D’aspect, le Front national (FN) progresse. Ils ont obtenu 7 députés au scrutin majoritaire à deux tours, quand leur précédent record était de 2 ! Mais en réalité, le Front national a perdu 1/3 de ses voix par rapport aux élections législatives de 2012. Mais alors pourquoi ce reflux ? Voici trois raisons qui peuvent justifier de la fin d’un engouement déraisonné pour ce parti, en même temps terrible car révélateur du choix du FN par convictions.
Pour beaucoup de commentateurs politiques, c’est la ligne politique gauchisante de Florian PHILIPPOT qui est à remettre en cause. Cette dernière aura pourtant eu le mérité d’amener au Front national tout l’électorat social, qui a priori ne devrait pas quitter le Paquebot. Mais au-delà, PHILIPPOT, notamment du fait de son homosexualité revendiquée, effraie une partie droitière du parti. Sans rien changer à la ligne, il risque d’être sacrifié pour donner des gages.
1. MACRON et la fin du clivage PS/LR
Beaucoup de Français votaient FN, sans en souhaiter la victoire, pour dégager une troisième voie électorale et dire leur mécontentement aux deux plus grandes formations alternant l’exercice du pouvoir. Mais aujourd’hui que MACRON a réussi ce coup politique, tous les électeurs modérés qui votaient FN pour cette raison vont plutôt aller soutenir MACRON. On retrouve ici l’idée que les Français préfèrent toujours par principe le centre aux extrêmes, et que c’est là qu’une victoire se joue.
2. Le raté du débat présidentiel d’entre-deux-tours
On sous-estime encore trop peu l’impact de la catastrophe qu’a été la prestation de Marine LE PEN face à Emmanuel MACRON. Non pas que MACRON se soit montré plus fort, mais c’est la vraie première fois que les Français découvraient Marine LE PEN. Et qu’est-ce qu’ils ont vu ? Une femme qui a passé son temps en invectives, en se limitant au fond de commerce habituel. Mais surtout une femme qui n’a su expliquer aucun dossier technique : sur l’euro, l’Europe et l’immigration.
3. Le plafond de verre décourageant les électeurs
Le scénario devient récurrent : le FN arrive à se qualifier pour le second tour, alors en face, on réalise « l’union nationale », relayée par la presse, soutenue par les financiers, encouragée par la bienpensance. Et le FN perd presque à chaque fois l’élection. Aussi, malgré le ralliement de Nicolas DUPONT-AIGNAN, que Marine LE PEN n’ait obtenu que 34 %, soit presque onze millions d’électeurs, décrit bien ce plafond de verre (qui a certes reculé au double de ce qu’il a été), mais montre l’irréalisabilité temporaire d’accéder à la victoire.
La vraie réforme du Front national ne pourra arriver qu’au décès de Jean-Marie LE PEN, qui rassure certains par une capacité à influencer sa fille, donc permet au parti de conserver sa base historique. Mais la transformation du FN en machine à gagner ne pourrait se faire que sous l’impulsion d’une Marion MARÉCHAL qui réalise la synthèse entre ce que proposait son grand-père, ce que dit sa tante et ce qui est intéressant chez PHILIPPOT. Elle s’est mise en retrait de la politique, mais pourrait revenir au moment le plus opportun pour ce parti…

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