Le Morsaintois Jean LAISSUS, que je retrouvais aussi fidèlement tous les ans à l’abbaye de La-Pierre-qui-Vire, nous a quittés la semaine dernière à l’âge de 87 ans.
Je pense bien à Micheline et à l’ensemble de sa famille.
Je veux lui rendre hommage pour son œuvre de la brocante paroissiale de Savigny, qui est certainement l’un des plus beaux visages d’Église qu’il m’ait été donné de voir, en tout cas localement.
La brocante, créée en 1981 sur la Place Davout, puis qui s’est rabattue dans la maison paroissiale, ce sont des gens majoritairement non chrétiens, qui dans un lieu chrétien, vendent à d’autres non-chrétiens, pour financer les chrétiens.
Et c’est monté jusqu’à 15 % des recettes de la paroisse !
Quand elle avait commencé à prendre de l’ampleur, MARSAUDON (le maire de l’époque) était allé voir Jean, et lui avait dit qu’il ne voudrait pas interdire, mais que quand même il était gêné, parce que cela faisait concurrence aux commerçants du marché Davout…
Et Jean, qui ne s’était pas démonté, lui avait répondu malicieusement que Monsieur le Maire de Savigny ne voudrait quand même pas que les chrétiens de Savigny puissent penser que le maire n’aime pas les activités des chrétiens, et qu’ils en parlent entre eux…
Et MARSAUDON, dont c’était le premier mandat, et qui n’était pas passé de grand chose, les avait laissés tranquille. Tout s’était ensuite apaisé quand la brocante s’était installée à la maison Bonne Nouvelle.
Avec son départ, Jean ne verra pas le sabotage de son œuvre par les responsables d’Église locaux.
Tous ces gens qui sont chefs de quelque chose, mais qui ne font rien et qu’on ne voit jamais.
En Église, vous avez désormais plus de chefs que d’ouvriers…
Le pape a beau leur avoir dit de sortir des sacristies et d’aller aux périphéries, ils ne comprennent désespérément rien. Ils ne veulent rester qu’entre eux et attendre qu’on vienne les voir.
Aujourd’hui, le grand crime de la brocante est qu’elle soit sous la responsabilité d’un non-chrétien.
Et alors, cela rend malade nos prêtres et nos bons chrétiens, intolérants au possible.
Mais qui ne crachent quand même pas sur l’argent que rapportait cette brocante…
Et ils veulent absolument placer un chrétien aux manettes… Donc quelqu’un qui ne participe actuellement pas, puisque aucun des chrétiens présents ne souhaite reprendre, et dont on peut douter qu’il y connaisse quelque chose.
Alors qu’il faut voir comment les chrétiens gèrent leurs finances et leur patrimoine, et comment on a bradé le presbytère de saint-Martin, qui nous appartenait, pour nous retrouver à devoir louer quelque chose dans la rue Charles-Rossignol…
Ils n’en ont rien à faire de la brocante. Ils n’y viennent pas. Ils ne cherchent même pas à la renforcer, ni même à l’encourager. Ils veulent juste montrer qu’ils ont du pouvoir. C’est du sabotage et cela m’écœure.
Cher Jean, je vous remercie pour cette initiative de la brocante, et tout ce qu’elle a suscitée, à commencer par la communauté des amis qui animaient ce lieu.
Toutes ces heures de travail n’auront pas été vaines, et elles auront participé à l’évangélisation de notre temps.
Elles ont généré des rencontres, créé du lien, témoigné de la présence du Christ, ici à Savigny.
Merci pour votre amitié et pour tous ces bons moments passés ensemble, pendant ces treize ans de premier samedi du mois.
Je repense surtout à tous ces temps festifs et joyeux vécus après l’effort des rangements : les repas, les galettes, les apéritifs.
Je rends grâce pour cette œuvre magnifique qu’est la brocante ; pour tout ce qu’elle a permis, et qu’elle permet encore. C’est un lieu précieux.
Même si je me demande pour combien de temps ?
Dans le malheur de votre rappel à Dieu, au moins, vous ne verrez pas le sort funeste qu’on lui prépare…


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