S’il n’y a pas de classification parfaite des comportements des personnes politiques, on peut néanmoins distinguer ceux qui essaient de résoudre les problèmes, tout du moins de s’en saisir ; et ceux qui les fuient, voire font comme s’ils n’existent pas.
À Savigny-sur-Orge, il n’est pas possible de nier les problèmes aggravés que rencontrent une partie des habitants du quartier de Grand-Vaux. Sans pour autant les réduire à cela, ni considérer qu’ils sont tous impactés aussi fortement.
Mais alors que le projet de renouvellement urbain devait être l’occasion de combattre un certain nombre de ces difficultés, au moins d’essayer de les enrayer ou de les réduire ; les choix faits par la municipalité de Savigny ne font que déplacer, déporter voire éclater les problèmes.
Autant d’études et d’enquêtes, qui nous ont coûté plusieurs centaines de milliers d’euros, ne nous ont rien appris de nouveau sur Grand-Vaux, sur les cités, sur ces causes qui créent un présent qu’on ne cesse de comparer au passé, en disant que c’était tellement mieux avant.
C’était tellement mieux de vivre dans un grand ensemble que 90 % des gens nostalgiques se sont barrés pour acheter un pavillon, parce qu’on préfère quand même avoir son chez-soi. Et donc des raisons pour lesquelles ces gens sont partis, ils n’en sont pas vraiment nostalgiques.
Oui, il y a une partie de la population qui pose des problèmes. Mais celle des habitants de la rue Monet va rester, et 40 % des appartements du groupement immobilier de l’Yvette seront toujours loués à des personnes en proie aux mêmes difficultés, qui continueront d’arroser les passants depuis les fenêtres. La logique est douteuse ; on n’ose pas aller jusqu’au bout.
Oui, il y a une grande partie qui est issue de l’immigration. Mais qu’est-ce qu’on fait de plus pour les intégrer, sinon pour dire qu’on va d’abord commencer à essayer d’intégrer celle qui est là et qui n’est pas intégrée, avant d’en accueillir plus ?
Oui, il y a des jeunes désœuvrés, mais toujours rien de fait pour responsabiliser les parents, sinon pour réellement occuper les jeunes, et de manière valorisante. Pas pour se substituer au travail des services municipaux que ces derniers ne veulent pas faire.
Oui, il y a du trafic de drogues, mais un nombre toujours plus croissant de Saviniens des autres quartiers qui viennent se fournir en cannabis, et qui iront juste ailleurs (à priori qui retourneront dans les halls du 6 rue Paul-Gauguin).
Oui, il y a 17 % de chômage à Grand-Vaux, mais on ne créé aucun emploi supplémentaire. Aucun cluster. Aucune fibre accélérée pour permettre le télétravail. Aucune aide à la création de micro-entreprises ou d’emploi de services. Au mieux, il y aura plus de job dating.
Oui, ça manque de commerces à Grand-Vaux, mais ce n’est pas parce que tu créés des locaux commerciaux que tu n’auras pas des épiceries africaines qui vont venir s’y installer, et pas le poissonnier tant fantasmé, qui vendra tellement cher ses produits, que les gens continueront d’aller à Carrefour.
Oui, il y a un islam intégriste qui se développe dans Grand-Vaux, et aucune autorité religieuse pour essayer d’encadrer les pratiques, parce que la laïcité est un bon motif pour que la République ne regarde pas ce qui la dérange. Et donc des gamines de 12 ans qui ne peuvent pas suivre une activité proposée par un homme.
Oui, une police de proximité pourrait résoudre certains problèmes, mais les policiers avouent eux-mêmes que leurs cibles sont plutôt les petits vieux du marché Davout qui se font arnaquer par des vols à la fausse qualité (lire l’interview du commissaire FRANCHET dans 20 minutes).
La rénovation ne va rien résoudre. On déporte juste une partie de la population, le plus loin possible pour ne plus en être responsable, en se disant qu’elle ne foutra plus la merde quand elle sera mise en minorité. Et qu’en continuant avec les mêmes recettes qui ne fonctionnent déjà pas, le reste de la population va se plier et rentrer dans le rang…
Que des gens qui n’ont pas de diplôme, ou qui ont toujours vécu en marginaux, vont tout à coup trouver le droit chemin et travailler 35 heures pour 1200 euros par mois, quand ils gagnaient 2000 euros en 20 heures. Je crains juste qu’ils ne recommencent là où ils sont.
On fait surtout semblant que les actuels habitants de Grand-Vaux sont des gens qui auraient mal tournés. Mais regardez d’où ils viennent, beaucoup ont été relogés par le bailleur et viennent d’autres cités en rénovation, dont personne n’est capable de citer une réussite !
C’est finalement l’échec de la République qui ne croît plus en elle-même, ni en la supériorité de son modèle. Alors elle dilue tant qu’elle peut, même si la solution approche de son stade de saturation, et que ça commence à se voir.
La mère des problèmes de Grand-Vaux reste la concertation de la population. Et alors que la rénovation permet d’échapper aux obligations du SDRIF, MEHLHORN rajoute une population de 400 logements (1/4 du quartier) qui va tenir 20 ou 25 ans, puis qui finira en louant ses biens immobiliers à des plus pauvres qui ne pourront pas s’en sortir, et tout recommencera.
Et parce qu’on sait que le nom de Grand-Vaux est sali pour longtemps, alors on fait tout pour emmurer plus la population en lui apportant tout ce qui doit faire qu’elle n’a plus à sortir de sa zone, pour venir embêter les autres Saviniens.
De toute façon, l’ANRU n’apporte l’argent que pour investir ; on sait très bien que le fonctionnement ne sera pas aussi idyllique, ne serait-ce que parce que l’État ne va pas continuer de prendre en charge l’entretien de tout ce qu’il fait créer.
Ce n’est donc pas pour en arriver à ce projet de merde, dont la seule victoire pour MEHLHORN est d’avoir 200 arbres en plus, que je me suis engagé en politique.
Mais contrairement à ce que disent d’autres pour se rassurer, il sera trop tard aux prochaines élections municipales de 2020…
Ce n’est pas comme cela qu’on améliore la vie des gens, et je pense donc qu’on va faire plus de malheureux partout.
Comment voulez-vous que les comportements des habitants de Grand-Vaux évoluent si le projet n’est pas fait pour eux, mais juste pour permettre aux architectes et aux urbanistes de se défouler un coup ?
Et dire que ce ne sera pas dégradé parce que c’est neuf, ou que les gens sont propriétaires, est faux : regardez partout autour de vous !
Juste que le prétexte de l’urbanisme est une bonne métaphore pour expliquer le nettoyage, à coup d’enzymes blanchissants, de la population qui se prépare.
Face auquel on n’entend pas beaucoup voire pas du tout tous les grands défenseurs des droits de l’Homme qui continuent d’en appeler à une immigration ; quand on voit comment ils la traitent par la suite.
Toute cette hypocrisie me dégoûte à tout niveau. Mais c’est aussi parce que je suis le seul à développer ce point de vue, que j’en ai marre, et que je me rends bien compte que tout ce que je propose n’est pas en phase avec notre société.
Je m’arrête donc en soulevant qu’il y a un paradoxe entre mon image de fachô, et la manière dont les gentils gauchistes traitent les habitants de nos quartiers. Je suis certainement paternaliste, même si je veux donner aux habitants les moyens de s’en sortir par eux-mêmes ; mais je ne considère pas que la rénovation doit ressembler à cela, où l’on prétend tout faire, alors qu’on ne fait rien, parce que dans le fond, ces habitants seraient des singes incapables de se prendre en main s’il n’y a pas le bon gauchiste blanc pour leur montrer une voie qui va dans le mur, mais comme elle est au-delà de l’horizon, personne n’ira voir ce qui s’y passe…

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