Nous avons appris cette semaine le décès du journaliste d’investigation Pierre PÉAN.
Pour autant ; et au milieu de tous les grands scandales, comme celui des diamants de BOKASSA, dont la vérité ne peut que lui être reconnaissante de les avoir publiés, il y en a un qui me dérange sur la forme, qui est celui de la révélation du passé vichyste de MITTERRAND.
Bien sûr, aux yeux de la très large majorité de la population française, c’est ce livre qui apprendra que MITTERRAND fut d’abord un collabo, qui soi disant ne savait pas ce que faisait Vichy, avant de devenir le fameux résistant MORLAND. Et de rappeler que la francisque était une décoration, obtenue par MITTERRAND, qui ne s’obtenait que sur demande personnelle !
Sauf que ce livre a d’abord été écrit en « collaboration » (décidément) avec MITTERRAND, qui avait certainement besoin de libérer sa conscience, à un moment où l’émotion de son cancer faisait que plus aucune révélation n’atteindrait à sa popularité. Il se savait mourir, et avait définitivement renoncé à se représenter. Il ne perdait plus rien à livrer sa vérité.
Ensuite, que beaucoup de politiques et de médias savaient, mais que nous étions alors à une époque, à la fois très lointaine et très proche de celle qui a vu DE RUGY démissionner pour des faits qui sont partiellement à relativiser (un ministre, qui lorsqu’il ramène l’ordinaire à la maison, goinfre ses invités de homards et de grands crus, n’a pas besoin d’un dressing à 17 000 euros – il peut aussi laisser ses fringues chez lui, et il est d’ailleurs étonnant qu’il en ait autant pour un écolo).
On pourrait bien sûr parler de la sombre affaire du pamphlet de Jean-Edern HALLIER, L’Honneur perdu de François Mitterrand, écrit en 1982 mais qui avait ensuite mystérieusement disparu…
Mais HALLIER n’était qu’un de ceux qui savaient, et GISCARD savait, mais dit aujourd’hui qu’il n’a jamais voulu s’en servir, bien qu’il en ait été tenté ; et LE PEN, quand on relit ses interventions, y fait des allusions. Et le Canard enchainé en 1980 y fait aussi indirectement référence lorsqu’il parle de PAPON. Et ils sont nombreux dans ce cas, qui savaient d’ailleurs aussi pour Mazarine, et d’autres secrets d’alcôve du président socialiste.
En 2019, on se rend compte que tout le monde savait dans le milieu politique et médiatique, mais que personne ne voulait le rendre public, pour ne pas toucher à la figure du président. Et moi, qui ai 27 ans, j’avoue ne pas comprendre pas ce « respect » de la fonction présidentielle.
Mais en même temps, je ne comprends déjà pas qu’un homme qui ait mis en scène un faux-attentat contre lui, ait pu rebondir, et ensuite être élu président. Je me dis qu’aujourd’hui, ce ne serait plus possible, et que c’est un progrès démocratique !
En tant que journaliste, je garde donc une profonde admiration pour Pierre PÉAN, et pour toutes ses révélations. Mais pas pour « Une jeunesse française », que j’ai lu à 16 ou 17 ans, et qui est un incontournable de la culture politique et journalistique française, mais qui n’est que le récit, globalement conforme, de ce que le Prince a bien voulu révéler.


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