Je vais m’essayer ici de dresser un bilan personnel en dix points de l’action de Mgr Michel DUBOST à la tête du diocèse d’Évry entre 2000 et 2017. Malgré le jeu de couleurs, tout n’est pas négatif mais je ne partage pas trop ses orientations pastorales.
Tout ce que je vais écrire sera donc profondément subjectif et à nuancer du fait de mes convictions, du fait que j’admire profondément l’œuvre de son prédécesseur Mgr HERBULOT, et enfin du fait que la déchristianisation est là et qu’elle continue.
1. Le dynamisme de l’Église essonnienne
Le visage de l’Église en Essonne fut positif pendant toutes ces années, avec une Église qui a donné envie de croire, un évêque charismatique apprécié pour ses positions généralement assez consensuelles, un réel souci de la diversité et une attention particulière aux personnes divorcées et divorcées / remariées ou aux plus pauvres notamment les migrants et les Rroms. Malgré cela, les églises ont continué de se vider, et certains ont pu se sentir délaissés…
2. Le recul de la place laissée aux laïcs et l’affaiblissement de la coopération prêtres/laïcs
Alors que le manque de prêtres se fait criant, Mgr HERBULOT, sans jamais mélanger les rôles, à inviter les chrétiens à se prendre en main, notamment dans la zone verte, au moyen par exemple d’équipes animatrices ou de groupes de prière/formation/réflexion. Mgr DUBOST a vu des menaces dans ces groupes autogérées et a placé des prêtres ou des aumôniers à la tête de toutes ces équipes qui ont perdu quelque chose de leur vitalité, et de leur spontanéité.
3. La diminution de la formation
Alors que de nombreuses formations de qualité étaient jusque là proposées aux laïcs, leur nombre s’est considérablement réduit, ainsi que leur qualité. La formation Jonas n’a plus rien à voir avec la FARE (Formation à l’accompagnement et aux responsabilités en Église). En cause, le fait, très mal vu, que des laïcs puissent être mieux formés que des prêtres. Lui-même est un grand bosseur, mais intervient très souvent sans avoir toujours trop travaillé ses sujets… Il faudrait aussi parler de l’affaiblissement de la catéchèse par les parcours qu’il a promulgués…
4. L’africanisation du clergé essonnien
Pour pallier le manque de prêtres, Mgr DUBOST a organisé une coopération avec plusieurs diocèses africains. Outre que cela ne résout le problème de la crise des vocations, cela peut très bien se passer avec des prêtres super dynamiques et intéressants, qu’être catastrophique avec des prêtres ennuyeux, qu’on ne comprend pas, qui ne sont pas toujours heureux et qui peuvent demander de l’argent pour leur pays (ou pour eux)… C’est une solution temporaire…
5. Le traitement des vocations
Une année, le diocèse d’Évry fut un de ceux qui envoyèrent le plus de candidats au séminaire, pour que finalement 14 des 15 (des chiffres qui circulaient alors) abandonnent en cours de route… Il y a aussi un manque de suivi parce que trop ne suivent pas les cours. Mgr DUBOST a aussi ordonné des prêtres pour des communautés religieuses nouvelles qui ne sont pas au service des secteurs mais de leur communauté. Rendons cependant hommage à Mgr DUBSOT pour son traitement de la question de la pédophilie pour laquelle il a écarté qui il fallait.
6. La gestion des finances et du patrimoine religieux
Les comptes ne sont pas améliorées pendant ces années, principalement à cause de la chute du nombre de donateurs. Au début, il y avait des appels aux dons exceptionnels, qui se sont (un peu trop) multipliés, jusqu’à ce qu’ils soient remplacés (ils existent toujours) par des coupes sombres, qu’elles soient la non-reconduction de salariés au service du diocèse ou la vente pure et simple de terrains, de presbytères, voire de couvent… Et là, il y a un problème de gestion…
7. La difficile transition salariés / bénévoles
Pour réaliser des économies, Mgr DUBOST a dû mettre fin à de nombreux postes salariés. Une décision qui a pu être préjudiciable, notamment localement avec la suppression des permanents pastoraux. Mais c’est la manière dont cela a été faite qui est moche pour l’Église, avec des gens qu’on a mis dehors parce qu’ils n’acceptaient pas de travailler bénévolement… Pareillement dans le remplacement de certaines personnes, mises dehors un peu froidement…
8. L‘évolution des relations interreligieuses
Bien qu’on puisse déplorer que Mgr DUBOST n’ait pas fortement soutenu le dialogue avec le judaïsme, c’est quand même lui qui a permis une vraie rencontre avec l’islam, et le développement de groupes de relations qui, malheureusement, pour beaucoup, se sont arrêtés. Avec les limites que Mgr DUBOST défend une vision idéalisée de l’islam, tel qu’il a pu le connaître au Maroc, ou que leurs dirigeants veulent le montrer, parfois de manière hypocrite.
9. L’absence de manifestation sur la question du mariage pour tous
Alors que la France sombrait dans la controverse du mariage pour tous, Mgr DUBOST a tout fait pour que le débat ne soit pas abordé dans nos églises, et lui-même s’est montré relativement ambigu sur la question. Je pense que l’Église a manqué une occasion de s’exprimer, et de faire valoir sa parole sur un sujet sensible, au contraire des attentats de Charlie, pendant laquelle l’Église essonnienne a défendu le droit de se faire insulter, au-delà de la caricature.
10. La trop grande personnification de la fonction
Tel le Pape aux JMJ, Mgr DUBOST n’en aurait-il pas parfois fait oublier Jésus à certains ? Très disponible avec les uns, il en a aussi négligé d’autres. Certains lui ont reproché d’être trop souvent absent du diocèse. D’autres, et notamment sur internet, le détestent et l’accusent de tout un tas de choses ; la plus répandue étant qu’il serait franc-maçon. C’est un homme qui ne laisse pas indifférent, qui aime être dans la lumière, et qui sait placer la barre très haut.
En conclusion, j’adresserai les mêmes critiques à Mgr DUBOST qu’au Pape François. Ils sont trop dans la communication ! Certes, ils expriment de bonnes idées ou lancent des projets salutaires, mais en ignorant l’avis de la base, qui ne suit pas toujours. Ils ne doivent pas oublier qu’ils ne sont pas éternels, et que le système devra évoluer à terme. Jouer aux autruches peut fonctionner temporairement, mais le système atteindra ses limites, et mieux vaut s’y préparer.

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