La crise du quart de vie est une période de doutes et de remises en cause qui touche principalement les jeunes hommes aux alentours de 25 ans. C’est aussi le dernier sursaut du monde de l’enfance, qui vient s’opposer au monde des adultes. C’est encore le renoncement à un certain idéalisme pour plus de pragmatisme et de réalisme. Et j’aimerais que tous ces questionnements, qui m’épuisent, s’arrêtent.
À 27 ans, j’ai structuré ma vie autour de trois piliers : le journalisme, la religion et la politique.
Avec le temps, un quatrième pilier cherche à émerger, celui de la famille. Enfin, j’appelle « famille », le concept de laisser quelque chose, plutôt quelqu’un, derrière moi si je devais disparaître.
Mais mon problème n’est pas tant de trouver comment élargir les fondations de ma vie, de trois à une quatrième base, qu’à constater tous les jours que les premiers piliers sont construits sur un support instable, et manquent de s’effondrer à chaque instant.
Je me rêvais journaliste d’investigation, je ne trouve pas de travail.
Je souhaitais aider à la modernisation du christianisme par mes questionnements, je me retrouve mis au ban de l’Église.
Je voulais améliorer la vie de mes concitoyens par la politique, mais je n’arrive à rien.
Connaître des échecs n’est rien, tant qu’il est possible de rebondir. Or, non seulement, je ne rebondis plus, mais j’ai l’impression d’être en permanence en train de courir après le temps.
Et la mort de ma grand-mère m’a cruellement rappelé à cela, car non hier, je n’avais pas 13 ans, mais j’avais bien 26 ans, et je ne les ai pas vus passer…
Je me rends compte d’une certaine asocialisation ; peut-être même une sociopathie. Je ne supporte plus les autres, mais je ne me supporte plus moi-même.
Comment donc, ou plutôt pourquoi donc, vouloir continuer avec les autres, si je ne peux plus les voir tous autant qu’ils sont ?
Je cherche du sens à ma vie en m’exposant, et je me rends compte que je n’aime pas l’exposition.
Je me sens seul, isolé, perdu dans un monde où je me réalise par mes expériences que ce qui nous entoure est bidon. Qu’il n’y a pas d’État, pas de Justice, pas de sécurité… Et que tous les gens qui défendent le contraire sont des menteurs qui n’ont rien vécu.
Et en même temps, je n’ai pas envie de faire semblant, de renoncer entre autres à l’idée que je puisse avoir raison tout seul et que tous les autres puissent avoir tort.
Je ne sais pas quoi faire d’autre que d’attendre que ça passe. Alors oui, j’ai hâte que cette crise du quart de vie se termine !
C’est pas tout cela, mais déprimer en public n’arrangera rien à ma dépression. Il est temps de se remettre au travail !

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