Plusieurs de mes amis cathos se désespèrent de la timidité des réactions des évêques de France.
Très et trop souvent, des libéraux qui ne foutent d’ailleurs plus un pied à la messe.
Et qui parlent, dans le souvenir d’un peuple de Dieu multipolitisé, alors que nos églises sont de plus en plus réacs.
Avant tout, je veux d’abord dire que je n’ai jamais apprécié les consignes de vote, et que ce n’est pas parce que les évêques de France disent quelque chose que je vais les suivre.
Il y a en plus, dans l’Église, une incompréhension du « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».
Qui mêlé à la laïcité, qui est un concept que presque personne ne comprend, fait qu’on ne parle pas des choses non sacrées, et le politique ne serait pas sacré, dans une église.
Ensuite, il me paraît évident qu’on ne parle pas de la même manière à 15 % des gens qu’à 40 % des gens.
Le fait est que les cathos se sont considérablement droitisés, à l’instar de l’ensemble de la population française.
Les évêques ont ainsi peur de continuer à perdre leurs ouailles, s’ils commencent à politiser leurs églises, en fâchant ceux qui votent RN.
De plus, l’africanisation du clergé n’aide pas à une imbrication du politique dans le religieux.
Nos bons prêtres africains, qui ne peuvent pas voter, n’en ont rien à foutre des élections.
Et de la même manière, l’africanisation des fidèles fait qu’eux aussi se foutent des élections.
Enfin, ceux qui restent aujourd’hui encore dans les églises sont relativement mais majoritairement RN.
Il faut dire que MACRON n’a pas beaucoup aidé avec l’IVG dans la Constitution et la fin de vie, parce que cela remue des conceptions et des inconscients.
Et puis sinon toujours le fantasme du petit village gaulois qui se retrouve tous les dimanches à la messe, et donc l’espoir stupide car irraisonné d’un retour à cela, avec des gens qui ne croient pas, mais qui ont leur activité sociale du dimanche matin.
En conclusion,
2024 est la première élection pour laquelle les évêques de France se mouillent aussi peu, ou plutôt ne désignent plus aussi clairement le RN comme un repoussoir qu’il faut rejeter.
Je suis partagé à ce sujet.
D’abord parce que je crois qu’on ne peut pas faire dire à l’Évangile qu’il ne faut pas voter LE PEN, parce que ce n’est pas non plus ce qui est écrit dans l’Évangile, même en le triturant dans tous les sens et en en extrayant des passages, remis bout-à-bout.
Mais comme je reproche déjà suffisamment à l’Église de ne plus oser rappeler certaines vérités de la foi, je regrette aussi qu’elle se mette à fermer sa gueule par pur opportunisme, parce que l’argent des dons est du côté des fâchos.

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