Depuis ce matin du mardi 27 mars 2018, j’ai reçu plusieurs appels et SMS d’agents qui s’indignent de la sanction infligée à Catherine GUILMEAU, chargée de l’accueil à l’hôtel-de-Ville de Savigny. Je voudrais à mon tour y réagir, à partir des différents éléments recueillis à cette heure, en tant que je la trouve disproportionnée, et donc scandaleuse.
Je commencerai par dénoncer les rumeurs et autres déformations qui m’ont été rapportées, et qui sont tout autant dégueulasses (montrant le manque de solidarité que je dénonce entre les agents saviniens). Non, Catherine GUILMEAU n’a pas été licenciée pour faute grave, et notamment pas parce qu’elle s’habillerait mal ou qu’elle laisserait trop sonner le téléphone…
Les faits : samedi matin dernier (24 mars 2018), une personne a fait une tentative de suicide dans les toilettes de l’hôtel-de-Ville. Lorsque celle-ci a été découverte, l’agente chargée de l’accueil a immédiatement appelé les pompiers, ce qui personnellement et surtout lorsqu’on n’a peur de faire des bêtises, me semble être la meilleure chose qui pouvait être faite.
Mais voilà que le maire, et le Directeur général des services, pensant passer pour des gros nuls s’ils ne réagissaient pas, ont reproché à Mme GUILMEAU de ne pas avoir fait ce qu’il convenait, et de ne pas s’être servi d’un défibrillateur ; lequel n’est utile que si le cœur de la personne s’est arrêtée, ce qu’il faut d’abord avoir constaté, et passe après l’arrêt d’éventuels saignements.
La dame a finalement été sanctionnée et immédiatement changée de service !
En premier lieu, je veux dénoncer le fait que le personnel communal de Savigny n’a pas reçu de formation spécifique au défibrillateur, ni sur les autres matériels de secours, ni même sur la gestion de crise. Et que même si le défibrillateur de la mairie est un modèle qui donne des instructions orales, je peux comprendre l’appréhension de devoir se servir d’un tel appareil.
En deuxième lieu, je veux redire qu’il est normal d’avoir peur dans de telles situations ; et que l’agent a réagi, et manifestement bien réagi. Peut-être qu’il aurait fallu mettre la personne en position latérale de sécurité ? Peut-être qu’il aurait fallu lui surélever la tête ? Mais personne ne sait comment il aurait réagi en pareille situation. Il y avait aussi d’autres agents présents !
En troisième lieu, je veux m’interroger sur les raisons de ce suicide que je ne connais pas. Mais il y a le symbole de cet acte commis dans notre maison commune. Et puis il y a aussi que l’administration peut tuer ! (Et je ne la mets pas en cause ici parce que je ne sais rien de plus) Et si moi ça m’amuse de lui rentrer dans la gueule, et d’aller au Tribunal, je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde, surtout selon la réponse reçue, et l’état dans lequel on est.
En quatrième lieu, je veux reprocher leur attitude culpabilisante au maire, et à son directeur général des services. Pour MEHLHORN, il serait bon qu’il apprenne à gérer autrement ses crises d’autorité, qu’en se vengeant ainsi sur le personnel. Pour DURAND, peut-être que justement parce qu’il quitte son poste, et qu’il sait pourquoi, il aurait pu agir différemment.
Si donc j’ai moi-même des reproches à l’encontre de Catherine GUILMEAU, relativement à son service d’accueil, il m’apparaît que rien ne justifie présentement cette sanction, laquelle est certainement contestable. Et j’espère que les syndicats de personnels communaux seront là pour la faire annuler si elle est bien injustifiée, ainsi que je le pense. Et sûrement faudrait-il déjà déculpabiliser Mme GUILMEAU qui a correctement agi, même si elle aurait peut-être pu mieux faire ?

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