Sujet ultra-sensible qui ne devrait pas manquer de me faire taxer d’antisémitisme et de négationnisme. Toutefois, je n’ai pas l’impression qu’on ait bien conscience des messages qui sont insidieusement véhiculés dans le texte de cette stèle… Je précise que pour moi, il y aurait eu plus de sens à ce qu’on rembourse la valeur des terrains aux héritiers, et pour la mémoire, qu’on pose une plaque là où les époux possédaient leurs biens.
Commençons par poser les faits : l’État français déporte des personnes parce que nées juives. La Commune les spolie en récupérant postérieurement leurs biens immobiliers parce que c’est la loi. Le maire reconnaît la responsabilité de la Commune. On renomme un square et on érige une stèle. Et hop, ce serait réparé, et les victimes et leurs descendants seraient considérés comme indemnisés… Il y a là une confusion, ou un relativisme particulièrement inquiétants…
Comme si on mettait sur le même plan des éléments incomparables : des vies humaines, la mémoire de vies humaines et des biens matériels. Rien ne pourra jamais rembourser le prix de deux vies humaines. Et évidemment que la Commune n’a pas envie de rembourser le prix des terrains, ce qui serait tout autant scandaleux, surtout s’il n’y avait pas de travail de mémoire en parallèle. Mais on ne répare pas, ou plutôt, on ne répare rien avec de la mémoire !
On nous parle abusivement de « devoir de mémoire », qui davantage qu’une obligation morale est plutôt une nécessité civique, au même titre que celle de connaître son Histoire pour s’éviter de réitérer les erreurs du passé. Mais quelle est cette mémoire, qui serait essentiellement motivée par un désir de réparation ? Est-ce qu’on se souvient des gens disparus, ou de la manière dont ces gens ont disparu ? Auquel cas c’est en fait davantage de la repentance.
Je trouve personnellement qu’on ne répare rien du tout avec cette stèle, qui nous permet cependant de ne pas oublier. Et donc que le message véhiculé est particulièrement gênant, surtout dans la deuxième partie, parce qu’on ne fait pas mémoire des époux KOENIGSWEIN pour qui ils ont été, mais pour réparer la faute de la Commune de Savigny-sur-Orge, qui à son corps défendant, n’a fait qu’appliquer la loi, sans toutefois faire montre de beaucoup de vigilance.
Je termine en notant que le maire de Savigny réussit à foutre son nom sur la stèle, non sans s’auto-mentionner par deux fois. Enfin, le témoignage de la famille indiquait qu’ils savaient peu de choses de la vie en Pologne. Comment sait-on donc que c’est l’antisémitisme qui a chassé les époux KOENIGSWEIN de Pologne dans les années 1920, ni même quelles étaient leurs motivations pour venir en France ? Je m’interroge là sur la rigueur scientifique du rédacteur.


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