Trop souvent dans les séries, les premières saisons sont les meilleures, puis le niveau va en diminuant. Là, je n’avais pas beaucoup apprécié la saison 2 ; et pourtant, je trouve la saison 3 bien meilleure, en ce qu’elle retrouve quelque chose de la fraîcheur et de l’ADN de la première saison, dont elle porte aussi moins le prosélytisme europhile.
Voire à la limite, c’est peut-être même la saison que j’ai le plus appréciée car elle est la plus critique, objectivement, des difficultés de fonctionnement de l’Union européenne. Elle est aussi beaucoup plus politique et pose certaines questions, comme l’euro, projet politique ou instrument de stabilité ?
Même s’il y a toujours le sous-jacent qu’on ne peut pas vivre sans l’Europe, et puis les 30 secondes au début de chaque épisode, pour nous intimer de regarder en version originale…
Ce qui est intéressant est qu’on sort ici du Parlement pour découvrir le rôle de la Commission européenne ou la comitologie, et puis surtout qu’on arrête avec les histoires sentimentales.
Les nouveaux personnages sont plutôt intéressants, peut-être un poil trop caricaturaux, que ce soit l’assistante parlementaire aux dents longues, Zeineb, ou le parlementaire allemand qui veut devenir président du Parlement, ou même encore la journaliste politique polonaise.
Le personnage du Super européen montre aussi la limite des réseaux sociaux et de la démocratie directe, prise dans une acception vraiment directe.
Par contre, le sort réservé aux anciens personnages est assez mélancolique, que ce soit Eamon ou Michel.
La fin d’ailleurs, est un peu spéciale, un peu triste, un peu trop conventionnelle. On espère plus, ou autre chose, et on est déçu…
Enfin, on (re)découvre sinon quelques concepts, qui donnent à réfléchir comme le déni plausible, le théorème du bocal à cornichons, l’organisation wéberienne de la bureaucratie…
Et puis, l’humour est plus présent et plus fin ; il y a notamment de ces expressions, certaines européennes retraduites en français :
- Est-ce que le pape est catholique ?
- Il a plus perdu ses nerfs que ses clés de bagnole.
- À nos côtés, elle finira bien par perdre ses réflexes politiques et trouver le sens de notre institution.
- Qu’est-ce que vous faîtes ? Je contourne votre ego.
Il y a une scène qui donne à réfléchir plusieurs semaines après, sur la création de billets de 1 euro, pour faire comme avec les dollars, et donner l’illusion d’être riche parce qu’on matérialise cet argent.
Je termine par une autre expression inspirante, qui guide en fait déjà ma vie (et mes plaintes et recours) :
- « L’important, ce n’est pas d’être optimiste ou pessimiste, c’est d’être déterminé à faire ce qu’on pense devoir faire, quoi qu’il arrive, en sachant que, peut-être, cela ne donnera rien. Mais, peut-être que cela donnera quelque chose. » (Jean MONNET)
À revoir en replay sur FranceTV
https://www.france.tv/series-et-fictions/series-comedies/parlement/


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