Aux vœux de ma paroisse : le grand projet de l’année 2023 (je veux dire à part la création d’un schéma directeur immobilier, pour mieux brader le patrimoine et d’un conseil pastoral de secteur dont le prêtre a déjà annoncé qu’il ne déciderait de rien) est d’organiser des séances de chapelet pour les jeunes de 6e.
Alors, que dit l’Église du chapelet ? Les papes Jean-Paul II et François en disent beaucoup de bien. Sauf que moi, mon Christ m’a dit de prendre la prière du « Notre Père » quand je veux prier… Donc déjà, je ne suis pas certain de la pertinence spirituelle et théologique d’une telle prière ainsi réclamée des enfants.
On peut ensuite s’interroger si cela correspond à une demande des enfants ; et la réponse est négative. Ce sont des animateurs, qui tout en voulant bien faire, répercutent leurs dévotions personnelles sur les enfants qui leur sont confiés. Je pense qu’on est sur une dérive du ministère de catéchiste ou d’animateur.
Ensuite, qu’est-ce que le chapelet pour les enfants ? Sinon, une grande et longue prière récitative, qui nécessite une expérience de foi que ne peuvent pas avoir maturée des enfants de 11-12 ans. Je crains qu’on ne dégoûte, sinon qu’on ennuie les jeunes, en utilisant cette porte d’entrée vers le Christ.
Enfin, n’y a-t-il rien d’autre, de plus vivifiant, à faire avec les jeunes à l’aumônerie qu’une prière, éminemment personnelle et égoïste, qui ramène voire réduit la relation à Dieu à un dialogue personnel qui reste excluant, quoiqu’on veuille prier ensemble et pour les autres.
N’existe-t-il pas d’autres formes de prières, plus adaptées pour les enfants, qui vivent encore à travers la foi de leurs parents et de leurs accompagnateurs ?
Bref, qu’il y ait une fois dans l’année, une proposition de chapelet, pour expliquer ce que c’est, et ce que cela apporte à ceux qui le prient (si tant est qu’ils aient une réponse), oui. Mais pas qu’on l’érige une habitude, qui ne peut pas faire sens auprès des enfants, déjà parce que ce n’est pas la place et le rôle d’une aumônerie.
Il y a un problème qu’on est de moins en moins nombreux, et que ce n’est pas en proposant cela, qu’on sera davantage. Au contraire, je pense que c’est plutôt une pratique qui fera fuir.
Il est un autre problème que les gens qui restent aujourd’hui sont très friands de ce genre de dévotions, que je souhaite n’être que d’initiatives personnelles, et pas imposées régulièrement aux enfants.

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