Avertissement : Pour des soucis de simplification d’écriture, je vais employer les termes de blancs, noirs et arabes pour désigner ici respectivement des personnes d’origine européenne, des personnes d’origine africaine subsaharienne, et des personnes originaires du Maghreb. Espérant que vous comprendrez cette essentialisation, qui est le fait du clip, du moins tel que je le ressens.
Donc à l’origine, c’est une musique engagée pour dénoncer le rejet culturel et historique des arabes envers les couples mixtes lorsque Monsieur est arabe, et que Madame est noire. N’imaginons dès lors pas que l’inverse soit possible…
Laissons de suite la parole à Moussa SANOGO, ancien esclave en Libye, qui témoigne (cela ne reste qu’un exemple choisi à dessein) sur FranceInfo d’un rapport conflictuel qui existe en Afrique entre les noirs et les arabes, mais qui tend à s’importer en France.
« Pour les Arabes [les geôliers libyens], l’homme à la peau noire n’est rien, moins qu’un animal. Les animaux, on les traite mieux », estime Moussa Sanogo, qui a passé un peu plus de quatre mois en Libye.
Mais heureusement, l’homme arabe et la femme noire s’aiment, ils s’enfuient et leur amour est plus fort que tout. Et c’est bien ce que disent les paroles de ce mélange de hip hop et de rap, à l’origine de l’expression « sexy raffinée ».
Tout irait donc bien si ce n’est ce moment gênant qui commence à 2 minutes 27 dans le clip, dont je vous retranscris plus bas les paroles (en bleu, le blanc ; en rose, la noire et en rouge l’arabe). À noter que le rôle du blanc est joué par l’humoriste Alban IVANOV.
Eh, qu’est-ce qu’il y a ?
Tu fais quoi ici ?
Eh attends toi, deux minutes, je parle à ma femme Aladin. OK
Oh là là…
Ta femme ? heu, ça fait deux ans qu’on n’est plus ensemble.
Comment ça, on n’est plus ensemble, et ça fait deux ans.
Ça fait deux ans, et tu le sais très bien
Non, non, moi, j’ai jamais dit que j’étais plus avec toi
Moi, j’ai dit que je ne suis plus avec toi
Ouais, eh ben, c’est pas toi qui décides. Moi, si je veux être avec toi, je suis avec toi.
Mais c’est dans ta tête ça
Donc Aladin, il va reprendre son cheval, et il va retourner avec son copain le génie.
Tu peux le respecter, là ?
Et toi, tu vas rentrer à la baraque.
Non, chez moi, je rentrerai chez moi.
Et c’est quoi cette musique, Chocolat, Chocolat, quoi tu t’es pris pour Omar SY (Intouchables). Y a pas de chocolat.
Puis tout le monde danse
Certains ont été choqués par le refrain « cho-cho-cho-chocolat », qui n’est pas sans leur rappeler Annie CORDY. Personnellement, je suis plus choqué par cette pastille humoristique dans laquelle le blanc se comporte comme un salaud d’esclavagiste, lequel serait propriétaire de la noire, qui se défend pas trop mal. Notons cependant la lâcheté de l’arabe qui se garde bien d’intervenir… Et comment dire que les blancs sont tous des putains d’esclavagistes !
Mais s’il y a eu besoin de faire ce clip, ce n’est pas pour dénoncer le comportement des blancs (et certainement qu’il y a aussi des salauds qui croit encore à la colonisation), mais c’est le comportement intolérant des arabes qui n’acceptent pas les mariages mixtes… Et donc si on ne connaît pas le contexte, et qu’on y voit qu’une histoire d’amour, l’arabe est le gentil qui veut vivre sa romance au calme avec sa noire et le blanc est le méchant… Moi, ça me dérange…


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