Voici une petite analyse sociologique que j’ai réalisée, au regard de mes quelques années d’expérience en tant qu’accompagnateur du catéchuménat sur le secteur pastoral de Savigny-Viry (diocèse d’Évry). Elle s’intéresse aux motivations des personnes qui demandent à recevoir les sacrements chrétiens de l’initiation (baptême, eucharistie, confirmation). Comment peut-on encore vouloir devenir chrétien en 2017 ?
Avant toute chose, il convient de préciser qu’il n’y a pas réellement de différence de motivations entre des personnes qui ont été baptisés voire ont communiés enfants, puis ont tout abandonnés, et qui reviennent adultes à l’occasion de leur demande de confirmation ; et des personnes qui n’ont jamais reçu d’instruction chrétienne. Dans les deux cas, il s’agit d’un réveil de religiosité, qui peut être motivé par une des raisons que je développerai successivement.
1. La révélation du Christ
C’est une personne qui ressent un appel de Dieu et qui cherche à y répondre. Et il n’est pas rare d’accueillir des personnes d’autres cultures, qui cherchent pourtant à rencontrer le Christ.
2. La quête de sens à sa vie
Pourquoi je vis ? Pour quoi faire ? Quelle vie après ma mort ? C’est la démarche de personnes qui, généralement en fin de carrière professionnelle, ou en début de retraite, se posent de grandes questions existentielles, et viennent voir les réponses de l’Église.
3. La quête identitaire
Cela concerne généralement des personnes qui sont les seules de leurs familles à ne pas avoir reçu les sacrements chrétiens, par exemple dans une fratrie. Beaucoup de personnes issues de l’immigration connaissent cette situation à cause de guerres, et cherchent alors à se rapprocher de cette manière de leurs familles.
4. La démarche administrative en vue d’un sacrement
Il s’agit d’une personne qui doit recevoir le sacrement pour pouvoir se marier ou être parrain / marraine d’un enfant. Cela correspond à une demande des pays latins comme le Portugal, l’Espagne ou l’Italie. À l’accompagnateur de faire naître une démarche de foi de tout cela, car dans le cas contraire, c’est pénible pour les deux personnes.
5. La quête d’intégration
C’est une démarche sociale et sociable accomplie par des personnes généralement timides ou réservées, qui cherchent un groupe bienfaisant. Or, l’Église peut répondre à leur attente grâce à sa dimension communautaire, familiale et communiante. Malheureusement, cela est aussi vrai pour les sectes.
6. Le soutien psychologique
C’est la démarche de personnes qui recherchent un confident, d’une part en la personne de Dieu, mais surtout en la personne de l’accompagnateur (pour qui ça devient rapidement invivable lorsqu’il est consulté pour tous les choix que la personne doit accomplir).
7. La recherche d’un cadre pour sa vie
C’est la démarche de personnes qui, soit veulent se racheter d’une vie passée, et cherchent des règles à respecter, différemment de la Loi. Ou c’est la démarche de personnes un peu perdues qui veulent trouver des repères moraux pour avancer dans leur vie. Et le christianisme est plutôt apprécié en cela en tant que sa morale est compatible avec notre culture et nos valeurs.
Il y a sûrement d’autres motivations, ou d’autres classifications possibles. Voilà en tout cas et pour ma part, celles que j’ai relevées en Essonne entre 2013 et 2017. Je ne m’oserai pas à ajouter de chiffres statistiques, même si je les situe globalement, parce que mes observations reposent sur trop peu de personnes, et ensuite et surtout par respect pour tous ceux qui m’ont inspirés ces jugements de leurs motivations.

Laisser un commentaire