Si tu dis que tu organises un salon du livre d’Histoire et que tu respectes l’intitulé de ta proposition, c’est pour faire de l’Histoire, et pas du roman historique.
Mais à Savigny-sur-Orge, où il n’y a vraisemblablement personne qui ait les capacités scientifiques nécessaires à distinguer ce qu’est l’Histoire, on fait de l’interprétation historique et du commentaire politique, qui tend même au révisionnisme !
J’ai donc écrit ce que j’en pensais au service Culturel et à l’adjointe à la Culture ; quand je pense que le Département paie pour cela, pour nous désinformer, et pour que des gens qui se prennent pour des historiens, livrent leurs interprétations personnelles très éloignées de leurs sources, aux fins de relayer leurs convictions politiques !
Je suis tellement en colère que j’en fais un article prochainement pour détailler toutes les bêtises que j’ai entendu aux deux dernières conférences de ce salon.
Et dans le public, personne n’avait l’esprit critique pour relativiser. Au contraire, ils avaient l’impression d’apprendre des vérités cachées. Triste ville…
Courriel envoyé à l’adjointe à la Culture et au service Culturel le 01er avril 2019
Bonjour,
Je vous écris en tant que titulaire d’une licence d’Histoire.
Ce que je retiens de mes trois années d’études à la Sorbonne, c’est la rigueur d’une démarche scientifique qui vise à comprendre le passé.
Un historien est un professionnel qui se limite à émettre des hypothèses à partir de sources, en quête d’une vérité, dont il ne pourra jamais s’assurer qu’elle est LA vérité.
Je ne vous fais pas le reproche de fuir une Histoire académique, généralement pénible à lire et donc peu accessible. Pas plus que je ne vous fais grief de valoriser une Histoire populaire, tant qu’elle reste scientifique, et ne sombre pas dans les excès du roman.
Néanmoins, j’ai été profondément dérangé par le contenu des deux dernières conférences proposées lors de cette quatrième édition du salon du livre d’Histoire.
Tout d’abord, je suis un peu surpris de votre choix de Charles ZORGBIBE, qui n’est pas historien de formation, en tant que parrain de cette édition.
Et effectivement sa méthode scientifique est plus que discutable : non, on ne peut pas affirmer que le président ROOSEVELT était pétainiste et vichyste simplement parce qu’il appréciait personnellement le maréchal PÉTAIN.
Et davantage que de l’Histoire, M. ZORGBIBE nous a proposé, au travers de son essai, une relecture politique orientée de faits historiques, possiblement pas sans une certaine arrière pensée…
Mais j’ai été vraiment choqué par les propos complotistes, révisionnistes voire négationnistes tenus par Mme Héléna PERROUD ; dans le respect de sa liberté d’expression.
Car j’aurais très volontiers entendu ces propos, éminemment politiques, dans un autre cadre comme celui d’un club de réflexion, mais PAS DANS UN SALON DU LIVRE D’HISTOIRE ; en prenant en plus en compte la difficulté d’écrire une Histoire de ces trente dernières années qui se poursuit aujourd’hui.
Elle ne nous a pas présenté un regard historique sur POUTINE, mais SON regard politique, dont la question que j’ai posé à la fin, a révélé qu’il n’était en plus même pas critique !
Il aurait d’ailleurs été intellectuellement plus honnête d’appeler cela : un éloge de POUTINE !
Car sauf erreur de ma part, un regard à 360° qui aboutirait à ce récit, conduirait le président POUTINE à près de 100% des voix aux élections, n’est-il pas ?
Je regrette l’hypocrisie ou la lâcheté qui a été celle de votre service de ne pas réagir en entendant la propagande qu’elle tenait, en tant qu’ils étaient complètement hors sujets et hors de propos !
PAR EXEMPLE, COMMENT AVEZ-VOUS PU LAISSER AFFIRMER QUE 95 % DES CRIMÉENS AVAIENT VOTÉ LEUR RATTACHEMENT A LA RUSSIE, ALORS QUE 10 % DES CRIMÉENS (LES TATARS) ONT ÉTÉ DÉPORTÉS OU SONT DES ENFANTS DE DÉPORTÉS PAR LES RUSSES ???
Est-ce de la méconnaissance, un manque de culture, ou est-ce que vous désinformez volontairement ?
Où est la rigueur scientifique dans le fait de justifier la méthode par les résultats ; de réfuter la totalité d’une argumentation parce qu’un seul des arguments est faux ; et de pratiquer l’inversion accusatoire au motif de blanchir des scandales démocratiques, qui devraient normalement nous faire réagir si nous sommes vraiment attachés à la République ?
Je crains que ce qui me rende le plus malheureux soit que le public savinien n’ait exercé à aucun moment un quelconque esprit critique sur ce qu’il entendait ; et qu’il ait, par votre faute, et la trop grande confiance qu’il vous accorde, cru déceler une vérité historique qu’on lui cacherait. Alors même qu’il ne s’agit que d’un contrepoint de vue politique, qu’on aurait, de surcroît, pu étayer par endroits de manière plus efficace.
C’est pourquoi, dans l’optique d’une cinquième édition, je vous suggère de créer en amont un conseil scientifique d’historiens pour choisir un thème à ces journées, et sélectionner des intervenants de qualité, en lien avec ce thème. (Comme ils font dans les autres villes organisatrices de tels salons, où ils ne se contentent pas d’envoyer la liste quelques jours avant au parrain de l’édition, lequel est trop poli pour contester les choix de la collectivité.)
Même si je sais bien qu’au fond, vous essayez surtout de recycler vos conférenciers des lundis soirs, globalement de plus en plus décriés, en leur proposant pour les attirer de faire la promotion de leur dernier livre pendant une heure ; alors même que je vous ai proposé à plusieurs reprises mes services bénévoles en faisant en plus l’effort de me placer dans le cadre d’un projet culturel communal.
À vous lire si vous souhaitez échanger sur le sujet des deux conférences.
Olivier VAGNEUX

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