À quelques jours de la clôture des vœux sur Parcoursup (la plateforme numérique d’inscription après le bac dans les écoles et universités), j’ai reçu un message d’un jeune lycéen qui me demandait des conseils pour devenir journaliste.
Lol, à moi qui ne vit pas de journalisme mais de droit et de soutien scolaire…
Voilà néanmoins ce que j’ai pu lui dire :
Le plus important est sa motivation car le secteur est hyper concurrentiel avec de plus en plus d’étudiants diplômés chaque année pour de moins en moins de place.
L’étudiant peut être très bon à l’école de journalisme et cumuler les diplômes, mais si son projet professionnel n’est pas clairement défini, plutôt s’il ne sait pas où il veut se faire embaucher et qu’il n’a pas déjà commencé à tâter le terrain, il ne trouvera pas de travail à la sortie et il galérera.
S’il veut être journaliste, il ne réussira pas. S’il est prêt à tuer père et mère, à ne pas avoir de vie de famille et à renoncer à toute morale, il peut s’en sortir.
L’idéal est de se faire le spécialiste d’un sujet, en espérant qu’il surgisse soudainement dans l’actualité pour être invité partout. Il faut donc penser utile, en se projetant sur les évolutions des prochaines décennies.
Avoir un site internet également et des réseaux sociaux professionnels, pour montrer ce dont on est capable, et donner une première impression favorable.
Le journalisme fonctionne en réseau. C’est parce qu’il va faire de bons stages, trouvés grâce au réseau, qu’il sera embauché à la sortie. Il faut donc travailler le réseau en contactant les journalistes connus, par rapport à leurs articles, et en se faisant repérer par eux. Hors du réseau naturel, ou du réseau que l’on se fait, point de salut. Essayer d’ailleurs de faire réseau avec les camarades de sa promotion est toujours utile.
Les journalistes retraités sont complètement déconnectés parce qu’ils ont connu une autre époque où les rédactions embauchaient facilement et où la pige payait, ce qui n’est plus le cas. Ne pas les écouter.
Il faut absolument viser une des 12 écoles reconnues par la profession, peu importe qu’elle soit ou pas à Paris, car les étudiants sortant des autres sont tous méprisés.
Les écoles de journalisme sont privées et coûtent au minimum 6 000 euros par an pendant 3 ans. Les formations universitaires sont complètement méprisées.
Il est bien vu de faire entre 4 et 5 années d’études de journalisme pour avoir un Master. Pas moins et plus ne sert à rien.
95 % des gens qui étaient à l’école de journalisme avec moi se sont reconvertis.
Ceux qui ont réussi à percer se comptent sur les doigts d’une seule main, sur une promotion de 90.
Le journalisme fait partie des milieux dans lesquels la promotion canapé est pratiquée, voire encouragée. Le fameux « baiser utile ».
Mais est-ce bien la peine de faire une école de journalisme si c’est pour finalement ne pas en vivre ?


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