Certes, il ne s’agit que d’une campagne de communication.
Mais force est de constater que parmi tous les problèmes de la population française, les socialistes n’en retiennent qu’un : l’ISF.
Alors bien sûr que les gilets jaunes réclament aussi le retour de l’ISF.
Mais ce n’est pas avec 3,7 milliards supplémentaires qu’on va sauver la France, et rééquilibrer le déficit public de 61 milliards qui représentent environ 2,2 % du PIB.
Personnellement, je suis favorable à l’ISF, du moins à l’idée que les plus riches contribuent plus, même si je pense que le système fiscal actuel est très injuste, notamment à cause des effets de seuil, mais aussi du principe de certaines taxes sur la propriété et l’héritage.
Je trouve par exemple dégueulasse qu’un Gérard DEPARDIEU puisse devoir filer 85 % de ses revenus à l’État.
Et je ne me choque pas des rentes par héritage lorsqu’il y a eu du travail derrière, par exemple lorsqu’il est question de transmission d’entreprises.
En tout état de cause, je défends un système proportionnel avec une part de progressivité encadrée par de nombreuses tranches.
S’il est trop tôt pour jauger des effets de la suppression de l’ISF, je ne crois pas un seul instant qu’il ait eu une quelconque incidence sur l’évasion fiscale.
De toute façon, MACRON comme HOLLANDE donne l’argent aux entreprises dès qu’il en trouve, et mis à part le système récent de la prime d’intéressement de fin d’année, celui-ci retourne très rarement dans les mains des gens.
Mais ce qui me gêne profondément dans la récupération du PS ; quand on écoute et quand on lit ce qu’ils proposent sur le sujet, c’est que c’est rempli d’un discours marxiste de lutte des classes avec les salauds de riches qui fraudent, et les pauvres qui sont forcément vertueux.
C’est la haine de ceux qui ont réussi économiquement, et l’idée qu’il faut leur prendre leur argent pour réduire les inégalités de richesses, en excluant toute possibilité vertueuse qu’ils réinvestissent dans l’économie, alors que dans les faits, c’est plus on est pauvre qu’on épargne au cas où cela deviendrait encore plus dur.
C’est le déni de tout l’argent investi dans la défiscalisation légale et l’achat d’une bonne conscience par le mécénat et la charité.
Je ne suis pas convaincu que le PS va regagner des électeurs en retrouvant une ligne anticapitaliste et en reprenant les arguments de MÉLENCHON.
Je pense plutôt qu’il est attendu sur le sujet de la justice sociale ; et contrairement à ce qu’il voudrait nous faire croire, celui-ci n’est pas forcément lié à la justice fiscale, si tant est que taxer les riches soit une mesure de justice.
Ici encore, nous avons un PS qui dénonce l’argent, dont il fait paradoxalement son seul prisme de raisonnement et de réflexion… Triste pour des gens qui prétendent placer l’Humain au dessus de l’argent.


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