La scène se passe ce samedi matin du 16 mars 2019, vers dix heures, à l’hôtel-de-ville de Savigny.
Je fais ma visite de contrôle bimestrielle (quinzomadaire) des actes administratifs pris par le maire (quand je serai édile, ils seront tous consultables en ligne sur le site internet de la Ville).
Je suis donc installé à l’entrée de la mairie, à me briser le dos, pour lire les actes posés sur le bureau d’accueil, à un endroit bien stratégique, qui me permet d’être visible de tous et où dans le même temps, je ne dérange pas le bon fonctionnement des services. (J’écris cela parce que le bureau est vraiment bas – fait pour une personne assise – et que je ne souffre pas encore de la cataracte, donc tant qu’à faire, je préfère lire de près.)
Ainsi, je découvre par exemple cet arrêté qui organise la suppléance du maire, parce que mon cher MEHLHORN avait besoin de deux semaines de vacances pour se reposer d’avoir travaillé pendant sept semaines consécutives. C’est pire que les gamins à l’école. (Je suis méchant parce qu’en janvier, il y a eu le marathon des vœux – il avait des cocktails tous les soirs – et la visite du ministre.)
Plus prosaïquement, MEHLHORN sait que c’est la dernière année où il peut continuer de toucher 8000 euros brut par mois, alors qu’il est en vacances la moitié du mois. Donc il en profite à fond pour se reposer, ce qu’il ne pourra plus faire après, quand il devra retourner travailler s’il voudra une retraite complète !
Au passage, MEHLHORN prend huit à neuf semaines de vacances ou de pause chaque année ; personnellement, ce sera plutôt entre trois et quatre…
Bref, je croise l’opposant socialiste, tendance social-écologie, Pierre GUYARD qui vient chercher son dossier du conseil municipal du 20 mars 2019, et qui me demande si c’est celui-ci que je consulte.
Mais enfin, Pierre, vous êtes élu depuis 2001, depuis dix-huit ans, et vous ne savez toujours pas que le public n’a légalement pas accès à ces documents avant la tenue du Conseil, à l’issue duquel ils perdent leur caractère préparatoire ?
Il est vrai que vous ne faites pas partie de ces élus désobéissants qui me transmettent des copies de leurs documents pour m’informer ; et je les en remercie sans citer leurs noms pour ne pas leur causer d’ennuis ; parce que eux participent réellement à la démocratie.
Pourtant, j’aurais crû que dans social-démocratie, il y avait ce mot qui vous encouragerait à publier au plus vite ces documents, et à ne pas tout garder jalousement pour vous, pour vous distinguer de la masse de ce petit peuple dont vous réclamez les suffrages.
Parce que vous savez qu’en apportant le savoir, certains pourraient se montrer plus intelligents que vous… Alors allez-vous publier ces documents avant le Conseil, et dorénavant ?
Moi, maire, les documents préparatoires au Conseil seront rendus publics, et seront accessibles sur internet dès la publication de l’ordre du jour, voire même avant puisque nous pratiquerons aussi la publicité des dossiers des commissions municipales.
Lesquelles seront ouvertes au public, qui pourra y assister, sans y participer pendant, mais il pourra intervenir à l’issue et interpeller élus et agents qui voudront bien jouer le jeu de rester (je ne pourrais pas les y obliger).
Tout comme la population, du moins le public du Conseil municipal, aura un droit pour faire parvenir des billets aux élus, et aussi demander la parole sur tel point ou poser des questions. Si la demande semble pertinente, le Conseil pourra être interrompu pour écouter le public avant de voter ; sinon les interventions se feront à l’issue du Conseil.


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