérèse de Savigny-sur-Orge.
Il nous a quittés dans la nuit de lundi à mardi, moins d’un an après sa femme Corinne, à laquelle j’avais aussi rendu hommage ici.
Chrétien, homme de foi et d’espérance, il avait beaucoup écrit sur cette espérance chrétienne, tellement mystérieuse, et à laquelle je crois qu’il a maintenant trouvé un début de réponse. Quel qu’il soit.
Et comme les Pierre WEBER sont nombreux, il avait, pour son nom d’auteur, accolé la première lettre de son deuxième prénom François, ce qui donnait Pierre F. WEBER.
Pierre était disciple de Marthe ROBIN, fondatrice des foyers de charité, laquelle avait exercé une grande influence sur son parcours de foi et de vie.
Je me rappelle de la première fois qu’il m’a invité dans son appartement de la rue Camille-Claudel. Je devais avoir 18 ou 19 ans.
Il m’avait invité pour 15 heures 00, et sa grande passion était la reliure.
Et moi, j’arrive à 15 heures précises, et il fait semblant que je le surprends en pleine activité de reliure.
En fait, pour me montrer et m’initier à son art : le choix des matières, des colles et des fils.
Il me fait visiter, me prévient et insiste bien qu’ils font chambres séparés avec sa femme, de mémoire me dit qu’ils l’ont toujours fait, et pourtant, ils se tutoyaient ; et il m’explique qu’il a démonté chacun des appareils se trouvant dans l’appartement pour comprendre comment ils fonctionnaient.
Et qu’il n’utilise que des appareils dont il était capable d’expliquer le fonctionnement.
C’est une mentalité. Moi-même, je ne connais pas la mécanique électronique de l’ordinateur que je suis en train d’utiliser.
Mais surtout, ça pose l’homme, sa rigueur, sa curiosité, son acuité, sa vivacité, son intelligence…
Il m’avait aussi dit de ne pas hésiter à le déranger si j’avais besoin de quoi que ce soit.
Et effectivement, une fois m’avait même prêté sa voiture, la même Twingo cerise que celle de ma grand-mère, alors que je devais aller à la prison de Fleury !
Pierre m’a appris l’hébreu biblique, avec une méthode en 40 leçons, s’appuyant sur le dictionnaire français/hébreu Marchand Ennery, qui a l’originalité, vous savez que l’hébreu se lit de droite à gauche, de proposer des entrées de recherches par la première lettre de la racine, qui est donc en fait la dernière lettre dans notre sens de lecture.
Il m’avait dit : « si vous ne pratiquez pas régulièrement, vous oublierez tout. »
L’année suivante, il vient me voir et me demande si j’ai tout oublié.
Non, douze ans après, je n’ai toujours pas tout oublié.
Et je conserve précieusement tous les cours, feuilles, notes, photocopies qu’il m’a donnés, tous les après-midis de l’été 2013.
Premier président de l’association sainte-Thérèse saint-Martin (ASTSM) qui réunissait pour la première fois les deux paroisses de Savigny (officiellement Notre-Dame-d’Espérance ne représente pas une paroisse car c’est une chapelle dépendant de saint-Martin), après 80 ans de lutte fraternelle entre le « Plateau » et le « bas », il avait su donner des statuts qui perdurent encore.
Il est un des artisans de la réconciliation de nos paroisses.
Et nous lui devons beaucoup, en comparaison avec Viry, où l’esprit de clocher perdure toujours ; et où ils se disputent, de moins en moins, mais en réunions de groupe.
Membre éminent de l’équipe Espérance qui accompagne les familles en deuil, il savait trouver les mots. Justes, forts, concis.
Un jour, il m’avait donné cette technique que j’ai reprise aux obsèques, ou dans les procès d’assises.
C’était pour les obsèques d’un homme passionné de cuisine, qui régalait toute sa famille de crêpes.
Et au moment de l’homélie de la messe, Pierre conclut en disant : « chaque fois que vous mangerez des crêpes, repensez à X ».
Et toute la famille l’a remercié, parce que plus que le commentaire d’évangile, c’est ce qu’elle voulait vraiment entendre.
Le défunt, qui continue de vivre parmi les vivants, au-delà de sa mort physique.
Et c’est génial pour entretenir la mémoire des morts dans l’esprit des vivants.
Quand je prends cette technique, je pense à Pierre.
Et je continuerai de le faire vivre de la sorte.
Pierre s’était encore proposé pour intégrer l’équipe animatrice de la paroisse. Il avait alors 75 ans.
Je pense qu’il s’imaginait, après tout ce qu’il avait fait au niveau de l’ASTSM, qu’il serait brillamment élu.
Mais doyen des candidats, les paroissiens l’en avaient écarté, par jeunisme, juste pour élire les plus jeunes…
En 2013, apprenant que je me lançais en politique, il m’avait parlé d’un membre de sa famille, qui avait eu, lui aussi, pleins d’idée et de volonté, et puis qui s’était cassé les dents, déjà au moment de l’élection, et puis ensuite une fois élu, et qui était revenu de toutes ses illusions.
Il m’avait mis en garde que je me découragerai et que je me casserai les dents à mon tour.
Et malgré cela, j’avais eu l’agréable surprise de recevoir de sa part un don pour ma campagne de 2020, et je garde précieusement le petit mot qui l’accompagnait, appuyant ma ténacité et ma persévérance.
En 2021, je lui avais adressé une dernière carte postale de l’abbaye de La Pierre-qui-Vire, qui m’était revenue car il venait de déménager à la résidence Médicis de Viry-Châtillon.
Je ne l’ai plus jamais revu, ni Corinne, dont la dernière image que je garde d’elle était en train de fumer devant saint-Martin, en colère après l’orgue qui accrochait encore…
J’ai toujours chez moi cinq exemplaires du livre de Pierre « L’Apocalypse, Message d’espérance ».
Il aurait voulu qu’ils soient partagés, et notamment donnés à des jeunes.
Je les tiens donc à la disposition de toute personne, plus ou moins jeune, qui voudrait trouver les messages d’espérance figurant dans le livre biblique de l’Apocalypse.
Cette espérance qui habitait Pierre.
Et que quand je relis cet article, et les moments partagés ensemble, non seulement, je dis partager, mais à laquelle, par le témoignage de sa vie, il m’a bien donné envie de croire.
À Dieu Pierre.
Je suis heureux de vous savoir à présent réunis avec Corinne.



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