Faisons un peu de politique fiction en tant qu’il y a vraiment des gens pour s’imaginer que les communes de l’ex-CALPE vont pouvoir quitter le Grand-Orly Seine Bièvre. Donc quand bien même cela arrivait, les villes de l’ancienne CALPE, et leurs 133 000 habitants, devraient obligatoirement intégrer une autre agglomération déjà existante pour passer le seuil légal des 200 000 habitants, inscrit dans la loi MAPTAM. Oui, mais laquelle ?
L’idée de départ de nos élus est de dire qu’on veut rester dans la Métropole du Grand-Paris (MGP) mais qu’on ne veut plus de cet EPT de 680 000 habitants, qu’est le GOSB. Qu’on serait mieux entre villes de droite du Nord-Essonne et du Sud-Val-de-Marne à profiter de la manne d’Orly, sans ces pauvres du Nord-Val-de-Marne qui ont en plus le défaut de voter communiste. Mais sortir de l’EPT, sauf à effectivement le casser en deux, revient en fait à sortir de la MGP !
Alors on ne va pas se mentir. Si les villes de la 7e circonscription de l’Essonne veulent quitter le GOSB, c’est parce que le député Robin RÉDA voudrait d’un territoire qu’il puisse contrôler politiquement. Qu’il a compris que les villes du Val-de-Marne ne tomberait jamais dans l’escarcelle de LR, et donc qu’il ne pourrait jamais en être le chef. Bref, il veut revenir au temps béni de la CALPE pour avoir une interco qui lui serve de support et de relais pour son mandat de député.
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’on est dans la MGP parce qu’on est dans un EPT ! On ne peut pas être dans la MGP sans être dans un EPT ; et un EPT doit rassembler au moins 300 000 habitants. Or, au mieux, on arrive à 270 000 habitants en rassemblant tout le bassin d’emploi d’Orly. Donc vu que la Val-de-Marne ne veut pas venir avec nous, et que MACRON ne tient pas plus que cela à casser les EPT, c’est nous qui demandons à revenir vivre tous seuls en Essonne.
Mais une agglo de grande couronne ne peut plus faire moins de 200 000 habitants, ce qui signifie que nos communes vont devoir se greffer ensemble à une agglomération déjà existante ! Partant de là, l’ex-CALPE (en orange) est entourée de quatre agglomérations :
- (1) Paris-Saclay (CAPS) en jaune, 298 000 habitants, de droite présidée par Michel BOURNAT
- (2) Cœur d’Essonne agglomération (CACE), en rouge, 195 000 habitants, de gauche, présidée par Éric BRAIVE
- (3) Grand Paris Sud Seine-Essonne-Sénart (CAGPS), en violet, 336 000 habitants, de gauche, présidée par Francis CHOUAT
- (4) Val-d’Yerres Val-de-Seine (CAVYVS), en vert, 174 000 habitants, de droite, présidée par François DUROVRAY
(1) La CAPS a l’avantage d’être présidée par une personnalité politique de second plan, obscur vice-président du Conseil départemental, proche de la retraite (Michel, si vous me lisez !). RÉDA pourrait vouloir y aller pour prendre la place (ce qu’il ne peut pas faire personnellement tant qu’il est député), mais quel mauvais signal envoyé par rapport à l’hôpital ! Car nous donnerions alors corps à la fiction que Saclay peut devenir notre hôpital d’agglo ! C’est aussi le territoire de notre sous-préfecture !
(2) La CACE a le désavantage d’être de gauche, et trop à gauche pour que notre arrivée puisse la faire basculer à droite (sauf surprise lors des prochaines municipales), mais dirigée par un encore moins connu (le maire de Leuville). Donc RÉDA ne quitte pas les gauchistes pour retourner se ficher avec eux… Il y aurait la logique territoriale de l’Orge, mais au final un territoire aussi étalé que le Grand-Orly Seine Bièvre, ce qui est un des prétextes justifiant qu’on veuille le quitter.
(3) La CAGPS, aussi surnommé le VALLS-land, est également de gauche à une plus forte majorité, réellement éloignée de notre territoire, et en plus déjà bien peuplée. C’est donc l’hypothèse la moins crédible.
(4) La CAVYVS était l’hypothèse originelle du schéma régional de coopération intercommunal. Elle n’est pas assez peuplée, et abrite Draveil, ville dans laquelle travaille le maire de Juvisy. Elle souffre de n’avoir qu’un pont sur le territoire pour joindre les deux parties de l’agglomération ; et de la concurrence de François DUROVRAY qui en a fait son fief, et ne permettra pas à RÉDA d’y régner. Donc l’hypothèse la plus logique aux yeux de l’État, même sans cohérence territoriale.
Quand je n’ai rien d’autre à faire, je relis les magazines des Portes de l’Essonne, mes notes de la réunion sur l’avenir intercommunal de la CALPE du 02 mai 2015 et le compte Facebook de RÉDA et des autres élus de la 7e ; et je me fous de leur gueule, parce que ce sont eux qui nous ont fait rejoindre la MGP. Plus que de bassin d’emploi, ils ne voulaient surtout pas perdre les recettes de Paray (43 % des ressources de la CALPE en 2015). Et maintenant, où allons-nous ? Est-ce que ce sera bon pour nous ?
Tout cela ne fait que trahir un manque de logique territoriale. Ils sont allés là où ils pensaient avoir le plus d’argent, et il n’y en a pas. Il n’y en aura pas plus ailleurs. Osons pour terminer en nous risquant au pronostic que pourrait décider le Gouvernement : la CAVYVS en premier choix pour combler le déficit de population, la CAPS en deuxième pour rejoindre l’Essonne qui bouge, et la CACE en dernier pour former ce Val-d’Orge que nous n’avons jamais connu.



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