Je vous laisse prendre connaissance de mon avis sur le projet de ZAC Grand-Vaux / Grand-Val, évidemment défavorable pour des raisons de forme et de fond évidentes !
Je rappellerai simplement que j’avais demandé au maire, M. MEHLHORN, lors de la réunion de concertation du 12 décembre 2018, pourquoi il souhaitait procéder à la création d’une ZAC en tant qu’outil d’aménagement, et ce qu’on pourrait faire d’autre qu’une ZAC.
Et que comme il n’a rien compris à ce qu’on lui a demandé de répéter, il s’est limité à ânonner que c’était plus simple. Pour qui, et pour quoi ? Nous n’en saurons malheureusement pas plus… Je demande cependant toujours comment font ceux qui ne procèdent pas par la ZAC.
Je continue aussi de penser, et cela m’a d’ailleurs été reproché par l’avocat de la Commune, qu’utiliser l’outil d’aménagement qu’est la ZAC pour confier la rénovation à un seul aménageur, est une manœuvre financière douteuse qui favorise le détournement de fonds publics.
Et l’acharnement de MEHLHORN à défendre ce seul outil, sans être capable d’en citer un autre, ni de justifier son choix, m’interroge… Qui a intérêt à la ZAC, et qu’est-ce qu’un aménageur (unique) serait prêt à faire pour obtenir la mise en place de cette ZAC ?
Olivier VAGNEUX
75, rue du Bicentenaire de la Révolution française
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olivier@vagneux.fr
Objet : Avis DÉFAVORABLE au projet de ZAC Grand-Vaux / Grand-Val
Savigny-sur-Orge, le 31 janvier 2019
Je soussigné, Olivier VAGNEUX, habitant de la Commune de Savigny-sur-Orge, rends ici un avis défavorable au projet de zone d’aménagement concertée (ZAC) sur le périmètre d’études correspondant au périmètre du NPRU du quartier de Grand-Vaux – Grand-Val à Savigny-sur-Orge, pour les motifs suivants.
I. Un avis défavorable sur la forme
I. 1 – Une enquête entachée de plusieurs défauts de publicité
En premier lieu, l’arrêté n°2018-324 du 07 décembre 2018 du président de l’Établissement public territorial du Grand-Orly Seine Bièvre est contradictoire avec la délibération du Conseil territorial n°2018-09-25-1173 du GOSB du 25 septembre 2018, laquelle prescrivait en son article 2 une publicité de l’enquête publique dans deux journaux locaux.
Or, cet arrêté a réduit les mesures de publicité à un affichage dans un seul journal diffusé dans le département (Le Parisien Essonne).
En deuxième lieu, l’arrêté précité prescrivait qu’il ferait l’objet d’un affichage en mairie de Savigny-sur-Orge pendant un mois, ce qui n’a pas été le cas.
De plus, et pour preuve, on déplorera l’absence d’un certificat d’affichage de l’arrêté dans le recueil des actes administratifs de la Commune.
En troisième lieu, l’arrêté prévoyait la présence d’un dossier présentant les objectifs de la ZAC.
M’étant rendu à plusieurs reprises, et en plusieurs lieux, pour consulter les registres d’enquête publique ; et constater que les rares personnes à avoir écrit dans les registres n’avaient rien compris aux objectifs de la présente enquête publique, je n’écris pas que le dossier d’enquête publique n’existe pas. J’écris plutôt qu’il ne m’a jamais été communiqué spontanément en demandant à accéder à l’enquête publique…
En quatrième lieu, force est de constater qu’il n’y a aucune information relative à cette enquête publique sur le site internet de la Commune… Ni aucune possibilité de déposer ses conclusions en ligne.
Il y a juste eu, à peine, un entre-filet dans le bulletin municipal de janvier 2019, paru à la fin du mois, ce qui est plus que léger, en plus de la réunion du 12 décembre convoquée l’avant-veille pour le surlendemain.
En cinquième lieu, la maison du projet a été fermée la moitié du temps, notamment ce 31 janvier 2019, dernier jour de l’enquête. Comme lieu de concertation, on repassera, déjà qu’il n’est ouvert que deux demi-journées par semaine…
En sixième et dernier lieu, on regrettera l’absence d’un commissaire enquêteur, ou de son équivalent, qui aurait pu être un interlocuteur neutre, afin de prendre en compte les doléances des habitants.
Par suite, l’enquête publique est entachée de plusieurs défauts de publicité, et elle est donc illégale.
I. 2 – Un projet de ZAC que personne ne parvient à justifier
Je pourrais commencer par faire valoir que la majorité municipale, et notamment le maire et son adjointe à l’urbanisme, n’ont pas su répondre aux questions de leurs oppositions, lors de la séance du conseil municipal du 24 mai 2018, au cours de laquelle le maire a proposé la création d’une ZAC.
Mais je souhaite surtout revenir sur la réponse qui a été apportée à ma question posée lors de la réunion publique du 12 décembre 2018, consacrée à la réflexion du meilleur outil d’aménagement pour Grand-Vaux, au cours de laquelle il n’a été présenté que le modèle de la ZAC, qui semblait déjà acté pour tous les organisateurs.
À cette occasion, j’ai demandé au maire pourquoi il voulait une ZAC et quels étaient les autres outils d’aménagement possibles. Comment faisaient les autres quartiers prioritaires qui ne procédaient pas par la ZAC ?
Et il n’a que su me répondre que c’est parce que c’était plus simple.
En conséquence, je ne comprends pas pourquoi ce choix de la ZAC.
Et je m’interroge sur les pressions, voire les corruptions ou soudoiements, qui ont pu être exercées sur les élus de Savigny pour aboutir à ce choix qu’ils ne savent pas motiver et encore moins défendre.
Il a été demandé à la population de réfléchir aux outils d’aménagement du quartier, mais on ne leur a proposé qu’une seule solution.
Je refuse ce totalitarisme intellectuel qui n’offre qu’un seul choix sans nuance à la population, et je préfère donc rejeter le modèle de ZAC par principe, en tant que je ne suis pas dans la capacité de le comparer avec d’autres.
I. 3 – Des objectifs d’aménagement imposés à la population
Je voudrais enfin dénoncer que les objectifs de la ZAC n’ont pas été concertés.
Qu’il s’agit simplement de la reprise des objectifs du projet NPNRU, qui avaient déjà été imposés à la population pour justifier le projet ; lesquels ont été copiés en l’état :
– Désenclaver le quartier ;
– Valoriser les espaces verts ;
– Créer une mixité entre logements sociaux et logements en accession à l’échelle du quartier ;
– Intégrer une nouvelle forme d’urbanité ;
– Requalifier les espaces publics ;
– Redynamiser le centre commercial en retrouvant des commerces au niveau de la rue ;
– Créer les conditions de développement de nouveaux équipements publics et de nouveaux services à la population.
Or, logiquement, si les habitants soutiennent le projet de rénovation, alors ils doivent soutenir ces objectifs d’aménagement…
Il y a dans tous les cas un problème de synchronicité en tant que le projet a déjà été validé avec ces objectifs et que je comprends mal comment l’aménagement pourrait désormais répondre à de nouveaux objectifs ou tout simplement à des objectifs différents.
Ainsi cette concertation est biaisée et en tout état de cause inutile car ses conclusions ne pourront pas être différentes de celles du projet de renouvellement, déjà lancé.
II. Un avis défavorable au fond
II.1 – Sur le périmètre de la ZAC
Je voudrais commencer en déplorant que le périmètre de la ZAC soit restreint aux seuls grands ensembles (en y intégrant les pavillons de la rue Van-Gogh, le logement de l’église, et les habitations individuelles des gardiens des équipements publics).
S’il est discutable que les Saviniens de la rue Gambetta et de la rue de l’égalité fassent partie intégrante de Grand-Vaux (moi, je pense que oui), ceux de la rue Marc-Sangnier, et notamment ceux du haut de la rue, font indubitablement partie intégrante du quartier.
De telle sorte qu’il y a une cohérence à élargir la ZAC à la partie de Savigny située entre l’autoroute A6, et la voie de chemin de fer Paris-Orléans, ce que je propose.
Et comme je sais qu’on me répondra qu’on ne peut rien aménager dans cette partie pavillonnaire (peut-être quand même restaurer et élargir le pont de l’autoroute ?), je demande alors pourquoi on y intègre Grand-Val, alors que la ZAC n’aura d’autre capacité pour cette résidence privée que de refaire la passerelle qui fait la jonction entre Grand-Vaux et Grand-Val…
Enfin, je m’interroge quant au fait que le périmètre prévu ne corresponde même pas à la zone géographique UP inscrite dans le Plan local d’urbanisme, mais qu’elle la restreigne, ce qui interroge quant au devenir des zones classées UP dans le PLU mais non inscrites dans le périmètre de la ZAC, lesquelles sont donc exclues de toute possibilité d’aménagement et vont donc rester des friches naturelles…
II. 2 – Sur les objectifs du projet de ZAC par eux-mêmes
Les sept objectifs proposés pour la ZAC sont tous positifs, mais insuffisants par rapport aux besoins et demandes réelles des Saviniens. Par ailleurs, ils ne font que répondre à des situations de problèmes qui ne posaient pas dans les années 1960 à la création de Grand-Vaux, et qui sont le résultat de l’absence de politiques publiques soutenues.
– Le désenclavement nécessite une politique municipale volontariste qui permette de dynamiser tout Savigny afin que les habitants vivent ailleurs que sur Épinay.
– La valorisation des espaces verts traduit un besoin de sanctuarisation d’espaces laissés libres entre les logements quels qu’ils soient, et permettant une respiration urbaine.
– La mixité sociale n’a de sens que si elle est réelle. Si Grand-Vaux reste un quartier dortoir d’une ville dortoir alors les habitants ne se parleront et n’interagiront pas plus, et les fractures sociales ne seront que plus fortes à cause de la résidentialisation.
– La réflexion autour de l’urbanité est hors sujet en tant que c’est le manque de politiques publiques, et d’intégration économique et sociale à destination du quartier qui a créé l’insécurité et les différents problèmes que rencontrent le quartier.
– La requalification des espaces publics tient surtout à une absence d’entretien du bailleur et de la Commune, et à un abandon, et un oubli du quartier dans la politique municipale savinienne.
– La redynamisation du centre commercial est un faux sujet, en tant que c’est la Ville, propriétaire de 17 commerces sur la dalle, qui bloque toute réouverture et empêche de nouvelles installations ainsi qu’une stimulation libérale par la concurrence. C’est ainsi elle qui a coulé le centre commercial !
– La création des conditions de développement de nouveaux services et commerces n’a aucun sens, tant que les besoins de la population ne sont pas pris en compte. On peut installer autant d’épiceries communautaires, ce n’est pas cela dont la population a besoin. Encore une fois, le diagnostic a été posé à l’envers… À quoi rime de multiplier les services qui manquent ailleurs sur Savigny, si ce n’est pour justifier que les habitants n’aient pas à se plaindre. Comme si on les prostituaient en les achetant avec de l’argent public…
Enfin, le projet ne tient pas compte des demandes des habitants en terme de mobilités douces et de transports notamment ; de la reprise de la promenade de l’Yvette (même si c’est de la compétence des syndicats intercommunaux), de la création d’un nouveau passage sur l’Yvette et vers le Tram 12 et la gare RER d’Épinay-sur-Orge, d’agrandissement du pont de l’autoroute au niveau de la rue Gambetta, de création d’un parvis pour le groupe scolaire Mermoz, d’un recalibrage de la rue Renoir, d’une réflexion sur la copropriété de l’Yvette, d’installation de lieux de culture et de convivialité, d’installation d’un lieu de culte musulman, de création d’un incubateur pour l’emploi, et enfin, sauf omissions involontaire de ma part, de la création de nouveaux espaces verts et d’espaces de promenades, de rencontres et de respirations, alors que deux parcs pour enfants sont supprimés.
II.3 – Sur les objectifs du projet de ZAC au travers du projet de renouvellement urbain
En l’état, et sauf modification du projet de rénovation urbaine, les objectifs proposés pour la ZAC, ne sont pas atteints, et ne le seront pas en tant qu’ils ne pourront pas l’être…
Sur l’objectif de désenclavement du quartier
- Créer une entrée de ville au milieu du quartier va juste forcer les Saviniens à passer par là et à entrer dans le quartier ; pas à s’y arrêter.
- Supprimer la rue de Grand-Vaux qui permettait de rejoindre la RD 257 ferme une sortie du quartier, laquelle étant rouverte plus loin, fait que Grand-Vaux n’est pas plus ouvert sur l’extérieur qu’aujourd’hui
- Tout faire pour que les Saviniens de Grand-Vaux n’aient plus à franchir l’autoroute pour se mêler au reste de Savigny, et installer tous les nouveaux équipements publics à Grand-Vaux pour que les autres Saviniens n’aient qu’un intérêt utilitaire à le fréquenter, ne désenclave pas franchement le quartier…
Sur l’objectif de valorisation des espaces verts
- Supprimer un parc (rue Ouzilleau) et un petit square (rue Utrillo) ne valorise pas les espaces verts.
- Couper des arbres quinquagénaires, et d’autres centenaires, même si on replante le double des arbres abattus, ne valorise pas les espaces verts.
Sur l’objectif de création de mixité entre logements sociaux et logements en accession à l’échelle du quartier
- Cet objectif sera compréhensible au jour où la population sera informée de l’implantation des logements par types.
- Il ne pourra pas être atteint en tant que la rue Monet est conservée en l’état donc qu’elle ghettoïse la majeure partie des logements sociaux.
- La résidentialisation, si elle doit concerner tout Grand-Vaux, cassera enfin toute mixité sociale résidentielle…
Sur l’objectif d’intégration d’une nouvelle forme d’urbanité
- Je ne comprends pas ce verbiage pompeux.
- On reste dans le symbole de la destruction des grands ensembles pour le remplacer par un autre caprice d’architecte.
- À partir du moment où l’on détruit les barres et les tours et où l’on reconstruit autre chose, alors il y a automatiquement une nouvelle forme d’urbanité. Mais la très forte concentration d’habitations fait que cette nouvelle forme d’urbanité sera aussi foireuse que la précédente et qu’elle ne retiendra que ceux qui n’ont pas les moyens financiers de quitter le quartier.
Sur l’objectif de requalification des espaces publics
- Les espaces publics ne seront pas requalifiés en tant qu’on se limite à détruire l’existant pour construire du neuf en d’autres endroits.
- La trop forte concentration des différentes structures fait que l’objectif de requalification ne sera pas atteint en tant que le neuf se dégradera aussi vite que l’actuel.
Sur l’objectif de redynamisation du centre commercial en retrouvant des commerces au niveau de la rue
- Le centre commercial est déplacé. Il est moins centré et central dans le quartier, donc moins pratique pour les habitants.
- Les parkings nécessaires à la fréquentation de ces commerces sont quasiment inexistants.
- Le fait qu’ils donnent sur la rue ne présument pas qu’ils soient plus dynamiques.
- La Commune n’a toujours rien fait pour s’assurer qu’à l’ouverture de ces commerces, elle puisse défendre une diversification des produits vendus.
Sur l’objectif de création des conditions de développement de nouveaux équipements publics et de nouveaux services à la population
- Considérant que le maire de Savigny est un incapable qui a dû fermer la crèche familiale et la Savinière pour réaliser des économies de gestion, c’est très bien de vouloir créer plein de nouveaux équipements, mais si l’État ne le perfuse pas pour leur entretien, alors ces nouveaux équipements et services fermeront assez vite…
- Cet objectif se réalise à trop long terme, (les premiers nouveaux équipements publics sont attendus pour 2027) et il est déplorable que rien ne soit fait de manière transitoire pour assurer l’attente. De plus, rien ne garantit la pérennité des nouveautés qu’il propose…
III. Conclusion
Il résulte de tout ce qu’il précède que la nécessité d’engager une procédure de ZAC pour mettre en œuvre le projet de renouvellement urbain ne m’apparaît pas justifiée.
Parce qu’aucun autre outil d’aménagement que la ZAC n’a été proposé, pour comparaison ; que le périmètre de la ZAC n’est pas opportun, et que les objectifs proposés dans le NPRU sont insuffisants et inadaptés aux besoins et aux aspirations légitimes de la population.
Et enfin que la présente enquête publique est entachée de plusieurs vices de forme et qu’il s’impose donc qu’elle soit recommencée et que sa communication soit élargie en partant des demandes d’aménagement des habitants,
Qu’en tout état de cause, les objectifs d’aménagement sont de toute façon mal traités dans le projet de renouvellement, et qu’ils sont donc neutralisés dans l’idée positive qu’ils peuvent véhiculer.
Je rends ici un avis défavorable au projet de ZAC Grand-Vaux / Grand-Val.
Fait à Savigny-sur-Orge, le 31 janvier 2019.
Olivier VAGNEUX


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