Avec le social-libéral Manuel VALLS qui rejoint En marche, c’en est fini de recréer une union des gauches au sein du Parti socialiste. Le parti réussissait en effet à rassembler tant bien que mal une gauche sociale-libérale, une gauche sociale-démocrate et une gauche socialiste. Alors quel avenir pour la social-démocratie, qui risque de s’affadir voire de disparaître, comme il est actuellement en train d’arriver en Grande-Bretagne…
Vu ce qui est en train de se passer au PS, c’est désormais Europe écologie les Verts (EELV) qui semble le parti le plus social-démocrate en France ! D’un côté, tous les sociaux-libéraux qui n’ont pas digéré leur défaite à la primaire de la gauche, retrouvent la tradition radicale de gauche et retournent au « centre ». De l’autre côté, les soutiens de Benoît HAMON resserrent la ligne politique, comme a fait Jérémy CORBYN au Royaume-Uni, mais s’isolent alors du pouvoir.
Si ces socialistes devaient rejoindre ou fusionner avec la gauche de Jean-Luc MÉLENCHON, nul doute que les sociaux-démocrates, ces traîtres hollandais qui n’ont pas été très de gauche pendant cinq ans, se verraient fermer la porte au nez. Et pourtant, c’est parce que la gauche de gouvernement a trahi ses engagements que cette gauche de la gauche qui semblait condamné au silence, comme il en était depuis quarante ans, a pu surgir et reprendre la tête de la gauche !
Partout en Europe, et même dans le monde, la gauche sociale-démocrate qui paraissait si novatrice dans les années 1970 lorsque les Allemands firent leur Bad-Godensberg (un congrès où ils ont changé de ligne politique), paraît ringarde à côté du social-libéralisme rendu possible par la chute du Mur puis de l’URSS. Elle n’a plus accès au pouvoir que par défaut, dans le cadre d’élections proportionnelles ou de coalitions qui ne lui permettent plus de vraiment s’exprimer.
La gauche sociale-démocrate est prise en tenaille entre le marteau du libéralisme économique et l’enclume des communistes. Elle incarne quelque chose du passé, mais ne parvient plus à se placer sur l’échiquier politique actuel. François HOLLANDE aura réussi à discréditer tous les sociaux-démocrates qui pouvaient reprendre le navire après lui. Aucune personne capable de faire la synthèse des différentes gauches ne semble apparaître dans les médias…
Si HAMON, MÉLENCHON et MACRON continuent chacun leur vengeance personnelle, alors la gauche sociale-démocrate est condamné à se réduire à quelques pourcents de l’électorat, voire à disparaître. Dans tous les cas, elle ne semble plus capable de s’imposer dans les différents scrutins, et de là de faire valoir ses idées. D’un parti de militants, voire d’un parti de masse, le PS est devenu un parti de cadres. Ces derniers sauront-ils continuer d’influencer la politique ?

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