Je vais commencer par une évidence terriblement banale : l’idéal serait qu’il n’y ait pas de mort, y compris celle du bœuf qui me donnera mon steak de ce midi.
Qu’il n’existe pas de raisons pour devoir avorter, abréger une vie ou assassiner quelqu’un.
Je veux donc d’abord crier mon impuissance en tant que je reconnais les limites des lois qui ne peuvent pas, par un texte général, régler tous les cas particuliers.
Pour bien finir me fâcher avec tout le monde, je vais commencer par rappeler mes différentes positions personnelles, qui ne sont d’ailleurs pas très catholiques :
– Je suis POUR la peine de mort possible mais non systématique pour les criminels de sang, sur décision du jury d’assises et des cours terroristes ;
– Je suis POUR l’avortement quand la grossesse résulte d’un viol, qu’elle présente un danger pour la vie de la mère, ou que l’enfant est atteint d’une pathologie, y compris non-létale, mais CONTRE dans les autres cas – J’étais CONTRE la constitutionnalisation de l’IVG car ce n’est pas le rôle de la Constitution ;
– Je suis CONTRE l’euthanasie et le suicide assisté mais POUR la sédation profonde et continue jusqu’au décès ;
– Mais je suis CONTRE les poursuites envers ceux qui ont aidé quelqu’un qui ont euthanasié quelqu’un, ou l’ont assisté dans son suicide, dès lors que la demande était sincère.
– Je suis CONTRE le clonage, mais POUR la thérapie génique, tant qu’il ne s’agit que de soigner la personne.
– Je suis CONTRE le principe des « bébés médicaments », parce qu’il justifie la vie d’un être par rapport à un autre être, mais POUR que ces enfants existent et en sauvent d’autres.
– Je suis POUR le don d’organes et de tissus ; je suis moi-même donneur volontaire.
– Je suis CONTRE la PMA sans père (mais POUR pour les couples infertiles) et la GPA.
Au moment de la loi sur l’avortement, en 1974-1975, l’État ne sacralisait pas la vie puisqu’il pratiquait la peine de mort.
Mais le renversement intellectuel se fait en 1981, selon moi pour des mauvaises raisons.
Déjà parce qu’on va dès lors défendre l’idée que la vie est sacrée, ce qui n’est plus vrai dès lors qu’on autorise l’avortement.
Ensuite, parce que ce qui motive BADINTER à demander la suppression de la peine de mort, est la condamnation à la guillotine d’un de ses clients, complice de deux meurtres, mais qui n’a pas tué lui-même.
Or, c’est un phénomène d’essentialisation, tout à fait regrettable selon moi.
Précisément, je soutiens qu’on pouvait décider de faire mourir les meurtriers de sang, et garantir la perpétuité pour les complices.
Et depuis ce temps, il y a des injonctions contradictoires, qu’on ne sait pas régler, et qu’on ne peut pas régler.
Ne soyons pas dupes non plus du rôle de l’argent dans tout cela. L’euthanasie et le suicide assisté coûteraient évidemment bien moins chers que les soins palliatifs, et libéreraient des places dans les hôpitaux.
Est-ce que l’acharnement thérapeutique est encore une vie ? Je ne crois pas.
Mais est-ce qu’il y a une âme dès la fécondation ? Ça, je le crois.
Et je crois que cette âme survivra, quoi qu’il lui arrive ensuite.
J’aime mon christianisme parce qu’il place la vie au sommet de tout.
Mais je dis que pour des raisons pragmatiques d’organisation de la société, il faut qu’il existe une possibilité légale de donner la mort.
Le débat porte ensuite sur les conditions de cette mise à mort.
Qu’est-ce que la mort naturelle ?
Est-ce qu’il y a encore une vie en l’absence de conscience ?
Je déplore la célébration de l’abolition de la peine de mort car elle maintient dans la société des gens dangereux qui ne pourront jamais s’y intégrer.
Je dis aux gens qui sont CONTRE la peine de mort. Que faites-vous pour ces gens-là ?
Je regrette la constitutionnalisation de l’IVG car je crois que la Constitution n’est effectivement pas, comme le disait Gérard LARCHER, un catalogue de droits sociaux, mais bien un texte politique qui doit régir le fonctionnement de nos institutions.
Dire en plus que l’IVG est une « liberté garantie » soulève en plus de nombreux autres problèmes juridiques, avec une opposabilité et des contreparties.
Je note la lâcheté de beaucoup d’élus LR et RN, trop préoccupés par leur réélection…
J’ai assez peur de ce qui va ressortir de la loi sur la fin de la vie, qui devrait là se faire au détriment des plus faibles et des plus fragiles, en jouant sur les émotions…
Encore une fois, il existe tellement de cas particuliers, qu’une loi générale ne peut pas tout régler…

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