Au préalable de cet article, je voudrais préciser trois éléments :
1°) L’association Anticor, que j’ai déjà sollicitée pour mes combats juridiques sur Savigny, n’a jamais témoigné du moindre intérêt pour mes procédures. Je n’ai pas de passif avec cette association mais je rejoins plutôt l’idée qu’elle est intéressée, dans le sens où elle ne s’engage surtout et très essentiellement que pour des grosses affaires, dont l’issue fait peu de doutes, et contre des personnalités médiatiques.
2°) C’est la même chambre du tribunal administratif de Paris qui a fait condamner par deux fois le ministère de l’Intérieur et la préfecture de police, relativement au fichage dont je fais l’objet. Je peux difficilement les accuser d’être à la botte de l’État ; d’autant qu’en France, il y a théoriquement une séparation des pouvoirs, même si elle est plus fine au niveau de la justice administrative.
3°) Le retrait de cet agrément n’empêche pas Anticor de continuer son travail d’alerte. Toutefois, l’association devra désormais prouver son intérêt à agir, lequel était jusque-là, et justement grâce à cet agrément, présumé.
Sur ce, je pense malheureusement que l’agrément d’Anticor (qui leur permet de se constituer partie civile sans devoir justifier d’un intérêt à agir, contre des délits financiers), devait leur être retiré, pour des raisons de droit ; et que contrairement à ce que soutient l’association, les procédures initiées par elle, ne seront pas perdues, même si elle ne pourra plus agir dedans.
Ce que je veux vraiment écrire, c’est qu’on ne peut pas jouer les chevaliers blancs de la démocratie si l’on est pas totalement transparent.
Et à mon niveau, je pense que je suis encore cohérent sur ce sujet ; et que je fais la preuve de la transparence que j’exige des autres.
Donc c’est une procédure de juin 2021, certes par vengeance ; mais cela peut aussi s’entendre, de la part de l’ancien vérificateur des comptes de l’association et membre du comité d’éthique, qui a signalé des dysfonctionnements, qui s’est fait foutre dehors, qui fait maintenant l’objet d’une plainte pour dénonciation calomnieuse, et qui a dit au Tribunal, qu’il faudrait peut-être arrêter d’agréer cette association.
Le Tribunal relève (considérant 7) que les signalements sont fondés, qu’il n’y a pas de transparence sur les dons, qu’il n’y a pas de procédure d’information des membres du conseil d’adminstration et que ceux-ci ne sont effectivement pas informés ; et qu’il n’y a pas de commissaire aux comptes (facultatif) pour vérifier les comptes de l’association.
Par ailleurs, le Tribunal juge (considérant 11) qu’à partir du moment où l’action publique a valablement été déclenchée, la procédure devrait normalement se dérouler ; et qu’il existe deux autres associations agrées, susceptibles de prendre le relais sur ces procédures.
En conclusion, je ne vois pas la main de MACRON derrière ce retrait d’agrément, dont on ne peut cependant pas imaginer qu’il ne l’arrange pas. Mais je pense vraiment au concours de circonstances malheureux, le jour où l’on apprend la clôture d’investigation de l’affaire KÖHLER, dont on ne connaît d’ailleurs pas le contenu desdites investigations.
J’entends aussi que l’on reproche à la Première ministre et au ministre de l’Intérieur de ne pas avoir plus défendu. Mais les problèmes d’administration d’Anticor sont de la responsabilité de cette association, et surtout, sont indéfendables.
Enfin, je milite réellement pour que les associations de transparence soient totalement transparentes ; et je comprends aussi que dans le même temps, noyé dans leur combat, elles puissent avoir l’impression de l’être, alors qu’elles ne le sont pas. Et les interventions de Raquel GARRIDO au soutien de l’association, ou l’engagement politique d’Éric ALT, n’aident pas à donner cette image désintéressée…
Vous pouvez lire ici le jugement du Tribunal administratif de Paris.
Cliquer pour accéder à 2111821.anon_compl.pdf


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