Cette fois, il aura fallu attendre qu’un migrant africain filme un marché aux esclaves pour que la bienpensance se scandalise de la nouvelle traite négrière qui a lieu en Libye depuis des années ! Faisons surtout comme si ça venait de commencer et gardons nous de toute interrogation sur la politique des états africains, la crédibilité des gens qui se disent choqués de découvrir ce qui se passe, et enfin la foi musulmane en Libye…
Indignation sélective ; le mot est lâché. Personne n’a rien à foutre des chrétiens d’Orient, mais tous se mobilisent pour les Rohingyas. Puis comme la Birmanie n’est pas très sensible à la moraline gauchiste, on déporte le combat sur l’esclavage moderne en Afrique, à coup de pétitions et de discours employant les mots de « crime contre l’humanité ». Un terme galvaudé dans la bouche d’un homme qui accuse en même temps les pieds-noirs d’avoir commis un tel crime !
Croyait-on vraiment en avoir fini avec cette pratique d’un autre temps ? Pourtant, il y a un an déjà, le photojournaliste Narciso CONTRERAS exposait à Paris, à l’Hôtel de l’Industrie, des photos de ces trafics humains ! Est-ce donc à écrire que l’esclavage ne nous choque plus ? Non, en tant que dans nos imaginaires occidentaux, l’esclavage, c’est l’ouvrier noir qui ramasse du coton en chantant des gospels. Et donc inconsciemment, que ce qui se passe en Libye est différent !
D’autant que si nous déplaçons le curseur de la définition de l’esclavage, nous risquons de découvrir en Europe des gens qui travaillent plus de 35 heures par semaine pour à peine 400 euros par mois. Ou en Asie des enfants qui fabriquent des chaussures ! Mais comme cela casse les coûts sur le marché, pourquoi irait-on s’en plaindre ? Et puis là, ils sont pas vendus puisque c’est eux-mêmes qui vendent leur force de travail, et ils restent prétendument libres, n’est-il pas ?
Qu’est-ce qu’on fait donc pour arrêter cette situation ? Peut-être commencer par surveiller ce que l’on achète, et puis se poser des questions de savoir comment cela peut être vendu aussi peu cher ? Et de penser à la rémunération de qui l’a produit ? Personnellement, je finance du microcrédit en Afrique pour essayer de faire que les Africains restent chez eux, et qu’ils développent leurs pays. Reste à virer les dictateurs ; ça a commencé cette semaine avec MUGABE !
Parce qu’ils sont où les dirigeants africains censés défendre les droits politiques de leurs ressortissants ? Tellement médiocres que leur population se tire ! En réalité, tout à fait complices ! Alors MACRON, c’est soi disant le renouvellement des pratiques, mais il est toujours pote avec les potentats : c’est bon pour les affaires. On continue la Françafrique donc de piller les sous-sols, et en plus, on a droit à une main d’œuvre pas chère qui vient s’offrir à l’Europe.
Heureusement donc que certains ont eu le courage de se manifester. Trop souvent, pour ceux qu’on va voir à la télévision, des gens qui se fantasment une identité culturelle, et qui vont me reprocher les esclaves que je n’ai pas eu, au nom du fait que certains de leurs ancêtres ont pu être esclaves. Des gens qui parfois veulent faire dire que tous les blancs sont méchants et doivent s’excuser du passé, mais qui vont trouver des excuses aux comportements du présent !
Qui a fait pression pour que l’Europe cesse la traite négrière et l’esclavage au moyen de lois ? Des chrétiens organisés en groupe de pression. Que font les musulmans en Libye ? Pourquoi ne s’indignent-ils pas plus de ce qui se passe dans le centre de l’Afrique (où l’esclavage finance le djihadisme) ou au Qatar, lorsqu’on regarde qui construit quoi (quand les journalistes ne sont pas emprisonnés avant) ? Attendons donc de nouvelles vidéos pour recommencer à nous indigner !

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