À côté de la très grande masse de soutiens que je reçois, y compris toujours plusieurs jours après les faits ; et j’y suis très sensible et très reconnaissant, il est toujours intéressant d’observer quatre autres types de réactions, quand bien même elles restent très largement marginales.
Et dans mon cas, je suis prévenu d’un délit qui n’est pas le plus durement réprimé. Donc qu’est-ce que cela doit être pour les personnes accusés de crimes ?
1°) Les gens qui te parlent, mais qui te font comprendre qu’ils ne vont quand même pas trop te parler, au cas où leur trop grande proximité, les rendrait complices ou coupables du délit qui t’es reproché.
2°) Les gens qui ont spontanément besoin de t’écrire qu’ils prennent leur distance, en te rappelant qu’ils ne te connaissent pas si bien que cela, qu’ils ne partagent pas beaucoup de tes idées et qu’à la limite, ils ne savent pas trop pourquoi ils te fréquentaient jusque-là…
Tu te demanderais presque comment ils ont eu tes coordonnées puisqu’ils ne te connaissaient pas…
Comme si ce reniement, qui ne vaut que pour leur conscience, allait changer quoi que ce soit à ce qui a été vécu précédemment et n’a aucun rapport avec les faits…
3°) Les gens qui m’écrivent que c’est bien fait pour ma gueule, parce que je suis un connard et que je n’ai que ce que je mérite. Tu sens, davantage qu’ils jouissent de ma situation, qu’ils ont en plus ce besoin de m’éjaculer facialement leur mépris. Ils tirent sur les pneus de l’ambulance, tout en te faisant bien comprendre qu’ils pourraient viser plus haut, alors que le résultat est pourtant le même…
À ces gens qui connaissent pourtant que je suis rancunier, je ne dirais qu’une seule chose : la roue tourne !
4°) Les gens du « oui mais… » qui portent en eux l’incohérence de ne pas assumer ou défendre leur oui. Du genre, je suis pour la liberté d’expression la plus totale, mais bon Charlie, ils l’ont quand même cherché car ils n’avaient quand même qu’à pas publier des caricatures.
Et là, toutes choses étant égales par ailleurs, c’est la même chose : je ne suis pas pour que les politiques se censurent mais dans les moments d’union nationale, il ne faudrait quand même pas avoir d’expression discordante…
Peu importe aussi qu’en droit, ce que j’ai pu faire ne corresponde pas à l’infraction reprochée, et qu’il n’y ait jamais eu d’intention, ils pensent quand même au fond d’eux, alors qu’ils n’ont jamais fait de droit, que je suis quand même coupable, par rapport à la personne du maire et à l’emballement de la justice.
Tous ces comportements humains sont intéressants à observer sociologiquement.

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