Non mais rendez-vous compte que plus de 60 % des Français inscrits à l’université mettent au moins quatre ans pour obtenir leur licence (en trois ans) ? Mais comment allons nous donc rattraper tous nos concurrents dans le classement de Shanghaï (classement qui fait la part belle aux universités en fonction du nombre d’étudiants qu’elles accueillent) ? Ne faut-il pas revoir immédiatement tout le système éducatif ?
Pour ce sujet, je m’appuierai sur mon expérience personnelle à la Sorbonne (Paris I) et je commencerai par casser une idée reçue : il n’y a pas d’échec à l’université (très peu ; moins de 5 %) mais plutôt des branleurs qui lâchent les cours dès la deuxième semaine, et qui fatalement ne valident pas le diplôme à la fin. Et même si tout n’est pas équivalent pour chaque cursus, les autres sont ceux qui se font éliminer à cause d’un numerus clausus, ce qui relativise l’échec.
Sur la question de l’absentéisme, il faudrait d’abord regarder la pression qu’on met sur les élèves français avant le bac, d’une part parce qu’on surestime le diplôme, d’autre part parce qu’on leur a trop répété qu’ils sont nuls. Aussi, sitôt leur bac en poche, ceux-ci qui veulent en plus profiter de la liberté de leur majorité, un phénomène spring break, se persuadent que puisqu’ils ont le bas, ils sont super bons et que plus rien ne peut les arrêter pour la suite !
Aussi, ce n’est pas parce qu’ils vont rater un petit cours, ou un TD par ci par là qu’ils vont décrocher, et puis ils en ratent de plus en plus (on est rayé du TD qu’à partir du troisième manqué), et puis ils n’acquièrent pas la méthode de travail, et après avoir raté le premier semestre, capitulent dès le début du second semestre, où ils ont essayé de revenir tout remotivés ; et ils prétendent alors s’offrir une année sabbatique ! Et rebelote quand ils ont repiqué !
Il faudrait aussi parler des syndicalistes, des sportifs de l’association universitaire, des membres du bureau des étudiants, et plus sérieusement de tous ceux qui doivent travailler pour se payer un logement étudiant (d’où je pense que MACRON fait une connerie avec les APL). Plus vous faites autre chose, et moins vous êtes à vos études, et la spirale infernale s’enclenche… Et puis quand même, on est plus tranquille comme étudiant qu’après le diplôme où il faut travailler…
Sur la question des résultats, il y a toujours moyen de s’arranger, et on peut prendre pour preuve les étudiants étrangers qui ne parlent pas français. Généralement, ils foirent le contrôle continu ; aussi leur donne-t-on des devoirs supplémentaires pour rattraper. Et le jour des partiels, ils cochent la case « Français langue étrangère », et ils se retrouvent avec la moyenne, qui sera sinon équilibrée ou bonifiée, comme pour tout étudiant qui a fait acte de présence.
Alors, j’entends les pédagogues de tous bords nous dire qu’il faudrait autonomiser plus les jeunes, leur donner plus d’heures d’école dans la semaine, moins de devoirs, plus d’activités périscolaires et de soutiens à l’école, et puis réformer Admission Post Bac (APB) qui échoue parce que les universités françaises n’ont pas assez de place. Non, le vrai problème est que l’étudiant français est immature, et qu’il n’a suivre ses cours pour réussir à la fac ! CQFD

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