SAUJ, lire « sauge » comme la plante = Service d’accueil unique du justiciable.
C’est l’invention de la Justice du XXIe siècle pour justifier de diminuer le nombre de greffiers.
On mutualise les missions et puis on dit qu’on a moins besoin de monde dans les bureaux, et on écrême.
Dans Rio ne répond plus, OSS 117 répond à Dolorès qui lui parle de travailler d’égal à égal : « on en reparlera quand il faudra porter quelque chose de lourd ».
Parfois, en effet, il arrive que les plus belles utopies se heurtent aux plus cruelles des réalités.
Le guichet unique, c’est bien gentil sur le papier, mais le mec ou la nana qu’il y a derrière, ne peuvent pas connaître tous les produits, toutes les missions, toutes les procédures.
Surtout quand t’as VAGNEUX qui fait lui-même au niveau de l’accueil les procédures que les autres justiciables font faire directement dans les services par leurs avocats sur leur réseau virtuel privé qui emmène le papier tout droit dans le bon service.
Que les tribunaux en avaient justement assez que des sales cons comme VAGNEUX (pas très nombreux mais généralement très procéduriers), qui se baladaient sans cesse dans leurs couloirs, un coup à l’instruction, un coup au Parquet, un coup à la régie, un coup à l’audiencement correctionnel, je peux le comprendre.
Mais demander à un greffier d’accueil, pas forcément hyper diplômé, volontairement laissé en sous-nombre, de maîtriser toutes les subtilités des différentes matières, en le foutant à un service dans lequel se déverse toute la misère du monde, la blague arrête assez vite de faire rire quiconque.
Je n’étais pas plus tôt libéré de garde à vue, qu’un mec dans la salle d’attente du SAUJ, venait me demander des conseils juridiques, parce qu’on n’avait pas su ou pas voulu lui répondre.
Et depuis le temps que je les cotoie, ils m’ont quand même déjà dit d’énormes conneries ; que moi, je relève parce que je fais du droit tous les jours, mais qui emmène dans le mur, n’importe lequel des autres justiciables.
La nana commence par refuser de me faire un récépissé, au mépris du code de procédure pénale.
Je n’ai pas insisté parce que c’est Évry.
Et quand tu sais ce qu’est Évry, tu comprends que TEILLET aille porter ses affaires de presse à Paris.
Puis, je lui dis que je viens pour un appel.
Et là, elle m’explique que ce n’est pas possible parce que le jugement ne m’a pas été notifié.
Que je dois attendre la notification pour pouvoir faire appel.
Alors, je lui dis qu’on s’en fout parce que j’étais présent à l’audience.
Sauf que ce n’est en plus pas marqué sur son putain de logiciel, qui claque dès qu’elle change de dossier.
Puis elle me fait une petite leçon de droit : le civil, le pénal, les affaires familiales.
Non sans me dire qu’elle voit régulièrement des justiciables qui croient qu’ils vont lui apprendre son métier.
Alors, je lui demande si on peut appeler le greffe correctionnel.
Et elle n’est pas trop chaude.
Puis il y a une première collègue qui passe, et qui lui dit qu’elle a raison.
Puis il y a une deuxième collègue qui passe, et qui lui confirme qu’elle a raison.
Je sens venir le moment où je vais moi-même appeler le greffe corr depuis mon portable ; en priant pour qu’ils ne soient pas déjà rentrés chez eux, parce qu’il est 16 heures 05.
Et c’est là qu’arrive une troisième collègue, qui lui dit, que j’ai raison…
Finalement, elle fait la procédure, non sans me dire qu’il faut être tolérant avec elle parce qu’elle débarque d’un autre service.
Mais je lui dis quand même qu’elle m’a refusé de prendre mon appel, et que cela aurait pu avoir des conséquences hyper graves, si je n’avais pas insisté.
Et elle insiste, en me disant qu’elle n’a pas refusé, puisqu’elle me l’a quand même pris.
Sauf que c’est juste parce que je suis un sale con que je ne suis pas parti, alors qu’elle m’avait mis trois fois dehors, gentiment mais quand même, elle m’avait montré la sortie.
Sur ce, je me suis permis de lui conseiller, en pareil cas, de quand même prendre les appels, et puis elle se décharge ensuite sur la Cour d’appel qui fera le tri après, et écartera si c’est irrecevable.
Et quand je partais, il y a une de ses collègues qui lui explique qui je suis.
Il faut bien dire que le SAUJ me voit presque toutes les semaines…

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