Cela se passe dans mon secteur pastoral (Savigny-Viry), dans mon diocèse (Évry – Corbeil-Essonnes), mais je pense que la critique pourrait s’appliquer ailleurs. Donc pour faire participer les chrétiens au Denier de l’Église, on leur raconte qu’ils auront des prêtres proportionnellement au fric qu’ils vont donner. Comme si les prêtres, dont je mets de plus en plus en doute l’indispensabilité, étaient ceux qui ruinaient les finances diocésaines…
En premier lieu, des prêtres comme certains que je connais, qui sont mal-aimables, qui ne veulent plus présider les célébrations de sacrements ou d’obsèques, qui sont indisponibles car tous les jours en inutiles réunions, et à qui je peux faire encore plein d’autres reproches ; personnellement, je m’en passe très bien. Et il serait temps que l’Église arrête sa presbytéro-dépendance, et accepte que la pastorale soit partagée avec des laïcs capables de s’animer.
Cela étant écrit, qui souhaite plus de prêtres, plus disponibles, comme ceux que nous avons ? Qui est derrière cette communication ? Que les prêtres que nous avons déjà commencent par s’organiser autrement, et se rendent disponibles, et peut-être qu’ils donneront aux autres l’envie de devenir prêtres ? Moi, je vois de plus en plus une caste en déclin, qui croît détenir la vérité, et qui se referme sur le peu d’influence qu’il leur reste, tout en refusant de se réformer.
je n’ai aucun problème à entendre que les prêtres voudraient être plus payés. Dans mon diocèse, ils perçoivent environ 840 euros bruts par mois ; à comparer aux salaires scandaleusement plus élevés des prêtres des diocèses de Versailles et de Paris. Mais je leur serai reconnaissant de les entendre dire cela, plutôt que de le faire réclamer, par des personnes convaincues de l’utilité des prêtres, mais qui n’iront quand même pas verser 10 % de leur salaire au denier.
Enfin, c’est faux de dire que plus il y aura d’argent, et plus il y aura de prêtres ! La crise des vocations religieuses n’est pas liée à la question des salaires, et c’est prendre les donateurs pour des imbéciles que de l’affirmer. Personnellement, je n’ai jamais entendu un prêtre se plaindre de son traitement et j’ose donc affirmer que ce n’est pas le traitement des prêtres qui met l’Église en faillite ! D’autant qu’il y a de moins en moins de prêtres, et de plus en plus de déficits…
Je pourrais parler plus longtemps des problèmes de gestion dans l’Église, mais cela aurait plus sa place dans un autre article. L’Église doit cependant se rendre compte qu’elle ferait mieux de louer son immobilier, plutôt que de le vendre, et donc de s’entourer de professionnels de gestion. De la même manière, c’est une connerie de rogner sur la communication, parce que c’est elle qui, en plus d’aider à amener de nouveaux chrétiens, fait qu’il y a des dons hors de l’Église.





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