Quelques réflexions.
En tant que profession libérale et travailleur indépendant, m’accomplissant dans des travaux purement intellectuels, je ne suis pas le plus légitime pour m’exprimer sur cette réforme.
Je n’irai personnellement pas manifester, mais je comprends ceux qui le font, et je les encourage à le faire (jusqu’à ce que je me retrouve bloqué dans les transports).
Ma manifestation à moi, organisée le 6 mai 2022, a été de voter LE PEN au second tour de la présidentielle 2022 pour faire barrage à ce projet revendiqué de MACRON.
Comme beaucoup, qui peuvent se le permettre, je contourne déjà le système en cotisant à un régime complémentaire par capitalisation.
Et aux termes d’un modèle économique qui n’est absolument pas viable, je cotise chaque année trois à quatre fois ce que je gagne ; sommes que j’avance par des apports personnels.
Tant que la tête fonctionnera, je réduirai certainement, mais je pense que je n’arrêterai jamais vraiment d’écrire ou d’essayer de « défendre » les personnes, et donc de faire de l’argent.
Et si je suis toujours en vie à ce moment-là, les dispositifs du cumul emploi-retraite me seront de toute façon favorables…
Avant tout, je pense qu’il faut remettre à plat le financement du modèle de retraite français, qui n’est pas sain en fonctionnant selon un modèle de pyramide de Ponzi ; lequel est utilisé pour justifier cette réforme.
Je ne trouve pas normal que ce soient les cotisations des actifs d’aujourd’hui qui paient les retraites de nos actuels pensionnaires.
Pour la simple raison que le jour où il n’y a plus d’actifs, ou le jour où les actifs ne veulent plus cotiser, je me retrouve « Gros-Jean comme devant » au moment de ma propre retraite, alors que j’aurais cotisé.
Je n’ai pas lu dans le détail tous les rapports du COR (le comité d’orientation des retraites), mais je n’y ai pas vu le même catastrophisme que le Gouvernement, qui justifierait une telle urgence d’agir.
Surtout, les prévisions économiques, déjà au-delà de 2027, davantage au-delà de 2035, ne reposent que sur des conjonctures. Qui aurait pu prévoir le Covid ?
Plus concrètement, la question de l’âge légal (64 au lieu de 62) est un problème marginal et minoritaire.
Non, le débat porte davantage sur le nombre d’annuités (43), qui fait qu’une personne qui commence à travailler à 28 ans, ne peut pas partir avant 71 ans !
Je ne suis pas dérangé que des gens qui ont commencé de travailler avant 20 ans, et parmi eux, certains qui ont exercé des métiers pénibles, puissent partir beaucoup plus tôt, y compris avant 60 ans.
Je ne serai pas non plus choqué qu’on rétablisse les critères de pénibilité supprimés par MACRON en 2019.
Je trouve sinon que les régimes spéciaux, dont je profiterai si je deviens avocat, et dont je profite finalement déjà en tant qu’indépendant, ne sont ni abusés ni abusifs, même s’ils comportent aussi des abus qu’il faudrait aussi relativiser et corriger.
Seulement, à partir du moment où l’on demande un effort collectif, je trouverais aussi normal que les retraites actuelles soient ponctionnées, évidemment proportionnellement, pour ne pas trop toucher aux petites retraites.
En conclusion, changer le régime des retraites, oui, mais avec des dispositions temporaires et transitoires, à réadapter régulièrement en fonction de la situation économique, donc pas comme le veut MACRON.



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