Au travers de ce titre qui ne veut littéralement rien dire, je voudrais dénoncer toutes les atteintes à la démocratie qui se jouent dans la mise en œuvre de la sortie du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande-du-Nord de l’Union européenne (UE) : c’est le Brexit.
Quelque soit notre avis sur le Brexit, les Britanniques ont choisi à 51,9 % de sortir de l’UE à l’issue d’un référendum organisé en 2016 (et qui a été organisé justement parce qu’on pensait qu’il était imperdable, comme on pensait que TRUMP ne pourrait pas gagner).
Et la première chose étonnante à constater est que la plupart de leurs politiques brexiteurs ont soudainement pris leur retraite après le référendum gagné, comme si leur travail s’arrêtait là… Même si c’est très moche, car ils tentent de revenir en 2019, comme Nigel FARAGE !
Certes, les britanniques ont donc été globalement trompés par les politiques qui ont fait campagne pour le Brexit.
Ces derniers leur racontaient par exemple qu’au lieu de donner 13 milliards € par an à l’Europe, laquelle leur en rendait ensuite 7, ils utiliseraient directement cet argent, notamment ces 6 milliards de différence pour récupérer toutes les erreurs de l’ère THATCHER, et investir dans la santé et les transports, qui fonctionnent encore plus mal qu’en France.
Et évidemment que cet argument a parlé à tous les perdants de la mondialisation, désormais limités dans leur production, sinon concurrencés par les pays de l’Est, qui n’attendaient que cela pour pouvoir reprendre leur vie d’avant, mépriser les quotas de pêche, et venir pleurer parce qu’il n’y a plus de poissons et qu’ils doivent aller pêcher plus loin (par exemple).
Mais il ne faut pas commettre l’erreur de croire que ce ne sont que des ploucs illettrés qui ont choisi la sortie. Il y a eu une adhésion d’une partie des milieux économiques ultra-libéraux pour qui l’UE en était arrivé au point de faire obstacle à leurs affaires.
Au pays créateur du libéralisme économique, le Royaume-Uni a très bien compris comment user de la théorie des avantages comparatifs pour casser les prix de certains produits, ou leur appliquer le plus faible de taux de taxation, et ainsi redevenir concurrentiel sur certains produits à tel point que cela leur permettrait de céder complètement sur d’autres. Ce qui est un peu emmerdant quand tu deviens complètement dépendant au niveau des médicaments…
Et comme l’Union européenne n’a pas vraiment envie que cela se produise, pas plus que les politiques britanniques n’ont pas envie que le marché finisse de prendre le pas sur tout le reste, on a inventé des degrés de Brexit. Et on fait d’un Brexit dur un épouvantail effrayant, et on insiste sur la potentialité de guerre civile entre les deux Irlandes à cause de la re-création d’une frontière, et on vend aux gens un Brexit à conditions, dans lequel les Britanniques conservent les avantages de l’UE sans en avoir les inconvénients. Déjà qu’ils ne contribuaient qu’à hauteur de 13 milliards € à la suite d’un accord négocié en 1984…
Étonnamment, MACRON est le seul à avoir gueulé contre cela ; lui qui se rêvait en héraut de l’Union européenne, se retrouve finalement bien seul…
Et c’est donc un accord qui se veut gagnant-gagnant qui a été proposé au Parlement britannique.
Rejeté une fois, deux fois, trois fois (le président de la Chambre des Communes avait pourtant rappelé qu’une loi interdisait cela), mais qui va quand même être présenté une quatrième fois aux votes des honorables députés britanniques, avec le chantage qu’ils devront sinon claquer 100 millions pour organiser les élections européennes.
Et pendant ce temps, les bonnes gens se réveillent. Aujourd’hui, ils ne voteraient plus pareil, ou ils iraient carrément voter, ou ils voudraient revoter à nouveau…
Et à côté, on en arrive à des aberrations du droit européen, qui te donne le droit d’enclencher une demande de sortie de l’UE, tout en pouvant la révoquer à tout instant, mais avec la possibilité de ne demander qu’une seule fois un délai pour t’organiser en vue de ton départ… (article 50 de la Constitution européenne et article 218 du traité sur le fonctionnement de l’UE).
Je ne repars pas faire l’histoire des référendums ratés d’adhésion à l’UE, qu’on a fait revoter jusqu’à ce que les citoyens votent bien (voir ce lien). Et je ne rappelle pas ce que les Français ont voté en 2005.
Et pendant ce temps, l’UE qui ne fait plus son boulot puisque la Commission européenne passe son temps à se réunir pour savoir ce qu’elle fait avec le Royaume-Uni, ou comment elle tient ou pas compte de ce pays, s’il sort ou ne sort pas de l’Union…
Je pressens que ça va finir que le Royaume-Uni va rester dans l’UE avec un statut encore plus particulier, et que la démocratie va donc en prendre un sacré coup.
Mais au vu de tout ce qui s’est passé en deux ans et demi, nous ne sommes plus à un écart, ou à une atteinte près…
Et on s’étonne ensuite que les citoyens choisissent des extrêmes anti-démocratiques, alors que les démocraties ne font plus le job…
Moi, je serai plutôt favorable à une sortie de la France de l’UE, parce qu’elle est irréformable, et qu’il faut revenir à de l’économique et du financier, sans toucher au politique.
Et donc j’aurais bien aimé que les Britanniques nous montrent comment ils s’en sortaient hors de l’UE, sans tomber dans le complot qu’on les empêche de sortir pour ne pas s’apercevoir qu’on vit très bien en dehors.
Bien sûr que cela aurait été plus dur, mais de la même manière qu’avec TRUMP aux États-Unis, cela n’aurait pas été la fin du monde… Et de rappeler que la Suisse et la Norvège vivent très bien hors de l’UE, et qu’elles n’ont pas besoin d’en être membres pour bénéficier de ses accords avantageux… À suivre !

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