Un maire est mort ce lundi 05 août 2019.
Possiblement assassiné par deux ouvriers mécontentements que l’édile leur ait demandé de rembarquer les gravats qu’ils étaient en train d’abandonner au bord d’une route.
Au moment de repartir avec leur fourgon tôlé, ils auraient fait une manœuvre pour reculer leur fourgon, et ont heurté l’élu de 76 ans, qui se trouvait dans leur angle mort, et n’a pas survécu.
Depuis, les réactions hypocrites ne cessent de s’enchaîner.
De MACRON qui ne peut d’ordinaire pas voir les maires élus depuis plus de trois mandats, à l’exception de quelques uns de ses copains, pourtant élus depuis le siècle dernier, comme COLLOMB. Le président aime tellement les maires qu’il continue de diminuer les dotations des communes, mais aussi de créer des intercommunalités, et d’y transférer les dernières compétences des maires. Il leur est juste reconnaissant de lui avoir sauvé son Grand débat.
À tous les autres élus, qui tout à coup se sentent solidaires de leur « collègue » de l’autre bout de la France, alors qu’à cause de l’intercommunalité, ils ne peuvent déjà pas voir le maire d’à côté.
Et puis, vous deux types de réactions :
- cela aurait pu être moi. À six cents kilomètres près.
- je risque ma vie tous les jours. Surtout quand je reste planqué dans ma tour d’ivoire.
Et de là, de longues déblatérations et complaintes qu’il faut être gentil avec son maire, parce qu’il est bénévole, et que ce n’est pas facile, et que les gens sont méchants, et qu’il ne faut pas dire quand il fait quelque chose de mal.
Dès lors, plusieurs réflexions.
Un maire est certes bénévole, quoique indemnisé, mais personne n’a forcé personne à être maire. C’est d’ailleurs tellement compliqué avec la campagne, les comptes, l’élection… Que les maires qui se plaignent, et qui veulent nous apitoyer, démissionnent. Il se trouvera toujours quelqu’un, peut-être moins compétent qu’eux, pour faire leur travail.
Un maire moralisateur se doit d’être irréprochable. Puisque TRUMP libère la parole raciste, un maire qui enfreint ouvertement la loi encourage ses administrés à le faire aussi. Je ne sais pas si Jean-Mathieu MICHEL était parfait. Mais avant de critiquer les dépôts sauvages, que nos élus regardent aussi leurs propres dépôts sauvages.
Oui, les électeurs sont clientélistes, et veulent tous deux ralentisseurs avant et après leur maison, et même que si le maire refuse, alors non seulement, le râleur ne votera plus pour lui, mais il dira en plus à tous ses amis de ne pas le faire. Comme des parents avec des enfants, il appartient au seul maire de fixer des limites, et de ne pas commencer avec ses copains.
Un maire doit pouvoir être critiqué. Cela s’appelle la démocratie. Personne n’est à l’abri de faire une connerie. Sauf que dans le cas d’une mairie, c’est fait avec de l’argent public par des personnes rémunérées avec de l’argent public. Est-ce se rendre service que de taire des dysfonctionnements qui pourraient cesser, voire être corrigés.
Ce n’est pas facile d’être maire. Mais à quoi servent alors tous les personnels, les formations, les différentes sociétés de conseil et d’expertise ? Un maire qui veut est capable d’apprendre et de comprendre, parce qu’il reste possible de lui expliquer. Mais c’est aussi plus facile de se plaindre, et de se survendre, parce qu’on fait quelque chose de difficile !
En conclusion, je trouve cette solidarité de circonstance assez déplacée.
Dans la période électorale, nos maires ont là un prétexte idéal pour communiquer et se faire plaindre, en jouant sur un phénomène d’identification assez malsain.
C’est tout le problème de la politique contemporaine, et qui s’est vue avec l’élection de MACRON : on nous fait voter par et pour l’émotion, plutôt que par et pour la raison et les convictions. Et le pire dans tout cela, est que ça trompera bien les petites gens…

Laisser un commentaire