Avant les attentats de Charlie, ce qu’on appelle pompeusement les cours d’éducation civique et morale commençaient par un chapitre sur la diversité et l’égalité avec un thème, étudié en second sur les identités multiples de la personne.
Dorénavant, on commence ce cours, au programme de 5e, directement par le thème des identités multiples de la personne en distinguant cette fois l’identité personne et l’identité collective, ce qu’on étudiait pas avant.
Alors pourquoi cette redécouverte de l’identité collective, sinon parce qu’on se rend compte que nous avons des Français qui ne vivent pas ensemble mais bien qui coexistent, parfois en se détestant profondément ?
Je voudrais commencer par pousser un coup de gueule contre les modèles de l’identité collective tels que donnés aux élèves, en l’occurrence dans le livre dont j’ai photographié la page : Jamel DEBOUZZE et MIKA. Caricaturalement des immigrés qui ont réussi.
Mais est-ce que c’est cela la France ? Est-ce qu’un jeune Français, dont par exemple tous les arrière-arrière-grands parents sont français n’a pas d’identité collective ? De la même manière, ne reconnaît-on pas que certains immigrés n’ont pas d’identité collective avec les Français ?
Même si les statistiques ethniques sont interdites, qu’on condamne un maire qui affirme sans preuve que 72 % des enfants de sa commune sont musulmans, mais qu’on laisse dire que 50 % des enfants de Chalon-sur-Saône ne veulent pas manger de porc, ce cours est une réponse…
Mais intéressons-nous donc plutôt au témoignage de Jamel DEBOUZZE, que je trouve assez effrayant par rapport à son contenu et à sa conscience de l’égalité. Je ne sais pas ce qu’un enfant en comprend en 5e, mais il y a clairement un choix politiques des rédacteurs du manuel.
1) Jamel DEBOUZZE définit son identité comme celle d’un musulman. Pour moi, un musulman est celui qui va à la mosquée. Et quand on voit la carrière cinématographique de l’acteur, qui n’est pas très « hallal », il n’est pas de ce que je considère être comme un musulman.
Il est donc assez révélateur de lire que Jamel DEBOUZZE, sans manifestement pratiquer, se définit comme musulman.
2) Jamel DEBOUZZE définit ensuite la France comme l’endroit où on peut-être à la fois musulman et artiste, où on peut grandir dans un quartier qui n’est pas celui de sa naissance, et où on peut épouser une « chrétienne ».
Là encore, je ne trouve pas que les éléments donnés soient propres à la France mais plutôt à la démocratie occidentale, laïque, urbanisée, mondialisée…
3) Jamel DEBOUZZE finit enfin en affirmant qu’il est citoyen parce que la France a accueilli et aidé ses parents.
C’est une drôle de définition de la citoyenneté ; d’une part passive, et d’autre part basée sur l’héritage et la transmission. Et si ça peut lui signifier quelque chose, qu’est-ce que cela signifiera à ses enfants, et plus généralement aux immigrés de plusieurs générations ?
Je trouve donc qu’au lieu d’apporter un exemple apaisé de multiculturalisme, si tant est que l’école républicaine veuille continuer de faire semblant que cela est possible, ce témoignage nous montre tout ce qui ne va pas dans la question de la conscience identitaire.
Et qu’il ne faut pas s’étonner en agissant ainsi de la montée des communautarismes puisque déjà les gens mettent ce qu’ils veulent derrière le concept de Français et ensuite qu’ils en ont une compréhension qui se heurte fatalement avec ceux qui raisonnent pareillement…
J’estime que ce témoignage est un mauvais exemple, qu’on a pris Jamel DEBOUZZE juste parce qu’il a de l’argent, et qu’il est politiquement-médiatiquement correct. Mais qu’on ne saurait faire de généralités avec un cas à part volontairement sorti du lot, ce qui est pourtant voulu…


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