La France est une République laïque, c’est à dire qu’elle ne reconnait, ni ne subventionne aucun culte, et qu’elle assure la neutralité de l’espace public, malgré quelques exceptions définies dans la Loi. Pendant des dizaines d’années, la République a mené une « guerre » idéologique contre l’Église catholique, qu’elle a fini par remporter. Aujourd’hui, elle recommence contre les musulmans de France, et c’est normal ! Relisons notre histoire !
Notre problème est que nous mélangeons la guerre idéologique et culturelle que mène (relativement mollement) la République contre la montée de l’islamisme, les horaires séparés dans les piscines, la généralisation du halal, les prières de rue… Avec la guerre militaire que la France conduit quasiment exclusivement contre des islamistes, que ce soit en Afrique (Mali…) ou au Moyen-Orient (Syrie, Irak…), donc contre des musulmans qui se réclament comme tels.
Qu’on le veuille ou non, il existe un sentiment communautaire dans l’islam, qui n’existe plus dans les autres religions, et qui se traduit par une empathie pour les Palestiniens ou les Rohingyas, lesquels sont persécutés par le vilain méchant Occident. Donc déjà, il y a des musulmans en France qui ont l’impression qu’on leur fait la guerre ; quand dans l’esprit de la République, il n’y a que cette idée d’aller faire la guerre aux islamistes qui ne seraient pas musulmans.
Aujourd’hui, les musulmans sont désormais quasiment les seuls à tenter de faire bouger les lignes de la laïcité. Dans un autre domaine, les musulmans, même si ce ne sont que des islamistes, sont les seuls à commettre des attentats. Et enfin, il n’y a pas les condamnations attendues de ces actes, par les musulmans mêmes, en tant que l’islam n’est pas structuré à un niveau national. Il y a donc une perception globale qui tend à créer un climat de conflit.
Oui, il y a une guerre aux musulmans en tant que c’est une guerre aux islamistes. Oui, il y a une diabolisation de l’islam en tant qu’elle est une religion dynamique qui effraie en voulant revenir sur certains acquis de la laïcité. Or, la République n’assume plus, en tant qu’elle est dans une démarche repentante d’une oppression des musulmans à l’époque coloniale. Et qu’elle ne peut apporter qu’une réponse sociale à un problème religieux.

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