En avant-propos, je suis effaré du nombre de croyants musulmans français qui se sont soudainement mis à découvrir le sort des Rohingyas, les défendant avec grand bruit sur les réseaux sociaux, tels de nouveaux Palestiniens dont ils ignorent pareillement beaucoup, face à un nouveau grand Satan, venant désormais juste après Israël.
Ce qu’il se passe en Birmanie dure depuis des dizaines d’années, mais la situation s’est effectivement dégradée ces derniers mois, avec également des attentats des milices islamistes contre les commissariats du régime birman. Certes, dans un rapport bien défavorable par rapport à ce qu’ils subissent depuis des années. Mais déjà, il n’y a pas un camp plus moral que l’autre. Ou alors ce n’est pas comme cela qu’ils m’apitoieront sur leur sort.
Quel est le problème avec les Rohingyas ? Celui de ne pas être Birman, mais Bengali (du Bangladesh) dans un pays raciste. Mais surtout celui d’avoir été les supplétifs des Britanniques de leur conquête du pays, à sa défense contre le Japon qui lui avait rendu son indépendance. Puis d’avoir fait obstacle à l’indépendance et d’avoir tenté de renverser le nouveau régime fédéral en 1948 (et accessoirement donc d’avoir été arrangés par l’assassinat du général AUNG).
Nous avons là deux populations irréconciliables. Je pense, et je crains donc que le déplacement de population soit la seule solution au Myanmar (en Birmanie) sauf à faire comme au Kosovo, et à voler une partie du territoire en disant qu’il n’est plus à la Birmanie. Ce que ne peut accepter de la sorte tout chef d’État qui se veut crédible.
En Europe, il nous a fallu la seconde guerre mondiale pour nous résoudre à déplacer les Allemands qui étaient à l’Est, vers l’Ouest, et faire de même avec les Polonais et toutes les nations éparpillés dans l’Europe centrale et orientale. C’était là le prétexte invoqué par l’Allemagne et la Russie pour se faire la guerre ; aller défendre les minorités.
J’ose donc affirmer que AUNG San Suu Kyi ne peut rien faire ; qu’elle est députée de l’opposition, et que l’armée ne cherche qu’un prétexte pour reprendre le pouvoir à son seul compte. Je ne sais pas quel crédit porter aux informations que le pays n’a pas de forces anti-émeutes…
J’en conclus que ce silence tant reproché est peut-être la meilleure chose à faire, et je terminerai en rappelant que ce sont les musulmans d’Arakan, donc les Rohingyas, qui les premiers ont refusé le modèle fédéral de 1948, qui ne les discriminait pas encore au point des mesures de 1982, qui les ont carrément déchus de leur nationalité.
Malheureusement, les Rohingyas ont été du mauvais côté de la barrière, mais de manière un peu récurrente dans l’Histoire de la Birmanie (et ils ont quand même toujours des milices actives…). Les descendants actuels n’ont-ils rien fait pour mériter cela ? Certainement mais leurs soutiens d’aujourd’hui sont trop souvent les mêmes qui en France demandent des comptes pour la colonisation. Donc là aussi, ça ne fonctionnerait qu’à sens unique…
La locution dit : « si tu veux la paix, prépare la guerre ». Évitons de prolonger la guerre comme au Sri-Lanka où elle n’en finissait pas du fait des interventions humanitaires qui n’ont rien réglé à long terme. La meilleure paix est peut-être de trouver un consensus avec le Bangladesh, trop pauvre pourtant pour vouloir de toute cette population, quitte à ce que le Myanmar renonce à quelques localités frontalières. Ce qui là aussi, n’empêchera pas les conflits frontaliers…

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