Ainsi donc, il y aura deux listes de gilets jaunes aux élections européennes.
Deux listes divisées, et de toute façon, absolument pas représentatives du mouvement, tellement il s’est diversifié au fil des mois.
Deux listes qui obtiendront un maximum cumulé de 2 % des voix, au vu des différentes enquêtes opinions, et donc aucun élu et la perte de tous leurs frais de campagne.
Deux listes qui permettront à MACRON de dire que les Français ne soutiennent pas ce mouvement, et qui finiront, en attendant l’été, d’épuiser les soutiens à ce collectif de plus en plus violent, et de moins en moins nombreux.
Mais qu’est-ce que les gilets jaunes sont allés faire dans cette galère ?
Ils ont des revendications nationales, que l’Europe ne peut pas réellement imposer à la France, et que les autres pays n’ont globalement pas envie d’appliquer ?
Au mieux, ils pouvaient espérer une poignée d’élus, qui dans une assemblée de 751 personnes, ne pouvaient rien obtenir seul, sans rejoindre un groupe.
Est-ce qu’ils se rendent compte qu’ils font le jeu de MACRON, qui même s’il n’arrivait pas en tête ; et les gilets jaunes ont aussi été encouragés pour empêcher le Rassemblement national d’arriver en tête, serait toujours plus légitime qu’eux, car plus populaire en voix ?
Il n’y a pas un commentateur pour ne pas souligner la longévité du mouvement.
Or, celui-ci entre désormais dans sa dernière phase, parce que les derniers modérés ont fini par quitter le navire, soit parce qu’ils sont épuisés, soit parce qu’ils ont partiellement obtenu satisfaction avec les milliards claqués par MACRON, soit parce qu’ils en ont assez de cette violence.
Et la majorité des Français est elle-aussi légaliste et attachée à l’ordre. Les gens se sont résignés à ce qu’il existe des inégalités, et pour peu qu’il y ait quelques miettes lâchées, alors ils sont apaisés jusqu’à la prochaine grosse injustice qui les remettra dans la rue…
Il est intéressant d’observer la radicalisation des 30 000 qui restent.
Ils disent qu’ils n’ont plus rien à perdre, que cela ne pourra pas être pire. Ils acceptent la violence, qu’ils érigent comme seule réponse d’un pouvoir qui ne les écoute pas.
C’est également la première fois qu’une telle opposition prend cette forme, même si les mouvements révolutionnaires obtenaient encore des scores électoraux de 10 % en 2002.
S’ils finissent par rentrer chez eux, aucun doute qu’ils ne vont rien oublier ni rien pardonner, et qu’ils redescendront au premier soubresaut.
Ainsi, les gilets jaunes font une erreur de vouloir porter le combat sur un terrain qui leur est défavorable, tant au niveau médiatique (mais ils ont tellement craché sur les médias), qu’au niveau économique. Mais ont-ils été aidés à commettre cette erreur ?
Il aurait certainement été plus malin d’appeler à s’abstenir ou à voter blanc, et à récolter les fruits d’un phénomène progressif, qui n’est pas de leur fait. Car nul doute qu’il y aura encore plus d’abstentions en 2019, vu que la campagne ne porte même pas sur l’Europe.
Je pense que le double-coup : large défaite aux européennes puis vacances d’été devrait être fatal pour les gilets jaunes, sous leur forme actuelle. La question est désormais de savoir comment va se traduire la colère de tous ceux qui restent, et qui ne seront jamais satisfaits.

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