Le 26 octobre 2017, l’Agence nationale de sécurité du médicament a publié une mise en garde contre des effets indésirables psychiatriques (changements d’humeur, dépression, idées suicidaires) liés à la prise de finastéride. Or, il se trouve que je fais partie des 31 000 Français à prendre ce médicament, détourné pour lutter contre la chute de cheveux, depuis près de deux ans. Mais rassurez-vous, j’ai toujours été aussi dingue que maintenant ! (Je crois en Dieu, à la démocratie, à la République, à l’intelligence collective, et à l’indépendance en politique et dans le journalisme… J’ai des convictions dans un monde qui n’en a plus…)
Spéciale dédicace pour Pierre*, un ami qui ne manquera de faire des captures d’écran de cet article à partir du moment où j’y parle du contenu de mes éjaculations. Bisous et cœur sur toi.
*Le prénom n’a pas été modifié.
Si le sujet revient sur le devant de la scène, c’est parce qu’un jeune homme de 25 ans s’est suicidé alors qu’il prenait ce médicament depuis deux ans. Et les témoignages se multiplient d’hommes qui ne recouvrent pas une vie sexuelle normale après l’arrêt du traitement, voire pour certains qui développeraient des cancers du sein. Personnellement, je ne compte pas arrêter pour autant, même si j’ai toujours pensé que ce médicament était une saloperie.
Seulement chez moi, il est efficace en tant que ma chute de cheveux est passée de 450 (visibles) par jour à 30 (visibles) en quatre jours. Bien sûr, les effets sur la sexualité n’ont pas mis longtemps à apparaître, mais en les connaissant, ils ne m’empêchent pas de vivre : une limite de deux érections consécutives, une éjaculation plus rapide et plus liquide, et enfin une augmentation du désir sexuel qui se traduit parfois par des éjaculations nocturnes qui peuvent être hebdomadaires (que j’interprète comme une réaction du corps à l’inhibition de la testostérone).
Physiquement, mon duvet s’est épaissi sur mes jambes et mes bras, et j’ai ressenti quelques légères douleurs au niveau de la poitrine et sous les aisselles les trois premières semaines. Puis plus rien. Vu le prix du générique, j’ai respecté la dose de 1mg par jour pendant six mois, puis j’ai coupé le comprimé en deux, puis en trois ou quatre pour le faire durer plus longtemps, et c’est tout aussi efficace (chez moi). Avec une pause d’une semaine tous les deux mois pour donner mon sang.
Parce que je connais ces limites, je n’en souffre pas. Je connais aussi les risques, et je les assume. Et je pense que tous les coups de mou que je peux avoir, sont davantage dus au fait que je ne trouve pas de travail, que j’ai été condamné, que mes procès ne mènent à rien, que je me fâche avec plein de monde ; qu’à la prise du médicament. Et il vous suffit de regarder mes articles d’avant le 14 mars 2016 pour voir que j’étais déjà un sale con avant cette date, et que c’est sûrement par lassitude que ça se renforce.
Enfin bref, si vous me retrouvez suicidé, vous saurez pourquoi. Et si vous avez quand même l’impression que je déprime par moment, c’est parce que malgré moi, je dois souffrir d’une forme de maniaco-dépressivité qui fait que sans rien prendre, je peux passer trois semaines à dormir trois heures par nuit, et à écrire plein de recours, et puis enchainer sur des semaines où il me faudra dix heures de sommeil, et où tout ce que j’écrirai sera nul. Alors oui, vouloir empêcher la chute de ses cheveux (la finastéride ne les fait pas repousser ; quand le follicule pileux est mort, c’est fini), est tellement superficiel, mais c’est tellement moi !


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